‹ L'Art d'accorder soi-mème son pianoChapitre 85 sur 98 · A. GORIA · texte numérisé non relu

A. GORIA

J'apprécie infiniment les pianos de M. Montai, etje suis heureux de leur consacrer mon témoignage. Sa pédale d'expression rendra de grands services à l'art musical.

Joseph AscHER.

Je viens de passer deux heures bien courtes dans les salons de M. Montai, essayant successivement ses excellents instruments , écoutant avec le plus grand intérêt ses curieuses explications, et admirant les perfectionnements ingénieux et tout -pratiques qu'il a introduits dans la fabrication des pianos : sa pédale d'expression, sa pédale de jalousie, sa pédale de prolongation des sons, pour une ou pour plusieurs notes, sont des améliorations essentielles, qui marquent dans l'art un véritable progrès et témoignent de l'esprit inventif de l'artiste, ainsi que de ses efforts infatigables pour arriver toujours au mieux.

A. Théobald Walsh.

N'étant pas pianiste, mais appréciant le véritable talent de M. Montai, je joins ici mon témoignage à celui de mes confrères : c'est une goutte d'eau dans la mer.

J.-B. Wekerlin.

Ayant examiné avec attention les nouveaux pianos à queue et droits de M. Montai, je m'empresse de consigner ici mon admiration pour les beaux résultats obtenus par ce facteur d'un talent si justement renommé. Les nouveaux instruments de M. Montai se recommandent par une grande sonorité, le clavier est agréable et d'une égalité charmante. Ses pianos à queue ont de belles basses et le dessus d'un éclat peu commun. Quant à la pédale d'expression, c'est une invention très-heureuse qui fait honneur à M. Montai, et qui permet au pianiste de varier son jeu, de nuancer avec la plus fine délicatesse et de ' tirer des effets nouveaux. Sous ces rapports la pédale de M, Montai est une véritable acquisition de notre siècle, si fé-

cond en progrès. Je suis heureux de pouvoir exprimer ici mes sincères félicitations à cet habile facteur.

Albert Sowinski.

Je ne crois pas que l'on puisse trouver des instruments meilleurs et plus intelligemment combinés pour l'artiste et l'auditeur que les pianos de M. Montai. En les travaillant il me semblait être à mon bel orgue de Saint-Eustache, avoir nos fonds d'orgue, ma pédale d'expression, toutes les ressources enfin pour obtenir les nuances les plus délicates et les plus variées; c'est le plus bel éloge que je puisse faire du facteur et de l'instrument.

Edouard Batiste,

Professeur au Conservatoire.

J'ai VU et écouté les pianos de M. Montai avec la plus grande admiration. Ils joignent le charme à la puissance du son, comme il est dit précédemment. Je regrette vivement qu'on ne rencontre pas de tels instruments dans tous les concerts et dans tous les salons. Je considère la pédale qui permet d'adoucir les sons comme un perfectionnement bien précieux pour l'accompagnement du chanteur.

P. DORVAL VaLENTINO, Professeur de chant.

Je déclare que les pianos de M. Montai me font amèrement regretter d'avoir acheté un certain piano de M. ***, qui imite le cri de tous les animaux, et qui a failli me brouiller avec tous mes amis.

Ce que j'admire dans les pianos de M. Montai, c'est l'admirable qualité du son qui relève le talent des habiles et semble en donner aux maladroits,

P.-J. Barbier.

Je reconnais que M. Montai a apporté un progrès énorme au piano, par la pédale qui rapproche les marteaux des cordes •pour le pianissimo. Cette pédale est préférable sous tous les rapports à ceUe qui met le piano à une corde, et en change le son et le discorde souvent. Les pianos droits de M. Montai ont la puissance sonore des pianos à queue.

Ermel.

C'est avec une bien vive satisfaction que j'ai joué les pianos de M. Montai ; leur sonorité jointe à un toucher extrêmement agréable justifient complètement la grande réputation dont ils jouissent. L'invention d'un nouveau système de la pédale d'expression, qui facilite les mesures, le jeu lié et le contretirage ajoutent encore à leur mérite.

Rheim.

Quand on a joué les pianos de M. Montai, quand on connaît la part qui lui a été faite dans la distribution des récompenses décernées à la suite de l'Exposition universelle, on ne peut que s'affliger une fois de plus de l'incertitude des jugements humains.

