‹ L'Art d'accorder soi-mème son pianoChapitre 57 sur 98 · PIANOS A QUEUE · texte numérisé non relu

PIANOS A QUEUE

qu'ils ont à faire chanter; et leur attention, n'étant plus préoccupée de la difficulté que présente quelquefois la transposition, peut alors se porter tout entière et librement sur le travail de leur élève. Les artistes et surtout les amateurs me sauront gré assurément de m' être attaché à perfectionner et à simplifier une invention d'une utilité si réelle, qui leur abrège en beaucoup de circonstances un travail long, pénible et fastidieux.

Pianos à queue.

Les pianos à queue s'accordent avec un coin ordinaire un peu long ou avec le coin particulier que j'ai fait connaître (fîg. 32), qu'on place devant ou derrière les étouffoirs, en ayant la précaution d'en enlever la barre, quand il y en a une, lorsqu'on arrive dans les dessus, afin d'accorder plus facilement la dernière octave.

Dans beaucoup de pianos à queue, le clavier a la faculté^ de se mouvoir vers la droite en appuyant sur une pédale, de sorte que chaque marteau peut attaquer à volonté une, deux ou trois cordes de son unisson, ce qui offre le moyen de les accorder sans le secours du coin. Pour cela, en tenant constamment le pied appuyé sur la pédale les marteaux ne frappent plus que la troisième corde de son unisson ; alors on accorde le piano d'un bout à l'autre, comme s'il n'était qu'à une corde, puis on lâche la pédale, on enfonce un petit verrou situé perpendiculairement sur la droite du clavier, on appuie de nouveau sur la pédale, et le clavier se recule moins que la première fois. Les marteaux frappent deux cordes, et l'on ajuste la deuxième sur la première, quia déjà été ajustée; ensuite on abandonne tout à fait lapédale, le clavier reprend sa position

naturelle, etTon accorde àrunisson la corde fausse sur les deux autres. Ce second moyen d'accorder est plus expéditif que le premier ; mais il donne un accord moins parfait : la première corde ajustée étant souvent dérangée quand on accorde la seconde, et cette seconde l'étant elle-même quand on accorde la suivante de chaque unisson, parce qu'elles n'ont pas été accordées toutes trois de suite, comme lorsqu'on se sert du coin, mais longtemps les unes après les autres.

Pour remettre les cordes dans les pianos à queue il faut lever le couvercle, qu'on appuie sur son support; ôter la fausse table d'harmonie, quand il y en a une, et la barre des étouffoirs, faire la bouclette, passer la corde sous la lisière, si cela est nécessaire, l'accrocher dans le sommier, la passer sous son étouffûir, si l'on ne peut le retirer, l'enfiler dans l'agrafe, la rouler sur sa cheville, la mettre dans les pointes du chevalet, la monter au ton et remettre le tout en place ' .

On remarquera que dans les pianos à queue modernes les pointes du sillet sont remplacées par des agrafes ou de petites plaques de cuivre percées de deux ou trois trous pour chaque unisson, suivant que le piano est à deux ou à trois cordes ; on passera donc les cordes dans ces trous ou dans les agrafes avant de les rouler sur les chevilles comme on vient de le dire.

Pianos droits.

Pour accorder les pianos droits à cordes obliques (fig. 5 et 6), il faut, après avoir soulevé le couvercle, enlever la porte ou le châssis de devant, situé au-dessus du clavier devant la mécanique et fixé en dedans à droite et à gauche

> 11 est inutile de répéter que dans les pianos à queue, comme dans tous les autres, le numéro des cordes à employer est ordinairement marqué à côté des chevilles.

par deux petits verrous ou crochets qu'on tire avec le doigt. Dans ces pianos, les cordes sont obliques, c'est-à-dire que la plus grave, par exemple, étant accrochée presque aras terre au coin de droite, va rejoindre sa cheville au coin de gauche à la partie supérieure de l'instrument, et que toutes les autres lui sont parallèles ; seulement elles diminuent de longueur. Cette disposition des cordes oblige de mettre les étouffoirs audessous des marteaux (fig. 21 et 22), ce qui permet de passer la main par-dessus les marteaux pour mettre avec facilité le coin (fig. 33) au-dessous de l'endroit où ils frappent la corde; de sorte qu'on n'éprouve pas de difficulté pour accorder ce genre de piano. Pour remettre les cordes, il faut arracher, en tirant avec force en l'air, une verge de bois ou de fer enfoncée perpendiculairement dans le côté droit de l'instrument : on la reconnaîtra facilement à un bouton ou à un anneau en cuivre qui la termine à la partie supérieure ; ensuite il faut tirer avec force le devant de l'instrument, qui a la faculté de s'ouvrir comme une porte d'armoire en pivotant sur le côté gauche et par ce mouvement permet d'amener à soi le clavier et toute la mécanique (fig. 44). Alors les cordes étant à découvert, on remet celles qui sont cassées en procédant comme d'ordinaire. Seulement on les monte à peu près au ton, comparativement à leurs voisines, en les pinçant avec l'ongle, le marteau ne pouvant la frapper; après quoi on remet le devant du piano en le poussant avec violence, car on éprouve toujours une certaine résistance. On enfonce la verge à sa place, et l'on accorde les notes en les frappant au moyen du clavier. Aujourd'hui très-peu de pianos droits s'ouvrent en pivotant comme je viens de l'indiquer ; la mécanique est fixée dans la caisse par deux petits verrous ou tourniquets placés de chaque côté, que l'on fait tourner sur eux-mêmes pour les dégager des entailles dans lesquelles ils entrent pour assujettir cette méca-

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