INTRODUCTION XXIII
en dignité, puisqu'il pouvait connaître son Créateur, et le bénir; il n'a pas compris ce qui lui faisait honneur, il s'est mis au niveau des bêtes de somme et il leur est devenu semblable. Ce n'est même pas assez dire, car les animaux ne sauraient être coupables, en ignorant leur Créateur, qui ne leur a pas donné la raison; mais l'homme, qu'il a fait religieux par là même qu'il l'a fait homme, en cherchant à ignorer, ou en feignant de ne pas connaître Dieu, joint à la stupidité de la brute la malice du démon qui a refusé de se soumettre à Dieu.
Il croit peut-être honorer assez son intelligence en l'appliquant à la culture des sciences humaines et des arts dont il est fier. Mais quelle science que celle qui ne connaît ni le commencement ni la fin de toutes choses, qui ignore, par conséquent, jusqu'à l'alphabet de la vie? Elle l'occupe, mais elle ne le remplit pas; c'est un amusement qu'il s'accorde pour chasser, selon le langage de Bossuet, l'inexorable ennui qui fait le fond de la vie humaine, depuis que l'homme a perdu le goût de Dieu. Cette science qui exclut Dieu est une insulte au Créateur. Elle a pour objet la matière, les astres, la terre, les minéraux, les liquides, les gaz, l'électricité, etc., elle s'y concentre, et elle regarde le Créateur comme une quantité négligeable qui ne vaut pas la peine qu'on s'en occupe. A ses yeux, ce serait perdre son temps que de consacrer quelques heures à étudier celui aui est