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TOMBEAUX DES SAINTS

Le tombeau de l'abbé Pierre de Saine-Fontaine, placé sous un enfeu à I église d'Airvaull Deux-Sèvres . a la forme de la carcasse en bois qui sort à porter le poêle au-dessus du corps du défunt le jour des funérailles1. Il est garni d'arcatures sous lesquelles apparaissent des personnages. Telle devait être la forme du monument funéraire élevé à Guillaume deRos, abbé de Fécamp (mort en 1107 . à la lin du mi' siècle : ses quatre cotés étaient ornés d une série complète de bas-reliefs iconographiques qui représentaient sous de riches arcatures la vie du Christ".

Dans la deuxième moitié du xii' siècle, en effet, l'art funéraire commence à devenir plus luxueux. Les enfeux sont couverts de bas-reliefs représentant des anges porteurs de cierges ou de crois, tandis qu'à la clef de l'arc deux anges tiennent dans un voile l'âme, sous la figure d un petit enfant. Telle est la décoration du tombeau, antérieur à l'édifice actuel, conservé à la cathédrale de Rouen !et d une archivolte, provenant d'une sépulture, encastrée à la façade nord de la cathédrale de Reims. Les tombeaux d'Ulger, évèque d Angers 1 115(3-11(30 1, et d'Henri Ier. comte de Champagne mort en 1181 . à la cathédrale de Troyes. connus seulement par des dessins de Gaignières, avaient la forme de grandes chasses sous lesquelles étaient couchées des statues d'argent, tandis que les frises étaient ornées de grandes plaques en émaux champlevés de Limoges. Le bel émail de Geoffrci Plantagenet mort en llôl . conservé au musée du Mans, provient d'un tombeau analogue élevé dans l'église Saint-Julien du Mans. En Italie, au contraire, on recommençait à copier les sarcophages chrétiens '.

Mais c'était surtout lorsqu'il s agissait d'élever des tombeaux en l'honneur des saints que l'iconographie religieuse déployait toutes ses ressources. Dès 1077 le moine Guinamond de la Chaise-Dieu étaitappelé à Périgueux pour orner de sculptures le tombeau de saint Front, qui avait la forme en rotonde du Saint-Sépulcre. Un de ces monuments funéraires encore intact est conservé à l'église de Sainl- Junien Haute-Vienne : c'est celui du patron de l'église, l'ermite saint Junien. D'après une inscription le prévôt Ramnulphe le lit exécuter en 1100. et y enferma l'antique sarcophage du vie siècle dans lequel reposait le corps du saint. L'ordonnance des ligures ressemble à celle des grands portails, d'un coté le Christ, de 1 autre la Vierge dans une gloire et sous des arcatures : ici les Vieillards de l'Apocalypse, là les Vertus théologales, puis sur une autre face le médaillon de 1 agneau soutenu par des anges, entouré des mêmes vieillards qui tiennent des instruments de musique".

1. De Lasteyrie. Architecture romane. Paris, 1912, p. 710-717.

2. Aujourd'hui eneaslrés dans la chapelle Notre-Dame Trinité de Fécamp).

3. DeVesly L'architecture et la construction dans V Ouest, mai 1909 : tombeau de l'archevêque Maurice. A. Tombeau des saints Sergeet Bacchus à Vérone Venturi Storia dell Artc. III. p. 228-231. Sarcophage

de Spoléte Nuovo litillell. di Archeol. cristiana. 19(13. pi. I, Venise . Xarthcx de Saint-Marc, sarcophage du doge Morosini xn siècle avec les statues du Christ et des douze apôtres sur la face principale 5. Fages. ,S'/ Congrès Archéologique de France Limoges. 1921, p. 227-23(1.

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