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avait ses préférences et ses habitudes qu'elle n'abandonnait pas volontiers, mais nulle n'était fermée aux expériences du dehors. Aux frontières de Cappadoce et de Cilicie, à l'endroit qui s'appelle aujourd'hui Bin-bir-Kihssé (Mille et une églises) et, non loin de là, à Daouleh, tous les plans et structures d'Orient se rencontrent et se succèdent ainsi à travers les siècles. Très divers dès les époques de Constantin, puis de Justinien, ils se perpétuent jusqu'au moment de l'invasion musulmane. C'est qu'on aimait mieux exécuter deïbelles œuvres que décréter des styles. Tous ces édifices, pour différents qu'ils fussent les uns des autres, faisaient cependant partie d'une même famille. La beauté architecturale, en Orient, n'avait pas une physionomie unique. Pourtant certaines œuvres ont le privilège de concentrer en elles une somme particuhèrement considérable de quahtés ailleurs éparses et de génie diffus. Elles sont éminemment représentatives d'une nation, d'une race, de vastes régions même, soumises;aux mêmes conditions sociales. Telle fut l'église de Sainte-Sophie de Constantinople, en qui l'Orient tout entier semble avoir donné la plus haute, la plus complète expression de son idéal. En vérité, la Grèce hellénistique et l'Asie lointaine y confondaient leurs efforts et, après des rivalités séculaires, s'associaient pour en faire le plus beau temple de l'art chrétien.
Cette église unique, nous allons la décrire, mais non sans avoir, au préalable, exposé quelques particularités techniques. Aussi bien, quel est le chef-d'œuvre d'architecture dont la beauté suprême n'est pas due à la solution d'un problème de construction ? Dans le Parthénon, ce problème consistait à étabUr un rapport logique entre les colonnes de la péristasis et l'entablement qui les surmonte; dans la cathédrale gothique, il s'agissait de libérer les murs latéraux du poids de la
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voûte de pierre; à Sainte-Sophie, il fallait découvrir le moyen définitif d'élever une coupole sur un plan carré. Nous retracerons d'abord, à grands traits, l'histoire des premières coupoles chrétiennes.
La Coupole. La coupole est originaire d'Assyrie. C'est de l'Assyrie, par l'intermédiaire de la Perse, que la Grèce hellénistique en hérita. Ainsi Rome la connut. Elle fut employée à couvrir le Panthéon d' Agrippa, reconstruit sous Adrien. Mais, nous l'avons vu, construire une coupole sur un plan circulaire n'est pas un problème difficile, puisque la coupole à sa base forme une circonférence, identique à la circonférence du plan. Il en est tout autrement si le tambour qui doit supporter la coupole est octogonal ou carré. Comment racheter les angles qui, nécessairement, par excès ou défaut, au dedans ou au dehors, s'écarteront du cercle, déterminé par la coupole? Là était la difficulté.
Nous ne parlerons pas de la solution qui eût consisté à poser un dôme à huit pans sur un tambouroctogonal: c'était là une sorte de subterfuge auquel les architectes orientaux ne se seraient pas résignés facilement. D'ailleurs, un plan carré rendait ce subterfuge insuffisant. A toute force, il fallait donc ménager une transition en maçonnerit\ un amortissement, comme on dit, capable de supprimer les angles et de ramener ainsi le tambour carré à la circonférence. Il est pour cela deux procédés : celui des trompes et celui des pendentifs.
Une tentative selon le premier fut faite dès le m*' siècle à Omm-es-Zeitoun, en Syrie; puis, au iv« siècle, dans la Haute-Egypte, au Couvent blanc et au Couvent rouge de Sohag. Ici, des sortes de niches ou, pour employer un tenne
technique, des encorbellements évidés, étaient disposés aux quatre angles, de telle façon que leurs côtés latéraux fussent dans le plan du carré, leur sommet dans le plan de la circonférence. L'espace intermédiaire était précisément celui qu'il convenait de récupérer pour passer d'un tracé à l'autre. Ce procédé habile, mais disgracieux, était déjà connu des Perses Sassanides et resta usité dans beaucoup d'églises byzantines du moyen âge. Pour l'époque dont nous nous occupons, il est à signaler à Kodscha-Kalessi, à Gaza, à Ancyre.
Mais il y avait mieux à faire, dans l'intérêt des édifices à coupoles, qu'à répéter l'artifice des trompes d'angles. C'était là un moyen empirique où il était besoin d'une solution rationnelle. Or, supposez qu'au lieu d'un tambour plein et carré, le support de la coupole soit formé de quatre hautes arcades, élevées sur des piliers qui occupent les coins du carré, — c'est ainsi que le problème se présentait dans les églises à coupoles — la difficulté sera la même, seulement elle se présentera dans des conditions qui rendaient la solution plus facile à découvrir. En effet, il est une forme de voûte qui s'adapte exactement au carré d'arcades : la voûte