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LA QUESTION DES ORIGINES

terrestre autour duquel s'enroule le serpent ressemble beaucoup à l'arbre du jardin iKs Hespérides dont le dragon défend 1rs pommes d'or1, ou à celui qui figure dans la conquête de la Toison d'or".

L'art chrétien n'est donc, en dernière analyse, que la floraison suprême de l'art hellénistique. C'est à la tradition alexandrine qu'il doit sa décoration si fraîche, qui présente tant d'analogie avec celle de Pompéi. C'est de là aussi que provient le sens décoratif réel et aussi le goût un peu enfantin de la symétrie, qui est devenu vite de règle dans l'iconographie religieuse. Ce qu'il faut admirer, c'est qu'avec des motifs banals et tombés pour ainsi dire dans le domaine public les artistes chrétiens aient pu. grâce à l'ardeur de leur foi et à la subtilité de leur symbolisme, créer un art véritablement nouveau par son esprit. Il est assez difficile dans l'état actuel de déterminer les centres où se produisit cette création ; les communications entre les communautés chrétiennes du monde romain étaient d'ailleurs assez fréquentes pour qu'une pratique adoptée par une église se transmit rapidement aux autres.

Le caractère cosmopolite pris à cette époque par l'art hellénistique, dont l'art chrétien n'est qu'une manifestation, empêche d'attribuer sa création à l'un de ces centres plutôt qu'à un autre. Les partisans de son origine romaine se retranchent derrière la chronologie : dès la fin du Ier ou le début du nc siècle les figures de l'Orante et du Bon Pasteur apparaissent dans les cimetières romains, ce qui laisserait supposer que ces thèmes sont romains d'origine. La plupart des monuments orientaux sont, il est vrai, postérieurs. Il faut remarquer cependant que dès le 11e siècle il existait à Alexandrie des catacombes ornées des mêmes peintures que celles de Rome, et lorsqu'on réfléchit à la force d attraction que lOrient hellénistique exerçait sur les Romains de l'époque impériale, on a peine à croire que les rôles aient été renversés dans le seul domaine de l'art chrétien Ce sont des juifs ou des chrétiens judaïsants de Syrie ou d'Alexandrie qui ont importé à Rome des motifs de l'Ancien Testament, comme ceux de Daniel entre les lions ou de Noé dans 1 arche, et nous avons vu qu'un symbole comme celui du poisson porte bien la marque orientale et même alexandrine. Nous avons constaté surtout entre l'art chrétien et l'antique symbolisme de l'Egypte des ressemblances qui ne peuvent être dues au hasard. Comme l'art funéraire de l'époque pharaonique, l'art chrétien a été surtout à ses origines un système de symboles et d abstractions formant pour les initiés un langage complet. C'est ce qui explique qu'il ait pris de suite ce caractère d'enseignement qui devait le légitimer aux yeux de l'Eglise : dès le début la beauté n a été pour les artistes chrétiens qu'un moyen de rendre l'idée plus éclatante. Tel est le point de départ de la tradition qui devait s'imposer aux siècles futurs.

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