VIE PUBLIQUE LITURGIE DELA PASSION A JÉRUSALEM
Le Baptême du Christ termine le cycle de 1 Enfance. Sur les sarcophages il ;i
toujours la valeur d'un symbole liturgique et la composition garde le caractère abstrait de l'art des premiers siècles. Le Christ a toujours la taille d'un enfant : le Jourdain est figuré par une cascade et la scène ne comprend d autres éléments que saint Jean-Baptiste, vêtu de 1 exomis, Jésus debout devant lui. la colombe et parfois la figure d'un prophète '. Mais à partir du iv" siècle ce sujet a été adopte naturellement pour orner les baptistères et il apparaît profondément transformé dans le sens pittoresque et triomphal. Une peinture de la catacombe de Ponzianus iv siècle fig. 38) dans une salle qui servait de baptistère, montre le Christ avecla taille d'un homme. vu de face et dans l'eau jusqu'aux reins, le nimbe uni autour de la tête : à gauche. Jean nimbé, la boulette en main, se penche vers Jésus, tandis qu'apparaît la colombe, et à droite un ange, les mains dissimulées sous un voile, suivant le rite liturgique emprunté à 1 étiquette impériale, assiste à la scène comme le ferait un diacre \ Deux anges avec la même attitude se montrent sur le fût sculpté du musée impérial ottoman fig. 39 . sur lequel saint Jean-Baptiste, drapé dans un ample pallium. dépasse de sa taille le Christ, nu au milieu des eaux. Au baptistère des Orthodoxes à Ravenne. le Baptême placé dans un médaillon au sommet de la coupole forme le motif central d'une composition triomphale dont les zones concentriques présentent la procession des Apôtres et des trônes apocalyptiques, alternant avec des sanctuaires de basiliques, où un autel est surmonté du livre ouvert. La composition du Ve siècle a été restaurée : ici un nouveau personnage, le Jourdain, sous les traits classiques du Fleuve antique, avec la longue barbe et la couronne de roseaux, est substitué aux anges '. Au contraire au Baptistère des Ariens, le Jourdain, faisant face au Baptiste, regarde la scène en manifestant sa stupeur5. La vie publique de Jésus est toujours représentée sur les sarcophages par des fragments épisodiques qui se rattachent aux liturgies funéraires : même dans ces tableaux symboliques on constate les progrès de la décoration pittoresque et un effort pour restituer le cadre historique. C'est ainsi que sur le sarcophage du Latran où Ion voit 1 Hémorroïsse aux pieds du Sauveur, le fond de la scène est formé par la perspective des édifices de Panéas (Césarée où d'après Eusébe s'élevait la fameuse statue du Christ qui serait reproduite sur ce sarcophage'. En outre, la vie publique du Christ inspire des séries complètes de compo-
1. Strzygowski Taufe Christi. Munich. 1885, pi. I. 6-9, p. 7.
2. Ce voile n'est pas destiné, comme on le croyait, à essuyer Jésus sortant de l'eau, car en certains cas c est sous leur propre vêtement que les anges dissimulent leurs mains de Jerphanion. Epiphanie et Théopbanie, Etudes... janvier l'.l2."n