A CHOIX
salitë à l'égard de l'Egypte1. Ce symbole, qui devait se perpétuer dans 1 art copte, était donc profondément enraciné dans les habitudes égyptiennes.
Que l'image do la croix, c'est-à-dire du gibet infâme sur lequel était mort le Sauveur entre deux criminels, ait préoccupé de bonne heure les chrétiens, c'est ce qui ressort des textes et des monuments. L'instrument du supplice de Jésus est déjà dans la pensée de saint Paul le signe du salut qu'il a apporté aux hommes. « Il a effacé par son sang la cédille qui s élevait contre nous... ; il l'a abolie en l'attachant à sa croix. Et il a désarmé les principautés... après les avoir vaincues par sa croix". » Saint Pierre exprime la même idée 3 et elle ne tarde pas à entrer dans le courant de la première littérature chrétienne. Saint Irénée. à la fin du ne siècle, met même en parallèle l'arbre du Paradis terrestre qui a perdu l'homme et le bois de la croix qui l'a sauvé*. L'usage de faire le signe de la croix non seulement avant la prière, mais dans toutes les circonstances de la vie. était une pratique courante chez les chrétiens d'Afrique au temps de Tertullien8. Les chrétiens avaient une telle vénération pour la croix qu'ils la retrouvaient partout, aussi bien dans les vergues d'un navire, dans le timon d'une voiture dressé en haut, dans l'homme priant les bras étendus6.
Et cependant la représentation directe de la croix est très rare avant le ive siècle. Il ne faut pas oublier le caractère infâme qu'elle avait conservé jusqu'à celte époque ; elle servait toujours au supplice des pires criminels et ce fut seulement sous Constantin que l'usage en fut aboli". Les ennemis des chrétiens ne manquaient pas de leur reprocher cette vénération pour la croix, incompréhensible pour eux\ Dans la « domus Gelotiana » qui fait partie du palais de Septime-Sévère sur le Palatin, on a découvert en 1857 un graffito qui représente un homme à tète d'âne attaché à une croix, les bras étendus. Devant lui un personnage de profil lève le bras gauche dans la posture antique de l'adoration. Une inscription nous apprend son nom et lacté qu il accomplit : « Alexamenos adore son dieu \ » Et dans une autre chambre on a trouvé l'inscription : « Alexamenos fidelis. » Bien qu'on ait cherché à prouver que le dieu à tête d'âne représente le dieu égyptien Seth. dont le culte était répandu à Rome l0, il paraît tout à fait probable qu'il faut voir