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propres importations, et les soies de Lorabardie, du Piémont et des pays orientaux n'ont fait que traverser notre sol > à la destination des manufactures rivales de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la Suisse »
N^est-ce pas une chose très-digne de remarque que ce transit à travei's la Finance? Les soies brutes, soumises à un long trajet et à toutes les chances d'un transport, arrivent cependant aux manufactures étrangères dans des conditions assez favorables pour leur permettre de lutter avec nous Que feraient donc la Suisse , l'Allemagne et l'Angleterre, si elles produisaient elles-mêmes la matière première?
Si nous ne conservions pas toujours la même supériorité dans ceilaius articles de goût, nous sentirions encore bien plus les efiTets redoutables de cette concuiTence ; car les pays nos rivaux produisent maintenant, à plus bas prix que nous, des tissus unis, avec les soies mêmes qui ont accompli leur long voyage en passant devant la porte de nos manufactures.
Le Courrier de la Drame disait dernièrement :
c< 11 y a quinze ans à peine, la France ne comptait guère encore que six départements où la culture des mûriers et l'éducation des vers à soie fussent devenues l'objet d'une exploitation à peu près générale de la part de leurs habitants. A ces six départements on pouvait en ajouter seize autres où cette industrie n'avait jamais existé qu'à un état plus ou moins restreint et précaire. En tout, alors, vingt-deux départements séricicoles. Eh bien! aujourd'hui quarante-deux départements nouveaux sont venus s'ajouter aux précédents; et Ton peut dire à la rigueur que sur les quatre-vingtsix départements qui constituent le sol de la France, «dxante-quatre y cultivent aujoui*d'hui le mûrier et produisent plus ou moins de soie. Tout le monde sait actuellement d'où est venu cet essor, si l'on peut donner ce nom à un progrès mesuré , entièrement fondé sur une appréciation éclairée des besoins et de nos i-essources.
» Ce sera l'éternel honneur du citoyen qui, en dépit de toutes les préventions, a prouvé au pays toute l'étendue de ses ressources, irt qui lui donne, par son exemple, cette impulsion qui commence
à poi'ter ses fruits, et qui doit faire tôt ou tard de la France xm pays privilégié autant par l'abondance et la qualité de ses soies qu'il Test déjà depuis iongtenips par la richesse et la variété des tissus qui sortent de ses fabriques. Le progi'ès , en effet, se manifeste dans toutes les parties de cette riche industrie; les lumières de la science sont venues en éclairer tous les aboutissants. »
Plus loin , Tauteur de Tarticle ajoute les détails statistiques suir vants , qui se trouvent confirmer, à peu de chose près, les chiffres que nous avons donnés en commençant :
c( On ne peut évaluer aujourd'hui à moins de 100 millions h produit de nos magnaneries et de nos filatui*fes, et cependant les besoins de la consommation vont bien au delà. Tous les ans la douane constate encore une entrée de 60 millions de soies étrangères pour le seul besoin de nos fabriques : c'est donc une valeur de 160 millions de matière première que nos fabricants de soieries mettent en œuvre dans une seule campagne industrielle.
» D'après les tableaux officiels de cette année, le produit de nos mines et de nos usines en fonte de fer s'est élevé à 118 millions : l'importance de la soie , comme valeur et comme matière première, s'élève donc chez nous au-dessus de celle du fer ; et pourtant c'est à la quantité de fer qu'il consomme que doit se mesurer, dit-on , la civilisation d^un peuple.
» Si nous transformons maintenant en tissus de toutes sortes les 160 millions desoies encore en écheveaux, nous arriverons à conclure qu'on ne peut porter à moins de 400 millions la valeur réelle de cet unique produit de notre industrie nationale. »
(Extrait du Journal d'Agriculture pratique et du jardinage, janvier 1845 J ;
Nous croyons ne pouvoir mieux compléter notre statistique séiieicole qu'en reproduisant un travail sur l'état actuel de l'industrie de la soie en France, emprunté au ^7* volume des Annales de la Société séri€icole de Paris.
1* Six départements cultivent la soie depuis que cette industrie a été apportée d'Italie, savoir :
Ardèche.
Gard.
Bouches-du-Rhône.
Hérault.
Drôme.
Vaucluse.
2*» La même industrie , introduite aussi depuis l'origine dans= seize autres départements , ne s'y est pas également développée, et même dans quelques-uns elle a été presque abandonnée à divei'ses époques :
Alpes ( Basses- ) Lot-et-Garonne.
Ariége. Lozère.
Aude. Maine-et-Loiie.
Garonne ( Haute- )► Pyrénées ( Hautes- \,
Gers. Pyrénées-Orientales.
Indre^t-Loire. Tarn.
Isère. Tarn-et-G^ronne.
Loir-et-Ciier. Var.
3® Qu£u*ante-deux déparlements ne plantent de mûriers et ne font y soit des éducations, soit des essais d'éducation, que depuis quelques années; ce sont :
Ain.
Cher.
Aisne.
Corse.
Allier.
Côte-d'Or.
Alpes (Hautes-).
Dordogne.
Aube.
Doubs.
Aveyron.
Eure-et-Loir
Gbarente.
Gironde.
Charente-Inférieure.
Uidie.
Landes.
Rhin (Haut ).
Loire.
Rhône.
Loire-Inférieure.
* Sdône (Haute-)
Loiret.
Saône-et-Loire.
Lot.
Sarthe.
Marne.
Seine.
Meurthe.
Seine-Inférieure.
Morbihan.
Seine-et-Manie.
MoseUe.
Seine-et-Oise.
Nièvre.
Sèvres (Deux-).
Nord.
Vienne.
Pyrénées (Basses-).
Vienne (Haute-).
Puy-de-Dôme.
Yonne. .
4<^ Enfin il n'a encore été fait aucune plantation de mûriers dans les vingt-deux dépai-tements ci-après désignés , ou du moins il n'est encore parvenu aucun renseignement à cet égard :
Ardènnes.
Calvados.
Cantal.
Corrèze.
Côtes-du-Nord.
Creuse.
Eure.
Finistère.
llle-et-Vilaine.
Jura.
Loire (Haute-).
Manche.
Marne (Haute-).
Mayenne.
Meuse.
Oise.
Orne.
Pas-de-Calais.
Hbin (Bas-).
Somme.
Vendée.
Vosges.