‹ L'art chrétienChapitre 375 sur 442 · LE BERNIN. LE BRUN. MIGNARD · texte numérisé non relu

LE BERNIN. LE BRUN. MIGNARD

apparences. Dans les sculptures religieuses du Bernin comme dans les peintures de Carlo Dolce 1616-1686 dominent les figures extatiques, les Madeleines repentantes, li"- expressions tendues vers 1 amour divin, comme la Sainte Thérèse de I autel de Santa Maria délia Yilloiia à Home, représentée défaillante, avec un vêtement dont les plis tumultueux indiquent le trouble de son âme, tandis qu'un ange souriant, beau comme un Amour antique, s'apprête à percer son cœur d une flèche Bg. 267 . En France la Madeleine de Le Brun, qui lui a donné les traits de M"" de Lavallière, n'a rien à envier à cet appareil théâtral : sur un fond de eiel déchiré par les éclairs elle se détache, embarrassée dans les plis d'une draperie bouillonnante, les yeux levés au ciel et se dépouillant avec précipitation de toute la parure mondaine qui tombe à ses pieds. Les figures de Mignard, ses nombreuses Madones comme la jolie Vierge à la grappe du Louvre, ses portraits de saintes sainte Cécile, sainte Thérèse . ses Saintes Familles exagèrent encore cette afleterie qui devait enrichir la langue française d'un néologisme.

Dans l'énorme commande architecturale du règne de Louis XIV. qu'il s agisse des palais royaux, des édifices publics, des palais et châteaux particuliers, lait religieux ne tient qu'une place assez restreinte. La sculpture paie surtout les tombeaux dont les statues non plus gisantes, mais agenouillées ou se relevant de leur lit funèbre, ont repris un accent spiritualiste et représentent l'éveil du défunt à la vie éternelle. Mais autour de lui les vertus qu'il a pratiquées dans sa vie terrestre l'environnent sous la forme de statues mythologiques ou allégoriques dont toute inspiration religieuse est absente : tel l'Hercule athlétique 'la Force) et la figure harmonieusement drapée cpii se font face devant les belles statues tombales du duc et de la duchesse de Montmorency à l'ancienne chapelle de la Visitation de Moulins '. Le chef-d'œuvre de ce genre est le tombeau de Richelieu, exécuté par Girardon 1628-1715 . dans l'église de la Sorbonne, tout imprégné d'inspiration classique. Trois édifices surtout ont fourni à la peinture à fresque de vastes champs favorables à de grands ensembles iconographiques : l'église du Val-de- Grâce, celle des Invalides, la chapelle de Versailles. Mignard, chargé par Mansart en l(i().'5 de décorer la coupole du Yal-dc-Gràce, y montra Anne d'Autriche agenouillée, accompagnée de saint Louis et de sainte Anne, et présentant le modèle du monastère fondé par elle à la Trinité et à la Vierge, qu'environnent en cercles concentriques les anges, les prophètes, les apôtres, les vierges, les saints (fig. 268). L'idée de placer au sommet d'une coupole une donatrice, fût-ce une reine, d'en faire le centre de la composition et de montrer le monde céleste tout entier ■ (■liant ratifier celte donation, illustre éloquemment l'ignorance où étaient tombés ■i listes des régies les plus élémentaires de 1 iconographie.

1 Anjourd hui lycée de Moulins. Celte œuvre considérable fut achevée en 11551 sous la direction de François Anguier 1613-166ÏU.

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