‹ L'art chrétien primitifChapitre 26 sur 80 · I. Springer-Michaelis, Handbuch, p. 316, pi. VIII · texte numérisé non relu

I. Springer-Michaelis, Handbuch, p. 316, pi. VIII

passé dans la décoration grecque dès le vu© siècle avant Jésus-Christ; il est fréquent dans toutes les séries de vases ioniens. Rome elle-même l'avait adopté pour ses mosaïques. Que dire de plus? Tout prend valeur en ce tombeau d'Asie. Il n'est pas jusqu'à la voûte avec sa juxtaposition de motifs géométriques qui n'indique une parenté avec certaines travées de la voûte annulaire de Sainte-Constance à Rome.

Une seconde œuvre de très grand intérêt se trouve au cimetière souterrain de Karmouz, près d'Alexandrie (fig. 34). C'est une fresque chrétienne, malheureusement très dégradée, dont la date peut remonter encore au m® siècle. On y reconnaît, de gauche à droite, les noces de Cana, la multiplication des pains et un banquet désigné par l'inscription suivante : ràç euXoyiaç tov xP^utov ïMovtîç, : « Ceux qui mangent les eulogies du Christ... » Le banquet ayant Heu au dehors, sur l'herbe, on ne peut penser qu'au paradis et à la table céleste. Mais, d'autre part, le terme d'eulogies, qui en soi signifie : remercîments, est employé par les Pères du iv® siècle pour désigner l'Eucharistie. N'est-ce pas l'indication du double symbole que nous avons cru reconnaître déjà dans certains repas chrétiens des catacombes? « Au point de vue de la composition, dit Dom Leclercq ^ la fresque est pleine d'intérêt. L'art y est plus naturel et plus libre qu'à Rome. L'anatomie de la femme demi-nue laisse fort loin en arrière les Jonas des catacombes; la scène offre un nombre assez considérable de personnages, celle des noces de Cana n'a rien omis de ce que le texte réclamait; ce qui montre un artiste assez à l'aise dans son talent pour remplir le cadre suivant un programme interprété librement, mais sans

Page 1