G LE XIX- SIÈCLE
vc\it surtout, lui 1699 dom Ruinait donnait encore une explication exacte des scènes représentées sur les sarcophages chrétiens conservés à Clermont1 : un siècle plus tard des érudits comme Dulaure et Rahany voyaient sur un de ces mêmes sarcophages des divinités païennes et confondaient l'édicule où apparaît la momie de Lazare avec un temple d'Isis, tandis que 1 1 léniorroïsse aux pieds du Christ devenait 8 une Vestale coupable »\ C'était l'époque où Dupuis, désireux de rattacher toutes les religions à un mythe astronomique, ramenait tous les éléments de L'iconographie chrétienne à des symboles solaires s. Lenoir apercevait la légende de Bacchus dans les bas-reliefs de la vie de saint Denis4. Les Bénédictins euxmêmes avaient sacrifié à la mode : prenant à son compte une erreur populaire déjà ancienne. Monlt'aucon identifiait avec les rois de Fiance les statues royales placées aux portails gothiques" : cette opinion ne contribua pas peu à exciter la rage des iconoclastes de 1793 qui crurent, en brisant ces statues, anéantir la mémoire de la dynastie capétienne.
Cette période « philosophique » marqua donc un véritable recul dans l'intelligence de l'art religieux. Au contraire le mouvement romantique, qui fait sentir son influence au lendemain de la Révolution, remit l'art chrétien à la mode et, malgré des erreurs inévitables, fut en somme fécond pour les études d'iconographie. Dans le Génie du Christianisme, publié en 1802, Chateaubriand montrait que, loin d'être défavorable à 1 art. la religion chrétienne l'avait au contraire ennobli et lui avait permis d'atteindre une beauté idéale inconnue au paganisme6. L'influence de ce livre fut considérable non seulement sur la littérature, mais même sur l'esprit nouveau avec lequel on entreprit les études archéologiques. C'est à cette époque que d'Agincourt publie une collection importante de reproductions, où l'art chrétien est largement représenté7. La méthode critique reparaît avec Raoul Rochette qui publie en 18,'U son Discours sur les types imitatifs qui constituent l'art du christianisme et en 1837 son Mémoire sur les antiquités chrétiennes. Il cherche à montrer comment les premiers chrétiens, dans leurs œuvres d'art comme dans leurs rites funéraires, empruntèrent en les transformant les types de l'art païen et les coutumes antiques; il eut le tort de grouper les faits et les monuments sans tenir compte de la chronologie.
La première œuvre d'ensemble fut entreprise par Didron (1806-1867), qui eut