V. — Ou PUISER LA CONNAISSANCE DE DiEU
La connaissance de Dieu, telle que l'ont eue les païens, qui, au témoignage de saint Paul, ont connu Dieu sans le glorifier comme tel, connaissance qu'ils ont acquise seulement par le raisonnement, en contemplant les merveilles de la nature, suflit-elle à nous rendre parfaitement heureux? Non, assurément. L'histoire nous en fournit une preuve convaincante. Les philosophes de l'antiquité, en reconnaissant l'existence de Dieu, sont tombés sur sa nature dans des erreurs élranges. Ils n'ont pas eu de la divinité des idées dignes d'elle, et au lieu de lui rendre gloire par une vie honnête, ils se sont abandonnés à toutes sortes de vices. La raison de l'homme est obscurcie par le péché, et il lui est moralement impossible d'éclairer assez ceux qui n'ont pas d'autre lumière, pour qu'ils tendent vers Dieu de tout leur cœur et ne s'égarent pas en route. On prête au maître de la philosophie antique, Aristote, ces dernières paroles : « J'ai vécu dans le doute, je meurs dans les angoisses, je ne sais où je vais. Être des êtres, ayez pitié de moi. » Puisque le bonheur est en Dieu seul, et que notre raison ne nous le fait pas assez connaître pour que nous l'y trouvions, nous avions grand besoin d'une autre lumière plus éclatante pour nous le découvrir et diriger nos pas. Aussi Dieu, qui est riche en miséricorde, voyant l'infirmité de notre intelligence, nous a appelés à