III. — Ou EST LE BONHEUR
Quand on ne trouve dans le ruisseau que de l'eau bourbeuse, incapable d'étancher sa soif, on remonte à la source pour s'y désaltérer à l'aise. Les créatures sontde petits^ruisseaux plus ou moins fangeux, et incapables, nous l'avons compris, d'apaiser notre soif de bonheur. Remontons à la source d'où elles découlent. Pas une d'entre elles qui soit nécessaire : elles naissent, elles meurent, elles passent et repassent sous nos yeux, se succédant les unes aux autres, et elles sont dans un perpétuel changement. Elles ne sont donc pas le bien stable, fixe, immuable, infini, que nous poursuivons. Voilà pourquoi celui qui s'appuie sur elles tombe avec elles ; car elles sont fragiles et se brisent comme le verre. Elles n'ont pu se donner à elles-mêiges l'existence; car avant d'exister elles n'étaient rien, et le rien ne peut rien faire. Elles la tiennent donc d'un autre, auquel elles doivent tout ce qu'elles ont de beau, de bien et même tout ce qu'elles ont d'être, puisque sans lui elles ne seraient pas. Cet autre, c'est Dieu^ le Créateur de toutes choses, TEtre des êtres, l'Etre essentiel, qui subsiste par lui-même, tandis que les créatures n'ont qu'un être emprunté. Dieu n'a besoin de rien recevoir de personne, et il donne à tous avec abondance; en donnant il ne s'appauvrit pas, car ses trésors sont infinis. Il est le réservoir inépuisable de toute bonté, de toute beauté, de toute richesse»