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L'ART FUNERAIRE

lier semblable, au Temple Saint-Jean de Poitiers, indique qu il s a oit de Constantin el le personnage terrassé représenterait 1 erreur. Quelque monument de l'époque constantinienne, où apparaît, nous l'avons vu, sur les monnaies, un motif semblable, n pu inspirer ces figures.

De même les événements de la première croisade, véritable guerre sainte, comme l'appellent les chroniques, avaient servi à illustrer une tapisserie qui était conservée au monastère d'Alpirsbach Forêt-Noire)'. I n vitrail de Suint-Denis. datant de Suger, représentait en dix tableaux les épisodes de cette expédition: il s'agissait d'événements vieux de quarante uns à peine et qui vivaient dans toutes les mémoires. Les sièges de Xieée. d Antioche, de Jérusalem, les exploits de Robert Courte-Heuse et du comte de Flandre y étaient figurés d une manière très pittoresque". Il ne faut pas oublier non plus que la tapisserie de Baveux, récit détaillé de la conquête de l'Angleterre par les Normands, avait été destinée dès 1 origine à tendre le chœur de la cathédrale aux jours de grande fête. Enfin des sujets purement profanes, empruntés aux épopées chevaleresques, aux romans bretons ou antiques, se glissent parfois dans l'ornementation religieuse. L'Ascension d'Alexandre, enlevé au ciel par deux griffons, se trouve sur plusieurs chapiteaux . Sur une archivolte d'un portail de la cathédrale de Modène se déroule L'histoire du roi Arthur, assiégeant une ville avec ses chevaliers. Les statues d'Olivier et de Roland sont adossées aux pieds-droits du portail de la cathédrale de Vérone', et un chasseur sculpté à la façade de Saint-Zénon paraît représenter le roi Théodoric, le Dietrich de Bern des Niebelungen, entraîné dans la chasse infernale par le démon. Ainsi dans cet art si compréhensif du xu siècle le côté romanesque lui-même trouvait quelque indulgence et venait tempérer la gravité des autres compositions.

Mais le rôle de l'iconographie ne se termine pas avec l'existence d'ici-bas. En montrant aux hommes ce qu'ils ont été et ce qu'ils sont, elle leur enseigne aussi ce qu'ils seront. Elle règne d'abord dans l'art funéraire qui s'est d'ailleurs complètement transformé depuis le v" siècle. Les derniers sarcophages ornés de figures sur leurs côtés datent de l'époque mérovingienne : le modelage y est remplacé par la

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