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LA POLITESSE CHEZ SOI

Le mari, à son tour, ne se met guère plus en frais d’amabilité ni de courtoisie.

Le voilà qui entre le chapeau sur la tête.

C’est le seigneur et maître. Il a le verbe baut et il commande rudement; ou bien, la pipe entre les dents, il gronde. Jamais 11 ne remercie pour un service rendu. Jamais il ne s’excuse d’un retard qu’il occasionne, d’un dérangement qu'il cause.

Jamais, non plus, il ne ferait un pas pour procurer le moindre plaisir à sa femme.

De part et d’autre, le but convoité une fois atteint, l’égoïsme a repris son empire: comme si garder un coeur n’était pas plus important encore et plus difficile que de le conquérir! Le laisser-aller et le manque d’éducation triomphent, les froissements se multiplient, l’amour meurt, le bonheur s’en va...

Et les petits qui grandissent, quel respect auront-ils pour des parents qui se témoignent, l’un envers l’autre, si peu d’égards? Quel attrait trouveront-ils, plus tard, à un tel foyer? Bien souvent, il

ne faut pas chercher ailleurs que dans le manque d’aménité et d'agrément dans la famille la cause de bien des errements qui font pleurer les mères.

L'avenir même matériel des enfants est intéressé à cette question de politesse.

De nos jours, les succès en affaires, les positions enviées, les charges honorables ne vont-elles pas à ceux qui savent les obtenir par leur affabilité pour tous, non moins que par leurs talents? Or, cette qualité, pas plus que les autres, ne s’improvise en un jour. Ceux-là ne l’acquerront probablement jamais qui n’y auront pas été formés dès leur jeune âge; et c’est l’exemple, non pas les recommandations ou les gronderies, qui impressionne les enfants.

Pour nous, Canadiens français, la politesse est plus qu’un mérite désirable:

elle est un devoir.

Dans tous les pays, quand on veut parler de distinction parfaite, de belles et bonnes manières, ne dit-on pas: la poli-

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