Les pianos droits de ce facteur artiste étaient classés depuis longtemps parmi ceux dont s'honore le plus la fabrication parisienne ; ses pianos à queue, les premiers qui soient sortis de

ses ateliers, présentent une telle réunion de qualités que j'en ai acheté deux pour mon usage personnel, et que je m'applaudis chaque jour d'en avoir fait l'acquisition.

COURTAT.

Société Philomathiqne.

Rapport sur l'Exposition générale des produits de l'industrie. Bordeaux, 1859 '.

Diplôme cC honneur.

M. Claude Montai, de Paris, chevalier de la Légion d'honneur, boulevard Bonne-Nouvelle, 31, était dans le même et heureux cas que les précédents exposants (MM. Pleyel, Wolff et G% de Paris). Ses succès antérieurs lui ont valu, comme à eux, l'honneur d'une mise hors concours, avec diplôme spécial. Ses pianos en tous genres ont servi au jury de termes de comparaison, et à ce titre encore des remerciements sont dus au facteur hors ligne qui a bien voulu apporter à notre exposition sa part si méritée d'illustration.

Brochon ,

Président de la commission du Jury.

Elwart ,

Rapporteur.

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Exposition uniTeraelle de liondres en 1 863.

Extrait du rapport de M. Lissajou, professeur de physique au lycée Saint- Louis, chevalier de la Légion d'honneur, au jury international de la 16« classe '.

M. Montai a obtenu du Jury l'attention la plus bienveillante. 11 est impossible en effet de ne pas voir avec intérêt un aveugle démonter pièce à pièce son piano avec dextérité. M. Montai sait également discuter les mérites de ses instruments avec science et habileté. Le Jury a reçu les explications les plus complètes sur son système transpositeur, l'un des meilleurs connus, sa pédale d'expression, sa pédale de prolongement et son système de contre- tirage, inventions dont les idées fondamentales étaient déjà trouvées, mais que M. Montai a réalisées dans des conditions nouvelles de construction et d'emploi.

M. Montai a montré au Jury un piano grand oblique et un piano à queue construits avec soin et agréables à jouer. Le clavier du piano à queue doit sa légèreté à un système de ressorts qui équilibre en partie le poids du marteau. Les instruments de M. Montai ont surtout le mérite de la puissance.

' Tome IV,'. page 209, des Rapports des membres de la section française du jury international.

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Exposition internatiouale d« liontlrea eu 1S62.

Extrait du rapport de M. William Pôle , professeur de musique à l'Université de Londres, au Jury internalional de la 16» classe '.

France.

M. Montai (1678) a exposé un grand piano à queue et un piano droit oblique contenant quelques perfectionnements. Le plus important de ces perfectionnements est une pédale douce, ou, comme l'inventeur la nomme, ime pédale d'exp?'essiim, qui fonctionne d'après un principe entièrement nouveau, en ralentissant à volonté l'action des touches et celle des marteaux. Quand on met le pied sur la pédale, les touches sont pressées peu à peu , et peu à peu les marteaux se lèvent de façon à amoindrir dans une égale proportion le mouvement des uns et des autres. L'arrangement mécanique moyennant lequel les mouvements des touches et des marteaux sont réglés réciproquement de façon à conserver la perfection du toucher a exigé beaucoup d'habileté et beaucoup d'adresse dans l'exécution , mais le but a été complètement atteint ; le jeu de ce mécanisme est parfait et l'effet en est admirablement beau , puisque, laissant l'exécution tout à fait libre, on peut diminuer le son jusqu'à la nuance la plus faible que l'oreille puisse saisir. Ce moyen est assurément le plus parfait qui ait jamais été inventé pour jouer piano et produire des effets gradués.

Une autre invention de M. Montai, qu'il appelle pédale de prolongement ^ est un mécanisme au moyen duquel le son d'une note quelconque ou celui d'un accord peut être prolongé lors même que les doigts ont abandonné les touches, taudis que tout le reste de l'instrument reste parfaitement

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étouffé. Un défaut de la pédale ordinaire de forte ^ c'est que non-seulement le son des accords qui ont été touchés primitivement mais aussi celui de toutes les notes sont prolongés pendant tout le temps que la pédale reste baissée, ce qui produit à l'oreille une telle confusion qu'elle en est désagréablement affectée. L'invention de M. Montai fait disparaître cet inconvénient, puisque, par son mécanisme spécial, la pédale n'agit que sur les étouffoirs de l'accord frappé en premier lieu, tandis que les autres sont laissés en repos. L'usage de cette pédale exige un peu de pratique , mais l'effet en est excellent.

