XXII INTRODUCTION
Pour chercher Dieu et trouver en lui le bonheur, il faut donc le connaître. Mais peut-on l'ignorer? Pour connaître le soleil, il suffit de ne pas fermer les yeux. Et si le soleil se fait voir clairement par les rayons de sa lumière, le Créateur ne se manifeste-t-il pas aussi clairement par le soleil luimême, par tous les astres du firmament, par les productions variées de la terre, toutes choses qui ne sont que des rayonnements de sa puissance, de sa bonté, de sa beauté. Mettre -Dieu en doute, c'est dire qu'il y a des effets sans cause, des maisons sans ouvriers pour les construire; et certes, il serait moins alDsurde de supposer qu'une montre s'est faite sans horloger, que de penser que l'univers avec sa magnificence, sa prodigieuse étendue, sa merveilleuse harmonie, s'est fait sans l'action d'une intelligence infinie, car que sont les chefs-d'œuvre des hommes comparés au monde ? Aussi voyons-nous que tous les peuples, tant civilisés que barbares, ont connu et honoré, dans tous les âges de l'histoire, une divinité suprême. C'est se mettre en dehors du bon sens universel que de ne pas reconnaître Dieu. L'impie est un enfant qui se fatigue à se persuader qu'il n'a pas de père, afin de voiler sa honteuse ingratitude envers lui. En renonçant au sentiment religieux qui est le propre de l'humanité, il descend au niveau de la brute qui, dépourvue d'intelligence, n'a jamais connu Dieu. Ainsi s'accomplit en lui la parole des Saints Livres : L'homme était élevé