‹ L'art chrétien primitifChapitre 72 sur 80 · I. Sarcophage de Saint- Apollinaire m i lasse. — j ri .i · texte numérisé non relu

I. Sarcophage de Saint- Apollinaire m i lasse. — j ri .i

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lions. - 4. Sarct)pliagr au Mausolée de (".alla IMaailia. (Phot Kicci.)

LES FRANCS i8i

Godescalc, 781; Évangéliaire de Soissons, 827; Ëvangéliaire d'Abbeville), les architectures décoratives et même les compositions indiquent des influences manifestes de la Syrie ; que, dans des encadrements et lettrines, on retrouve les entrelacs géométriques qui caractérisent le bas-relief lombard et la miniature irlandaise : ce qu'il faut noter avant tout et ce qu'on peut constater dans la plupart des écoles d'enlumineurs de la Gaule, c'est un développement des compositions figurées, procédant de modèles anciens, communs à la Gaule et à Rome, et manifestant avec une énergie toujours croissante le don originel d'exprimer la vie par le naturel.

Le Christ siégeant sur son trône, les évangéhstes penchés sur leurs pupitres ou écoutant, le calame à la main, la parole d'en-haut; les scènes aux personnages nombreux comme celles de la Bible de Charles le Chauve (Bibliothèque nationale, 844-869), du psautier d'Utrecht (ibid., commencement du ix® siècle), de la Bible de Saint-Paul hors les murs, exécutée pour Charles le Gros, du codex d'Egbert, à Trêves, n'attestent ni une autre filiation, au point de vue do la forme, ni un autre souci.

Il en est de même des ivoires, quel que soit leur atelier d'origine. Qu'ils proviennent de France, d'Italie, des bords du Rhin ou de la Meuse, qu'on représente les évangélistes. des saints, le Christ en gloire, ou ce sujet particulièrement aimé, la Crucifixion, les œuvres qui ne sont pas d'importation étrangère montrent, par le sentiment de la fonne et l'expression de l'âme, que l'esprit antique les soutient, en même temps qu'un grand désir de renouvellement et de création les anime. Il est vrai que certains ivoires, exécutés en Occident, procèdent de modèles orientaux : tel est

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rivoire de Genoels-Elderen, inspiré de modèles syriens, comme l'évangéliaire de Godescalc et les manuscrits du même groupe ; tels sont les ivoires carolingiens qui empruntent du style à des œuvres de Byzance; mais des exemples comme l'ivoire de Genoels-Elderen ne sont pas nombreux; quant aux imitations byzantines, elles furent le résultat de circonstances momentanées plutôt que le fruit d'anciennes habitudes. Aussi bien, si l'on diminua à l'excès le rôle de la Syrie, de l' Asie-Mineure, de l'Egypte, dans la formation de l'art septentrional, on exagéra souvent, par contre, le rôle de Constantinople.

En tout état de cause, Rome ne cessa de nourrir et d'instruire la curiosité barbare, et c'est ainsi que se prépara, par l'énergie et la fidélité, la renaissance de l'art chrétien à la période romane.

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