I.A PASSION
sitions qui suivent l'ordre chronologique du texte de 1 Évangile, depuis les noces de Cana jusqu'à l'entrée à Jérusalem. Parfois même, comme à Saint-Apollinaire de Ravenne, les paraboles le denier de la veuve, le Pharisien el le Samaritain, la séparation dos brebis) reçoivent une interprétation fidèle. Des cycles de ce genre figurent sur des monuments de tout genre1.
La place nouvelle que les théines de la Passion tiennent dans 1 art religieux s'explique en grande partie par le développement extraordinaire que prit à Jérusalem dés le iv" siècle la commémoration des souffrances du Christ sur les lieux mêmes qui en avaient été le théâtre Les foules de pèlerins venus du monde entier assistaient à un office quotidien dans la rotonde du Saint-Sépulcre (Anastasis) et à une procession qui se déroulait devant le Calvaire. Chaque dimanche, un office, accompagné de prédications, était célébré dans la grande basilique (Martyrium), mais surtout les fêtes de la Semaine Sainte, celle de la Résurrection, celle du 14 septembre où l'on accomplissait le rite de « l'Exaltation de la Croix », avaient un caractère particulièrement solennel". On s explique que les innombrables pèlerins venus à Jérusalem aient eu à leur retour dans leur pays la préoccupation de faire reproduire les épisodes qu'ils avaient vu commémorer.
Des cycles de la Passion se développent donc dès le ve siècle sur les murailles des basiliques, sur des sarcophages, sur le mobilier liturgique, sur des évangéliaires. Bien qu à cette époque la tradition de l'art hellénique soit toujours prédominante, les tendances propres à l'art syrien commencent à se manifester sur les monuments.
L'épisode des Rameaux, par exemple, garde encore la simplicité d'une composition hellénique : sur les sarcophages (fig. 40) les seuls personnages sont Jésus
Fig 39. — Baptême du Christ Fragment de fût de marbre historié. Constantinople, Musée.
1. Lipsanothèque de Breseia, colonne du eiborium de Venise, coffret de Saint-Nazaire de Milan