LA COUPOLE
d'arêtes. Elle est formée par deux voûtes en berceau qui se coupent à angle droit et faite de briques appareillées, dont les tranches se pénètrent aux lignes d'arêtes, de telle sorte qu'elle ne forme qu'une pièce, des écoinçons à la clef. Que si les arcs diagonaux sont bombés au point de se confondre avec la sphère, il est évident que les arêtes disparaîtront; on obtiendra une calotte dont les extrémités plongeront entre les arcades et y formeront des triangles sphériques, lesquels constituent tout ce qui est nécessaire pour passer du carré à la circonférence. Ces triangles, de tous les amortissements cherchés le plus logique et le plus beau, s'appellent pendentifs.
Ils procèdent, on le voit, de la voûte d'arêtes. Mais la façon de les construire put naturellement varier avec les procédés de maçonnerie et d'appareillage, suivant qu'on employait la pierre, la brique ou les menus matériaux, suivant qu'on élevait les coupoles par des briques posées sur la tranche ou rangées à plat en assises circulaires. Quel que fût le procédé, le résultat était le même. Ainsi qu'on peut le voir dans les baptistères de Ravenne (pi. LV), la coupole se posait avec autant de logique que de simplicité sur le système des points d'appui. Rien n'égale tant d'aisance. Il manque cependant des qualités à une coupole ainsi construite : l'énergie et la légèreté, parce qu'elle est soudée invinciblement aux supports dont elle dépend et qu'elle écrase.
Il y eut un pendentif plus parfait, le pendentif byzantin, qui fait la gloire de Sainte-Sophie de Constantinople. Comme le précédent, c'est un triangle sphérique tendu entre les arcades, mais qui est totalement distinct de la coupole proprement dite. A la hauteur du sommet des arcs, une corniche circulaire indique l'endroit où l'amortissement désiré a
été obtenu. En passant, elle marque le troisième côté du pendentif et, de la même façon que dans une simple rotonde, comme Sainte-Constance de Rome, elle forme la circonférence sur laquelle viendra reposer la coupole.
Ainsi donc, pendentifs et coupole sont indépendants. Cela permet de donner aux premiers une forme logique, de les infléchir en énergie, en souplesse, de leur conférer, en un mot, l'attitude requise par la fonction. Quant à la coupole, elle pouvait s'éployer dans l'air, librement, en toute plénitude de force et de majesté. Si l'on prolongeait les pendentifs selon la ligne de leur courbure, on obtiendrait toujours une calotte de moindre hauteur que la coupole reposant sur eux. Nous verrons bientôt la grande beauté qu'une telle disposition peut conférer à un édifice.
On voudrait pouvoir indiquer nettement à quelle région revient l'honneur d'avoir découvert les pendentifs. M. Strzygowski en fait une découverte asiatique; mais il ne semble pas avoir ruiné l'opinion de Choisy, qui reconnaissait leur apphcation dans des monuments hellénistiques remontant au règne de Dioclétien, à Salonique, Nicée, Magnésie-du- Méandre, Sardes, Philadelphie i. Les plus anciennes coupoles de basiliques en Orient sont édifiées sur trompes. C'est donc à la Grèce hellénistique et non à l'Asie-Mineure que l'architecture chrétienne devrait les pendentifs.
Les Contreforts. Portée sur trompes (Kodscha-Kalessi) ou sur pendentifs (Cassaba, Myra), la coupole élevée sur la nef centrale des basiliques avait pour objet de donner à l'église plus de lumière. Sa base, en effet, pouvait être per-
I. Cf. Leclercq, Dictionnaire (Cabrol), article Art byzantin.
Jb'LANCHE XXXIX.
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Sal()ni<iiif. (l'hoi. Il.uiti.s lltiuU-s, Millcl.)