ÉCOLE PRÉRAPHAÉLITE
oiosité, iiKiis ce n'es! plus le langage (|u il faul parier aux chrétiens de nos jours Gg. 27 1 .
Une tentative analogue à celle des Préraphaélites esl celle de l'école d'art fondée par des bénédictins allemands au monastère de Beuron province de Hohenzollern vers 1<S7(). et qui se proposait de remonter plus haul que la Renaissance el de ressusciter dans la décoration de 1 église le décor solennel et majestueux de 1 art byzantin du xu'siècle. L'architecte bénédictin Pierre Lenz, qui avoue avoir |)uisé les principes de son art décoratif dans l'étude attentive des frontons d'Egine à la Glyptothèque de Munich, les peintes Jacques Wuger et Lue Steiner ornèrent de fresques l'abbaye de Beuron. Notre-Dame de Montserrat à Prague, le monastère du Mont-Gassin (1876-1910), l'abbaye de Maredsous en Belgique. L'art de Beuron. à la fois austère et compassé, a un caractère monastique qui peut former un cadre à souhait pour la solennité des offices bénédictins, mais il lui manque la vie qui transporte les foules : il est surtout un décor.
Le mouvement néo-chrétien dont Tolstoï fut l'apôtre exerça aussi sur l'art une influence plus curieuse que durable. Le Christ de Tolstoï est une force impersonnelle et abstraite, mais éternellement agissante. C'est la « lumière qui
depuis dix-huit cents ans éclaire les hommes ». Reprenant une conception qui avait été en somme celle des primitifs et. plus près de nous, de Rembrandt, les peintres imaginèrent de montrer la figure du Christ dans^notre société contemporaine. En 1893 Nicolas Gay exposa à Moscou un Christ en croix sous la figure d'un moujik, qui lit scandale. Dès lors la personne de Jésus intervint dans toutes les scènes les plus familières de notre vie quotidienne. Fritz von Uhde le montra a la table des paysans, bénissant le frugal repas qu'il se prépare à
Photo W. n. Wheleer. Oxford.
Fig. 274. — W. Holman Hunt. Le Christ lumière du monde. Keble Collège à Oxford. 1S.">4.