INTRODUCTION XLI
l'amitié de Dieu, qui nous donne part à ses dons célestes, qui nous rend possesseurs du Bien souverain et éternel? Avec lui, on peut se passer de tout le reste; et à quoi sert tout le reste si Dieu nous manque? Lui être uni par l'amour, c'est le bonheur souverain; être séparé de lui, c'est le malheur suprême du temps et de l'éternité. Apprendre donc à aimer Dieu, c'est enseigner aux hommes l'art d'être heureux; c'est ce que fait la religion catholique,
« Elle ne nous impose, dit saint Alphonse de Liguori, d'autre commandement que celui d'être toujours heureux, et d'autre défense que celle de nous rendre pour toujours malheureux : elle nous prescrit de nous procurer une félicité éternelle et nous interdit de tomber dans des supplices éternels. En nous commandant d'aimer Dieu de tout notre cœur, elle nous commande d'être heureux en cette vie et en l'autre. Dieu est notre fin dernière et c'est en lui que réside tout notre bonheur,' de sorte qu'en aimant Dieu nous aimons celui qui seul peut nous rendre heureux. Il veut que nous n'aimions rien en dehors de lui, et il nous avertit que, hors de lui, aucun objet ne peut nous satisfaire. Il veut notre cœur tout entier, encore une fois, parce qu'il désire nous voir pleinement heureux. Autant nous donnons d'amour aux créatures, autant nous perdons de bonheur; et c'est ainsi que le précepte d'aimer Dieu de tout notre cœur renferme tout notre bonheur complet.