PEINTRES ESPAGNOLS
statues de bois que des spécialistes ont revêtues de couleurs aux Ions chauds ' et dont plusieurs sous le nom de « pasos » étaient portées par les confréries clans les processions de la Semaine Sainte. Les traditions pittoresques du xv" siècle revivent dans cet art populaire et, sous prétexte de montrer les persécuteurs du Christ, les « pasos » du musée de Yalladolid forment o la plus étrange collection deo ruffians, de valets de bourreau et de bandits qui se puissent rêver dans une nuit ■' de cauchemar2 ».
L'initiateur de celte école lui I Italien Juan de Juni (première moitié du xvi" siècle), qui, avec la même faculté d'adaptation que le Greco, se lit une âme tout espagnole, mais son maître incontesté lui Hernandez, né en Galice (1566- 1636), Son art affranchi de toute formule académique rappelle la sincérité des primitifs, mais avec plus de science et de puissance d'expression. Une de ses œuvres les plus caractéristiques est la Vierge des Angoisses de Yalladolid. dont les yeux profonds et cernés font deux taches tragiques sur la figure pale aux lèvres décolorées qui l'orme un contraste avec la robe brune aux reflets sanglants et le manteau d'un noir bleuté qui tombe à longs plis sur le sol.
Ce fui surtout dans le midi, à Séville cl à Grenade, que cet art se léveloppa avec MartinezMontanès 1580-16 I'.) donl l'œuvre considérable comprend
Fig. 260. — Montants. Descente de croix Retable du monastère des Hiéronymites, prèsde Séville, 1610-1612.
1. Il y avait dis encarnadores o pour peindre les chairs, des « estofadores » pour les étoiles, des
rudoies » pour les ors.
2 Dieulafoy. Espagne et Portugal Coll. Ars. L'na. p. 254 , el du même auteur : La statuaire polychrome ai Espagne. Paris, 1908.