CRUCIFIXION TRIOMPHALE
médaillon remplace le Christ1. Sur une coupe gravée trouvée à Boulogne, le monogramme ilu Christ, placé outre le Soleil et la Lune, est opposé au sacrifiée <1 Abraham, figure de la Crucifixion fig. 29 .
Enfin, par nue conséquence logique des principes de l'art triomphal, ou absorba la scène de la Crucifixion dans celle île ta Résurrection. Puisque la croix était » 1 arbre de vie » on ne voulut voir en elle que le symbole de la renaissance humaine dont la résurrection du Christ était le gage. Sur certains sarcophages gaulois ou romains la croix nue se dresse, surmontée d'une couronne de laurier, dans laquelle se détache le monogramme. Deux colombes, figure de la résurrection, sont perchées sur les bras : aux pieds sont les soldats romains endormis. Parfois les apôtres placés dans les compartiments voisins élèvent les bras en signe d'acclamation", ou bien ce sont des scènes de la Passion qui entourent le sujet principal . Certains auteurs ont vu dans ce motif une Crucifixion, d'autres en ont fait une Résurrection. A vrai dire, les deux scènes sont confondues dans une même composition qui exprime à merveille le sens triomphal que l'on voulait attacher au sacrifice du Calvaire.
Une autre série de monuments témoigne d'un effort encore assez timide pour représenter le Christ sur la croix : au point de vue chronologique ils ne sont pas antérieurs aux Crucifixions proprement dites ; ils servent plutôt à démontrer avec quelle réserve le nouveau motif était accepté. Dans l'abside de Saint-Apollinaire in Classe à Ravenne. une grande croix gemmée dans un cercle de pierres précieuses tient la place de Jésus dans la Transfiguration : or, à la croisée on a figuré le buste du Christ, presque imperceptible '. C'est un parti analogue qui a été adopté sur certaines des ampoules de Monza (fig. 30) et sur des bracelets à figurations iconographiques trouvés en Egypte5. Entre les deux larrons crucifiés on aperçoit la croix vide surmontée du buste du Christ dans un médaillon. Parfois le Soleil et la Lune et deux figures, agenouillées au pied de la croix, complètent la scène. Comme on sait par des récits, postérieurs il est vrai, de pèlerins, qu'un buste du Christ en mosaïque ornait le tympan de l'arcade d où pendait la croix votive de Constantin à la basilique du Saint-Sépulcre, il est probable que les reliefs des ampoules rappellent l'effet ainsi produit. Sur quelques-uns de ces monuments et sur une croix d'orfèvrerie copte du Caire on est allé plus loin et c est la figure de Jésus orant, mais vêtu de longues draperies, qui se détache sur