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Id, fig

66 LE BON PASTEUR

La Bgure du Bon Pasteur jouit de la même vogue qu'autrefois et accompagne la plupart des autres symboles. Les scènes pastorales, de plus en plus nombreuses au iv siècle, ont parfois une allure libre et pittoresque qui révèle l'imitation de modèles païens. Parfois doux bergers sont représentés au milieu du troupeau1. Les traits du Hou Pasteur lui-même se modifient : il se rapproche de plus en plus du Christ. L'adolescent d'autrefois esl remplacé par un homme barbu; sur le sarcophage de Velletri, c'est lui qui opère la multiplication des pains. Enfin l'évolution est achevée au mausolée de dalla Placidia, fille de Théodose, érigé à Ravenne vers !.)() fig. 22 . Au-dessus de la porte d entrée se détache sur un fond d'azur dune suavité délicieuse une figure de pasteur très différente de ce qu on avait vu jusqu'alors. Dans une prairie plantée d'arbres, quelques brebis broutent paisiblement : assis sur un rocher, un jeune homme vêtu d'une longue tunique d'or sur laquelle est jeté un manteau de pourpre, la tète majestueuse et calme encadrée à la fois par une belle chevelure blonde et par le nimbe d'or, s appuie d'une main sur la houlette terminée par une croix et. de l'autre, caresse une brebis. Ce n'est plus l'humble berger des catacombes, c'est le Christ qui gouverne le troupeau des fidèles qu'il a conduits dans des « pâturages » où ils n'auront plus rien à craindre, suivant les expressions du psaume 22 dont cette scène semble l'interprétation.

La première modification qui s'effectua dans l'iconographie chrétienne, immédiatement après la paix de l'Eglise, fut l'apparition de nouveaux symboles qui forment contraste par leur netteté avec le caractère un peu timide des anciennes allégories. Il semble bien que l'empereur Constantin exerça une action directe et personnelle sur le développement de ce nouveau symbolisme, car c'est d'abord sur les monnaies impériales frappées sous son règne qu'il apparaît. Ce fut lui en particulier qui donna au monogramme du Christ, usité déjà dans les inscriptions, mais comme une simple ligature, la valeur d'un signe triomphal, en le plaçant dans une couronne de lauriers à l'extrémité de l'étendard impérial, du labarum, qu'il avait vu en songe avant la bataille du Pont Milvius-. C'est à lui aussi, au témoignage 'I Eusèbe, (pie l'on doit la première représentation de la défaite du paganisme : une peinture de son palais de Constantinople le montrait avec ses fils, un dragon, le corps transpercé d'une flèche, à leurs pieds3. Le même dragon, percé de la pique

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