‹ L'art d'aimer: poeme en trois chantsChapitre 1 sur 20 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

f NE édiEioa de Gentil Bernard est i à faire , écrivait M. Qui- ^cherat, au mois de mai t856, dans Bi'ATHENSuM FRANÇAIS. Je crots que la réimpression dts autres complètes de l'auleur de I'Abt d'aimer n'o^nVaft qu'un tris-médiocre intérêt, et que la reproduction du seul de ses ouvrages qui lui ait procuré une célébrité littérairt relative suffît à sa $loirt, légère comme son talent. Tandis que l'on trouve chex d'autres poltes toutes les qualités qui sont les marques du génie, il ne faut s'attendre à rencontrer chex Gentil Bernard qu^une

ir AVANT-PROPOS

facilité pleine d'élégance et de charme et un art qui resta toujours agréable parce qu'il ne fut jamais forcé. L'enthousiasme de M, Qûicherat est une impression personnelle qu'aucun critique littéraire ne me semble avoir partagée jusqu'à ce jour.

Il convient de juger sans le surfaire celui qui a tenté heureusement de donner un pendant à l'œuvre beaucoup plus licencieuse et bien moins châtiée d'Ovide, et il faut placer dans le cadre qui lui est propre cette figure gracieuse, sans l'écraser par de grandes phrases ou par des expressions trop vives. Ce fut le tort de M, Philoxène Boyer, lequel, après une étude singulièrement rigide consacrée à notre poète, avait hàte^ disait-il en la terminant^ de sortir de cette atmosphère de mensonges et d'impuretés \

C'est à Grenoble y au mois d'août 1708, que naquit Gentil Bernard, M. H, Gariel, directeur de la bibliothèque de cette ville, a bien voulu m'adresser le curieux extrait qui suit des registres de la paroisse de Saint-Hugues :

I . Les Poètes français^ Recueil publié sous la direction de M. E. Crépet (t. III, p. 279). Cest aussi à tort que M. P. Boyer fait naître Bernard en 1 7 1 o.

Page 1