‹ L'art chrétienChapitre 276 sur 442 · APOCALYPSE · texte numérisé non relu

APOCALYPSE

Mais la mort n est pour les chrétiens qu'un état transitoire et l'art religieux achève son enseignement en nous montrant par delà le tombeau l'épilogue gran-

Fig. 161. — L'Apparition du Fils de l'Homme. Apoc., XIV, 14. Miniature de l'Apocalypse de Saint-Sever

(voy. fig 160).

diose de 1 histoire humaine. Au ve siècle, les visions apocalyptiques étaient surtout réservées aux absides : à l'époque romane c'est au portail principal de l'église qu on les figure. Bien que les prétendues terreurs qui auraient accompagné l'approche de l'an mille doivent être reléguées dans le domaine de la légende, on ne peut nier que l'idée de la lin du monde ne préoccupe les hommes du moyen âge et nombreuses étaient les prophéties qui circulaient à son sujet. C'est cette hantise conti-

monument adossé à la muraille du chœur on voyait les statues d'Ogier. de Roland, de la belle Aude. deCharlemagne, de l'archevêque Turpin. Reproduction dans Acta Sanctorum Ordinis S.Benedicti,saecul. IV, I, 664 665

i. A]'o<:.u.\ pse

nuelle qui explique le grand nombre d'Apocalypses illustrées de miniatures qui Furent exécutées du ix' au xn' siècle. Avec beaucoup de naïveté ou s'essaya à rendre littéralement toutes les visions de sainl Jean. Quelques compositions d'époque carolingienne se font, remarquer cependant parleur caractère décoratif : telle est l'Adoration de I Agneau, qui apparaît dans un médaillon au-dessus des vingt-quatre vieillards prosternés, dans l'Évangéliaire de Saint-Emmeran de Munich1. Les Commentaires de Beatus de Liébana, abbé d'un monastère des Asturies, mortlen 796, sur 1 Apocalypse, dont le plus bel exemplaire, l'Apocalypse de Saint-Sever, est

Fig. 162. — Combat de 1 archange Michel contre le Dragon. Apoc, XII. 7. Fresque de Snint-Savin. fin du XIe siècle. D'après Gclis Didot et Laffiliée.

à la Bibliothèque Nationale', furent illustrés du Xe au xue siècle dans les monastères espagnols avec beaucoup de fantaisie. Les hommes réduits à la taille de nains, s'enfuient éperdus devant les grandes figures qui se détachent sur des fonds crus, jaunes, rouges ou violets (fig. 161); quelques compositions ont. malgré leur barbarie, une véritable grandeur. La grande Babylone, ville ceinte de tours (fig. 160), a été reproduite sur des chapiteaux du cloître de Moissac et de Chauvigny. Une autre classe d'Apocalypses illustrées dans le nord de la France offre une interprétation beaucoup moins romantique, mais plus littérale, du texte sacré 3. Ce sont les créations de cette école qui ont prévalu dans l'art. Parmi les peintures de Saint-Savin se trouvent

Page 1