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Patrologie grecque

SON ÎM'UKNŒ SUR L'ART RELIGIEUX

A l'origi îe iK- la plupart de ces thèmes pathétiques se trouvent presque toujours îles sources littéraires parfois liés anciennes, poésies des mélodes, homélies dramatiques, etc.. ('-est sans doute par des intermédiaires occidentaux (pseudo- Bède, pseudo-Anselme, etc.. que ces motifs ont pénétré dans le texte des Méditations, mais leur origine n en est pas moins lointaine et ils attestent l'ampleur du mouvement qui n a cessé d entraîner l'Eglise grecque du moyen âge dans les voies du mysticisme. Tel détail qui semble de l'invention de pseudo-Bonaventure, par exemple après la Résurrection Jésus réservant à sa mère sa première apparition, figure déjà dans le canon de Homanos le Mélode ' et. comme la montré (i. Millet, le « Tlirène ». les lamentations de Marie sur le corps de Jésus, n'ont pas une origine différente*.

Nous avons maintenant 1 explication de la concordance extraordinaire que Ton remarque entre l'iconographie byzantine et 1 iconographie italienne du xiv" siècle : elles sont deux rameaux séparés, mais rattachés à un tronc commun. Non seulement lait monastique né en Syrie et en Egypte à la fin de l'antiquité, enrichi de motifs nouveaux après la querelle des images, a renouvelé l'art byzantin, mais l'art occidental lui-même n a pas échappé à sa puissante étreinte. Le mouvement mystique qui s'est produit dans l'Eglise grecque au xuf siècle, le mouvement franciscain qui à la même époque modifiait le tour de la piété occidentale ont également trouvé dans le charme familier et dans les accents pathétiques de cette école populaire les moyens d'expression qui leur étaient nécessaires pour agir sur les âmes. L'art allégorique et théologique longtemps dominateur a été comme submergé par ce courant de tendresse et de pitié. Par l'intermédiaire de la littérature franciscaine et des icônes byzantines importées en Italie, les trécentistes ont reçu les thèmes qu'ils ont su adapter au génie de leur race et à la perfection de leur technique.

Dès la fin du xm' siècle les nouvelles tendances de l'art religieux se manifestent au delà des Alpes. C'est à cette époque, nous l'avons vu, que le programme de décoration iconographique des cathédrales françaises commence à faire une place au cycle de la Passion. A Reims, à Rouen, à Strasbourg le crucifix sculpté sur les portails est conforme à la ligure réaliste adoptée en Italie ; à Reims et à Strasbourg sa tête porte même la couronne d'épines. Le même type apparaît sur le

1. Krumbacher, op. laud., p. 668 669, vers 239-245. Jésus sur la croix console Marie et lui dit : <• Aie confiance, mère, car c'est toi qui me verras la première sortir du tombeau. »

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