Venise S. Giorgio degli Schiavoni
L'ENSEIGNEMENT RELIGIEUX l'Ait L'IMAGE
ne renonça nullement à l'enseignemenl catéchétique et moral que donnait l'art ses moyens d'action furent même singulièrement augmentés par la sion ilu livre imprimé et de la gravure sur bois et sur cuivre dans la deuxième moitié du xv" siècle. Tout l'art symbolique d'autrefois est recueilli dans les livres d'Heures illustrés et dans les collections d'images de la Bible des Pauvres, qui n'esl qu'une édition xylographique de la Bible moralisée du xm" siècle, où chacun îles épisodes du récit est commenté par ses figures allégoriques1. Parmi les ouvrages qui eurent le plus de vogue on peut citer le « Miroir du Salut des
hommes » (Spéculum humanae Salvationis , composé au xiv° siècle par un dominicain et traduit en français par Jean Miélot (1438) : son édition, à cette époque, accompagnée d'une abondante illustration, a contribué à conserver les vieux thèmes allégoriques et même à les développer dune manière nouvelle2. Il en est de même du livre d'un dominicain, Filippo Barbieri : il donne le premier la liste des douze sibylles antiques qui passaient pour avoir prédit l'avènement du Messie, avec les passages des prophètes concordants'. L'ouvrage fut accompagné de gravures sur cuivre exécutées après 1481 et, dès 1488, ces reproductions ornaient les livres d'heures sortis des ateliers parisiens1. Le « Calendrier des Bergers », édité pour la première l'ois en 1491, est un véritable précis dans lequel est renfermée toute la science astronomique, biologique, éthique du moyen âge : ses gravures, souvent reproduites, perpétuent jusqu'au début des temps modernes les conceptions erronées que les humanistes de l'époque carolingienne avaient puisées dans itème de Ptolémée. Enfin la gravure religieuse produit en Allemagne de véri-
Fig. 239. — La licorne, figure de la Vierge. Médaille de Pisanello 1380 1456). Inscript : Opus Pisanelli pictoris MCCCCXLVII. Paris, Cabinet des Médailles.
1. La première édition parut vers 1460. Voy. Mâle. Art à la fin du moyen âge, p. 249.
2. Le précieux manuscrit de Sélestat a été reproduit par J. Lùtz et P. Perdrizet avec la traduction de Jean Miélot. 1908. V. P. Perdrizet, Étude sur le Spéculum humante salvationis, 1908. M. Perdrizet a établi l'origine dominicaine de ce livre, inspiré de la Somme de saint Thomas, de la Légende dorée, etc. Encore en 1534 Nicolas Glockendom miniaturiste de Nuremberg emprunte au « Spéculum » son parallélisme entre la vie de Jésus et l'Ancien Testament. Sur cette œuvre, voir plus haut, p. 373.
3. Le titre était : Discordantiœ nonnullic inler sanctum Hierongmum et Augustinum. Mâle, p. 273.