CHANT SUR LE BERCEAU
Il est leur amoureux, et ses chansons ressemblent Aux roses.
Il est plus pur qu'avril embaumant la pelouse Et que mai dont l'oiseau vient piller la corbeille ; Sa voix est un frisson d'âme, à rendre jalouse L'abeille ;
Il adore ces nids de soie et de dentelles ; Son cœur a des gaîtés dans la fraîche demeure Qui font rire aux éclats avec des douceurs telles Qu'on pleure ;
Il est le bon semeur des fraîches allégresses ; Il rit. Mais si les rois et leurs valets sans nombre Viennent, s'il voit briller des prunelles tigresses Dans l'ombre,
S'il voit du Vatican, de Berlin ou de Vienne Sortir un guet-apens, une horde, une bible, Il se dresse, il n'en faut pas plus pour qu'il devienne Terrible.
no L'ART D'ÊTRE GRAND-PÈRE
S'il voit ce basilic, Rome, ou cette araignée, Ignace, ou ce vautour, Bismarck, faire leur crime, Il gronde, il sent monter dans sa strophe indignée L'abîme.
C'est dit. Plus de chansons. L'avenir qu'il réclame, Les peuples et leur droit, les rois et leur bravade, Sont comme un tourbillon de tempête où cette âme S'évade.
Il accourt. Reviens, France, à ta fierté première ! Délivrance ! Et l'on voit cet homme qui se lève Ayant Dieu dans le cœur et dans l'œil la lumière Du glaive.
Et sa pensée, errante alors comme les proues Dans l'onde et les drapeaux dans les noires mêlées, Est un immense char d'aurore avec des roues Ailées.
LA CICATRICE ni