‹ L'art d'être heureux [microform]Chapitre 13 sur 121 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

de toute vie, de toute consolation, de toute béatitude. Toute joie'finie et bornée découle de cette source infinie; toutes les gouttes de bonheur que lescréaturesnous présentent viennent de cet océan de béatitude.

Pourquoi, quand nous pouvons puiser dans une mer d'eau vive, approcher nos lèvres de la boue d'un marais? Qu'un homme use d'une lampe pendant les ténèbres, à la bonne heure; mais il passerait à bon droit pour un insensé s'il voulait s'en servir en plein midi, par un soleil radieux. Que ceux qui sont aveuglés au point de ne pas connaître Dieu mendient aux créatures le peu qu'elles peuvent leur offrir, cela s'explique d'une certaine manière; mais que celui dont la raison n'est pas obscurcie, et qui sait ouvrir les yeux à la lumière, ne cherche pas en Dieu son bonheur, comment le concevoir?

Qui, s'il a un peu de raison, ne voit qu'en abandonnant Dieu pour se repaître des créatures, on fuit le bien de tous les biens, le bien suprême, le seul bien véritable, par conséquent, le bonheur pour lequel nous sommes faits?

Ne vous y trompez pas, vous crie saint Bernard, ne vous laissez pas séduire au point de croire que votre âme n'ait pas autant de plaisirs dans les joies spirituelles que dans les sensations du corps. Les plaisirs de l'âme, c'est Dieu même, et Dieu n'aurait pas le pouvoir de donner autant de joie à votre cœur que la chair d'un animal mort en

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