XL INTRODUCTION
irréparable; il ne l'aime pas et ne l'aimera jamais.
La connaissance qui ne fait rien pratiquer n'a pas plus de valeur que les rayons du soleil sur les sommets des montagnes, où ils ne font pas même pousser un brin d'herbe; mais la connaissance pratique est semblable à ces rayons bienfaisants qui échauffent les vallées et leur font produire de riches moissons.
Le propre de l'amour est d'attirer en quelque sorte en nous l'objet de nos affections, de nous donner à lui sans partage et de vouloir le posséder complètement, de manière à ne faire, en un mot, qu'un avec lui. Quand donc, nous portant vers Dieu dont la foi nous fait bonnaître les amabilités suprêmes, nous l'aimons de tout cœur, comme il le mérite, nous nous élevons à Dieu, nous l'appelons en nous; car il a dit lui-même : J'aime ceux qui m'aiment, et Jésus-Christ ajoute : Si quelqu'un m'aime, mon Père l'aimera, et nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure. Le cœur qui aime Diea devient donc le sanctuaire où Dieu réside. Il peut dire : Mon Bien-Aimé est à moi et je suis à lui, je le tiens, je ne le lâcherai pas. Il possède donc le trésor du ciel et de la terre. Si le bonheur est quelque part, il est là. Quelle fortune aux yeux du monde de jouir de l'amitié des grands de la terre, de pouvoir puiser à Taise dans leurs trésors, de partager leurs honneurs, leurs plaisirs, leurs fêtes I Qu'est-ce que cela aux yeux de la foi et même de la raison, en comparaison de