‹ L'art chrétienChapitre 355 sur 442 · Gillet. Histoire artistique des ordres mendiants, p · texte numérisé non relu

Gillet. Histoire artistique des ordres mendiants, p

2. Le musée du Prado à Madrid possède un « Jésus portant sa croix et rencontrant Marie sur le Calvaire o, peint par Raphaël pour le monastère des Olivétains de Païenne

Fig. 251. — Michel -Ange Piela Saint-Pierre de Rome, 1496-1501

l.A VIRTUOSITÉ

iaîl pas un seul de Michel-Ange, du Titien, de Léonard do Vinci. La Michel-Ange à Saint-Pierre de Rome esl une magnifique étude de douent- morale, mais l'expression résulte surtout de l'attitude et le visage de la Vierge est dissimulé par son voile Gg. 251 . De même son admirable Madone du Tombeau dos Médicis à Florence (fig. 2.~>2 1, avec l'enfant vigoureux qui presse avidement son sein, est l'image de la maternité féconde. Mais aucune pensée particulièrement chrétienne n'apparaît sur cette belle ligure pensive1.. Dans les scènes les plus pénibles, l'émotion est atténuée par la beauté des détails. Voici par exemple le saint Sébastien d'Aigueperse de Mantegna! : le sentiment qu'on éprouve devant cette toile n'est pas d'abord la pitié pour le martyr, mais l'admiration pour les belles formes de ce jeune athlète ; c'est ensuite le plaisir de considérer la colonne antique à aquellc il est appuyé et le rocher pittoresque, garni d'audacieuses architectures, qui forme le fond du paysage. La virtuosité, le dilettantisme détruisent le sentiment religieux <lig. 253).

En France, des peintres italiens comme le Primatice de Bologne (1490-1570), appelé à Fontainebleau par François Ier. précipitent la transformation de l'art religieux. Sa décoration de la chapelle de l'abbaye de Chaalis (Oise), exécutée de 1Ô41 à 1547, qui existe encore, repeinte, témoigne d'une conception puissante, mais un peu théâtrale. Sur le mur du fond se détache une grande Annonciation avec le Père Eternel porté par des anges; les voûtes sont occupées par les Evangélistes, les quatre docteurs de l'Eglise ', les apôtres, les anges tenant les instruments de la Passion. C'est un aperçu un peu sommaire de la doctrine chrétienne, et l'on sent que le fond même du sujet est sacrifié à la magnificence de la forme. Il devait en être de même dans la chapelle de l'hôtel de (iuise (peinte en 1555)', où l'on voyait un magnifique cortège des mages, avec

1. Cf. Sa Madone de Notre-Dame de Bruges (1506) avec un Enfant aussi beau que celui de Palerme.

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