PREMIÈRE ICONOGRAPHIE RELIGIEI SE
miliva cimetière du Vatican, m siècle '. où il est accompagné du poisson el de rancir. Il figure aussi sur des coupes de verre à fond doré*, sur des lampes , suides anneaux '.
Enfin, à côté des figures symboliques, apparaissent déjà dans l'art chrétien les
traces d'une iconographie religieuse.
On pensait jusqu'à ces dernières années qu'avant l'époque constantinienne cet art avait eu un caractère exclusivement funéraire et s était borné au thème unique de 1 espérance dans la vie éternelle. Une interprétation plus rigoureuse de l'ensemble des peintures des catacomhes romaines a modifié ce point de vue b. Dès la fin du ii° siècle, au cimetière de Calliste, la Chambre des Sacrements offre des thèmes que le symholisme funéraire ne suffit plus à expliquer : ce sont les dogmes essentiels du christianisme qui sont figurés. Les chrétiens n'ont fait d'ailleurs que suivre l'exemple des nombreuses sectes à enseignement ésotérique répandues dans tout l'Empire et qui ornaient leurs sanctuaires de symboles d'allure dogmatique. Sans parler des grottes mithriaques où
figurait toujours le groupe sculpté de Mithra égorgeant le taureau, on a découvert à Rome en 1918 non loin de la Porta Maggiore6 une basilique souterraine dont la voûte est soutenue par des piliers, dont l'abside renferme les traces de la « cathe-
1 Dict. Archéol. chrét., I. 2019, fig. 574.
2 Dict. Archéol. chrét., I, 899, fig. 213.
3. Sur les lampes à l'estampille ANNISER. Dict. Arch. chrét., I, 2228, fig 758 759.
4 Jaspe vert Brit. Mus. Dict. Archéol. chrét.. I. 2705, fig. 895-896.
5. Voir les justes et bienveillantes observations présentées à propos de la 1™ édition de ce livre par le R. P. de Jerphanion, Bessarione. XXXV. 1919, p. 42-66, et la théorie exposée par Schultze, Strcna Buliciana, p. 331 et suiv.
6 Atti délia R. Accademia dei Lincci Notizi detjli Scavi, 1918. p 30 et suiv.
Fig. 10. — Portrait de « Grata » en orante. Rome, catacombe de laVigna Massimo, milieu du iv° siècle. Wilpert, Pitture, pi. 204.
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décoration : nous n'en
ilra où siégeait le président de la secte. Les murs et la voûte de ce curieux édifice sont couverts d'une magnifique décoration en stuc et de fresques mythologiques d un caractère symbolique : dans l'abside par exemple est peinte une Victoire portant une palme entre deux orants. On s'est peut-être un peu trop hâté de la dater du f siècle de l'ère chrétienne à cause de la beauté de sa
ivons pas moins dans ce monument un exemple d'iconographie dogmatique et. bien que nous ne connaissions actuellement aucune église chrétienne antérieure au ivc siècle, il serait téméraire d'affirmer qu'avant ledit de Milan les chrétiens n'ont jamais orné un édifice d'après cette méthode.
Pour nous en tenir au témoignage des cimetières chrétiens, on peut dès le ni" siècle distinguer dans leur décoration deux sortes de thèmes : les uns ont un caractère franchement funéraire et se rapportent à la destinée de l'âme du défunt qu'il s'agit de commémorer : c'est la prière pour les morts ; les autres s'adressent aux vivants autant qu'aux morts : épisodes bibliques, banquets eucharistiques, figures de prophètes, images de la Vierge et du Christ, ce sont les dogmes fondamentaux de la religion qu'ils mettent en lumière.
Le Blant a bien établi que certains thèmes bibliques de l'art chrétien primitif s'inspirent littéralement de la prière des agonisants1, de VOrdo commendationis animas, qui peut remonter dans sa forme actuelle au 111e siècle et qui dérive, ainsi que l'a montré dom Leclercq, des liturgies juives des jours de jeune '. Cette belle prière commémore en quelque sorte toutes les circonstances dans lesquelles le Seigneur a délivré ses élus et le supplie d'étendre la même protection à l'âme du défunt : « Délivre son âme. Seigneur, comme tu as sauvé Xoé du déluge, comme tu as délivré Job de ses passions, comme tu as délivré Isaac, comme tu as tiré Moïse des mains du Pharaon, Daniel des griffes du lion, les trois jeunes gens de la fournaise, comme tu as protégé Suzanne contre la fausse accusation... » A ces épisodes de l'Ancien Testament, 1' a Ordo commendationis anima? » se contente d'ajouter l'exemple de saint Pierre et saint Paul
Fig. 11. — Le Bon Pasteur, marbre, m siècle. Constantinople.
.Musée.
1. Le Blant. Sarcophages de la Gaule. Introduction - 2 Leclercq. Manuel d'Iconographie chrétienne, I. 112.