‹ L'art d'être heureuseChapitre 39 sur 59 · MARIE ROLLET · texte numérisé non relu

MARIE ROLLET

des démonstrations touchantes l’inauguration du monument qui doit en perpétuer le souvenir.

Je voudrais m'incliner, à mon tour, devant l’admirable femme dont la personnalité souriante et laborieuse rayonne discrètement parmi les grandes figures qui dominent notre primitive histoire.

Elle fut celle qui sut aimer, elle fut celle qui sut agir. Et parce qu'aux vertus familiales et sociales Marie Rollet joignit les plus hautes vertus nationales féminines, elle nous apparaît comme le parfait modèle de la Canadienne française d’aujourd’hui.

Quel courage il fallut à cette femme jeune et cultivée, accoutumée à l’aisance et entourée d'affection, pour effectuer cet audacieux départ de la Vieille France pour la Nouvelle! Aucune femme de son pays n'avait encore tenté l’aventure. Elle n’ignorait pas les risques de la traversée,

les dangers qui l’attendaient en ces contrées sauvages; mais elle avait par-dessus tout le culte de son foyer, et pour suivre son mari, elle trouva ‘‘tout simple, tout naturel”, nous dit Laure Conan, ‘‘d’affronter les plus effrovables périls”.

Puis ce furent, dans la solitude de la forêt laurentienne peuplée de féroces ennemis, les longues années de durs labeurs, de privations et de perpétuelles alarmes.

“Vive et gaie””, Marie Rollet encourage, conseille et soutient tout son entourage.

Elle est à la maison et elle est aux champs.

Sa bienfaisante influence rayonne bientôt sur toute la petite colonie, et plus d’une fois, sans doute, Champlain lui-même dut gravir la falaise québécoise pour aller retremper son âme abattue et ranimer ses espoirs au foyer où régnait ‘‘la dame Hébert’?

Ah! qu’elle fut bien, cette première Canadienne, la digne aïeule de la travailleuse infatigable, de la compagne intelligente, de l’indomptable lutteuse que n’a

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