Les autres perfectionnements consistent dans un ressort destiné à alléger la touche d'une partie du poids du marteau , ainsi que dans quelques modifications apportées à la position et à la construction des étouffoirs, qui améliorent et facilitent leur jeu. Le piano droit est pourvu d'un appareil de transposition. La disposition des cordes est aussi légèrement modifiée dan cet instrument, qui par derrière est muni d'une jalousie, composée de lames mobiles , par où le son trouve de ce côté sa principale issue, et qui permettent d'en modérer l'émission.

Un fait tout particulier s'ajoute aux ingénieuses inventions de M. Montai et à sa grande et florissante manufacture de pianos , et les rend d'autant plus intéressantes : c'est qu'il est aveugle.

WuxiAM POLE, rapporteur.

Une médaille est décernée à M. Montai.

France.

M. Montai (1678) exhibits a grand and an oblique upright, containing some ingenious novelties.

The most important is a soft pedal, or, as the inventor calls

it, a « pédale d'expression, » which acts on an entirely no^fel principle, namely, by diminishing the range of the key and the hammer. When the foot is placed on the pedal, the keys are gradually pressed down, and the hammers gradually rise, so that the range of motion of both is lessened in proportion. The mechanical arrangement by which the motions of the keys and hammers are proportioned respectively to each other, so as to préserve the perfection of the touch, has required great ingenuity to devise and great care to carry ont ; but it has been eifectually accomplished. The action of the mechanism is perfect, and the effect is extraordinarily beautiful, as the tone may be diminished to the faintest audible sound , while the facilities of exécution are perfectly well preserved. It is by far the most perfect means of producing piano and graduated effects that has yet been devised for the instrument. A second invention of M. Montai is what he calls a « pédale de prolongement, y) by which the sound of any notes or chords struck may be prolonged after the fingers bave left the keys, while the whole of the rest of the instrument damps perfectly. It is a well-known defect in the use of the ordinary loud pedal that the sound not only of the chords first struck, but also of ail other notes, while the pedal remains down, are prolonged, producing so great confusion on the ear, as seriously to injure the effect produced. M. Montal's invention removes this, as by means of peculiar mechanism the pedal acts only on the dampers of the chord first struck, ail the others being left free. The pedal requires some little practice to manage, but the effect is good.

The other improvements consist in a spring for relieving the key of a portion of the weight of the hammer, and of some modifications in the position and construction of the dampers, to improve their action and facilitate their adjust-

ment. The upright piano has a transposing apparatus, is constructed with a slightly modified arrangement of the stringing, and has moveable Venetian louvre boards at the back, acted on by the loud pedal, so as to bring ont or graduate the tone on that side.

An additional interest attaches to M. Montal's ingénions inventions, and to his large and successful manufacture of pianos, from the fact that he is blind.

William POLE, reporte^'.

M. Montai is awarded a Medal.

Qu'on me permette de citer encore , comme une sorte de résumé de cet appendice , la note relative à ma manufacture insérée par les édieurs, à la suite du catalogue français de l'Exposition universelle de Londres, publié par ordre et sous le contrôle de la commission impériale * .

MONTAL,

Fadeur de pianos, boulevard Bonne-Nouvelle, 31, à Paris.

C'est une gloire pour beaucoup d'industriels d'invoquer et de rappeler sans cesse l'ancienneté de leur maison; c'en est une plus grande pour M. Montai d'avoir fondé la sienne et de n'être redevable de ses succès qu'à lui-même.

Préparé par des études sérieuses ayant porté sur les sciences exactes, sur la musique, surl'accordage des pianos etrexameu

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comparatif des différentes factures, tant françaises qu'étrangères, M. Monta] s'établit en 1835, dans nn modeste atelier, sans autres ressources que la conscience de ses forces et de son intelligence, jointe à une incessante activité.

Un Traité de l'accordage des pianos le fait connaître à l'Exposition de 1834. A celle de 1839 il se fait remarquer par un piano combiné avec un orgue expressif, à clavier unique, isolant ou réunissant à volonté le jeu des deux instruments.

En 1844 M. Montai obtient au concours le titre ^^ facteur de l'Institution des jeunes aveugles de Paris. A l'Exposition de 1 844 il figure avec des pianos de tous formats , munis d'un système breveté de mécanisme à double échappement^ et obtient une médaille de bronze.

En 1846 l'Académie de l'industrie lui décerne une médaille d'argent.

