‹ L'Art d'accorder soi-mème son pianoChapitre 11 sur 98 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

jusqu'à la division qui donne ut , on accorde dessus l'«/^ # du piano, et l'on continue de procéder de la même manière pour accorder successivement ré^ ré j$, mi^ jusqu'à SI naturel. Les douze demi-tons de la gamme étant d'accord dans le piano, on continue d'accorder par octaves en montant et en descendant. Comme on le voit, le guide-accord est la reproduction du chromamètre ; seulement la corde est horizontale et pincée, au lieu d'être verticale et frappée par un marteau. Tous les inconvénients signalés pour le chromamètre existent dans le guide-accord, et dans celui-ci la corde, étant pincée, donne au son un timbre encore plus différent de celui du piano que le chromamètre. Le seul avantage de ces appareils est de dispenser de faire la partition par quintes tempérées et octaves; mais, comme on le verra plus tard dans le courant de cet ouvrage, la plus grande difficulté n'est pas de faire la partition passablement bonne pour tout le monde, mais bien d'accorder les trois cordes à l'unisson ainsi que les octaves. En effet, tous les amateurs qui se sont occupés d'accord savent que le maniement de la clef pour trouver la pureté des unissons et des octaves, le placement du coin, et la nécessité de distinguer la cheville, présentent de véritables difficultés et exigent une grande et longue pratique. Sous ce rapport, le guide-accord n'a donc point fait avancer la question ; il la laisse au même point que le chromamètre.

Nous regrettons que l'auteur de la notice sur le guideaccord (laquelle n'est pas signée) n'aitpas lu les premières éditions de l'Art d'accorder soi-même son piano ^ ou n'ait pas compris la théorie de l'accord, et nous le supposons

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de bonne foi, car il n'aurait pas écrit les lignes suivantes sur les accordeurs et la théorie de l'accord. Après avoir exposé l'embarras d'un pianiste à la campagne en présence d'un instrument discord, il dit :

« Et si nous ajoutons que les accordeurs les plus ca- « pables travaillent sans donnée certaine, que leur ac- « cord ne repose que sur des observations pratiques sans « contrôle, que se chargent de troubler complètement la « fatigue ou une mauvaise disposition »

On peut conclure de cette appréciation, plus que sévère (et l'on peut ajouter, erronée), que l'auteur n'est probablement pas un fort accordeur lui-même, qu'il ne comprend pas bien la théorie de l'accord, et que, lorsqu'il pratique un peu de temps, son oreille finit par se troubler. C'est le cas de citer cette vieille maxime : Qui veut trop prouver ne prouve rien. Du reste, l'auteur de la notice sur le guide-accord paraît préoccupé du succès, fort problématique, de l'appareil décrit, en essayant d'aller au-devant du jugement que le public pourra en porter, et en faisant des comparaisons philosophiques entre l'homme et la matière ; nous le laissons parler : « Bien des gens essayeront de « faire la critique de notre appareil, en disant qu'il faut « savoir accorder à l'unisson. Nous nous bornerons à « leur répondre que nous supposons l'homme aussi im- « pressionnable que la matière ; que si la matière ( dans « l'espèce, les cordes ) éprouve par la dissonance une « commotion assez forte pour en osciller et en faire en- « tendre une vibration, l'homme doit, sinon l'éprouver « (s'il n'est point suffisamment organisé pour cela), au « moins pouvoir la constater, et que cela nous suffit ; que

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