QU'EST-CE QUE CETTE TERRE
La souveraineté des choses innocentes.
Étant donnés le cœur humain, l'esprit humain, Notre hier ténébreux, notre obscur lendemain, Toutes les guerres, tous les chocs, toutes les haines, Notre progrès coupé d'un traînement de chaînes, Partout quelque remords, même chez les meilleurs, Et par les vents soufflant du fond des cieux en pleurs La foule des vivants sans fin bouleversée, Certe, il est salutaire et bon pour la pensée, Sous l'entre-croisement de tant de noirs rameaux, De contempler parfois, à travers tous nos maux Qui sont entre le ciel et nous comme des voiles, Une profonde paix toute faite d'étoiles ; C'est à cela que Dieu songeait quand il a mis Les poètes auprès des berceaux endormis.