En 1847 il reçoit : 1° une médaille d'argent de l'Athénée des arts ; 2" une médaille d'argent de la Société libre des beaux-arts; 3° une médaille de ptlatine de la Société d'encouragement [nouveau système de transposition ; divers inécanismes à double et simple échappjement ., etc.) ; 4° une médaille d'or., de la même Société {nouveau système de contretirage; chevalet et table d'harmonie perfectionnés^ etc.)

L'année d'après il remporte la médaille d'or à l'Académie de l'industrie.

En 1849 M. Montai présente à l'Exposition de magnifiques pianos droits et un piano à demi-queue, à table renversée, avec de nouveaux mécanismes et des perfectionnements importants ; il obtient une médaille d'argent.

En 1851 il ajoute à ses précédentes inventions sa pédale d'' expression^ si appréciée des artistes, et fait figurer à l'Exposition universelle de Londres quatre pianos droits. La. prizemedal \m est décernée, et, de retour en France, il reçoit la

croix de la Légion d'honneur de la main même de l'Empereur.

En 1853 et 1854 il reçoit les titres de fournisseur breveté de LL. MM. l'Empereur et r Impératrice des Français et celui àt fournisseur de S. M. l'Empereur du Brésil.

A l'Exposition universelle de Paris, en 1855, M. Montai présente neuf pianos, à queue, demi-queue et droits, et obtient la médaille de T* classe.

En 1856 il reçoit de Sa Majesté le roi de Hanovre, acquéreur d'un piano ayant figuré à l'Exposition de Londres, la médaille d'or dite médaille de mérite.

En 1859 M. Montai obtient à l'Exposition de Bordeaux le Diplôme d honneur., la plus haute récompense de cette Exposition.

Telles sont les phases de la carrière industrielle et artistique de M. Montai, carrière marquée par d'incessants progrès, par des travaux et des succès nombreux, par six brevets importants, représentant une facture propre et originale, et par douze médailles et récompenses de toutes sortes.

A la suite de cette Exposition de Londres, 1862 , M. Montai , comme on l'a vu , a obtenu deux médailles à ajouter aux douze mentionnées dans cette note du Catalogue , ce qui en porte le nombre à quatorze.

M. Montai présente aujourd'hui à l'Exposition universelle de Londres, tant dans la xvi^ classe que dans les sections de l'Algérie et des colonies, quatre pianos renfermant les inventions et les perfectionnements de sa fabrication, et dont nous allons donner une description sommaire :

1° Grand piano à queue., en palissandre, avec filets et moulures en cuivre doré, dans lequel il convient de remarquer principalement : un sillet en cuivre perfectionné pour les dessus ; un perfectionnement de la mécanique., ayant pour ré-

sultat de rendre le clavier plus léger et plus docile, de faciliter la répétition des notes, et d'augmenter la puissance du coup de marteau, tout en empêchant le contre-coup de l'attrape, qui produit un effet si désagréable sous le doigt de l'artiste. Ce piano renferme de plus Va pédale d' expression^ et un& pédale d accrochement pour soutenir les sons à volonté.

2° Piano droite en ébène mouchetée, avec moulures et bronzes dorés. Ce piano, construit sur un nouveau plan, est à cordes obliques en éventail^ avec division plus large dans la basse que dans les dessus; il présente comme notables perfectionnements : un système de contre-tirage avec chapes en fer^ ayant pour résultat de maintenir les sommiers et de prolonger la durée de l'accord ; un mécanisme transpositeur . Il contient, en outre, avec la pédale de forte, la pédale d'expression, la. pédale d'accrochement et la pédale-jalousie.

3" Pia7W droit , en thuya d'Algérie, à cordes obliques en éventail ; nouveau modèle décoratif avec marqueterie et incrustations en métal blanc. Mêmes perfectionnements que cidessus.

4° Piano droit, en ébène verte de la Guadeloupe, avec frises en bois de rose et filets en cuivre, style Louis XV. Mécanisme transpositeur et pédale d'expression.

Les inventions et les perfectionnements appliqués dans ces instruments, et énumérés ci-dessus, sont consacrés parl'expérience et appréciés par les artistes les plus éminents.

M. Montai est aujourd'hui placé au premier rang dans la facture française.

Disons, en terminant, qu'il est aveugle , et que le premier il a ouvert aux aveugles de tous les pays une carrière nouvelle et fructueuse, celle de l'accordage des pianos.

BRONZR.

ABGEIVT.

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