‹ L'art d'être heureux [microform]Chapitre 37 sur 121 · VII. — La science des saints · texte numérisé non relu

VII. — La science des saints

« Comprenons bien, dit encore saint Alphonse de Liguori, que les vrais savants sont ceux qui savent s'assurer l'amitié divine et le paradis. Telle est cette science des saints que, selon le Sage, Dieu donna au patriarche Jacob, et qu'il accorde à quiconque la lui demande. Prions-le donc sans relâche de nous la donner aussi. Savoir aimer Dieu et sauver son âme, savoir entrer dans la voie du salut éternel et prendre les moyens d'y parvenir, oh! la belle science! Entre tous les

INTRODUCTION XLIH

traités écrits par les savants, aucun n'est si nécessaire qu'un traité sur l'art de sauver son âme. Quand même nous saurions tout, hormis la manière de faire notre salut, toutes nos connaissances ne seraient d'aucune utilité, puisquenous n'en serions pas moins malheureux à jamais; par contre, fussions-nous ignorants sur tous les autres points, si nous savons aimer Dieu nous serons à jamais heureux. De même que, dans le ciel, les Bienheureux ne sont pas bienheureux parce qu'ils connaissent les créatures, mais seulement parce qu'ils connaissent Dieu; ainsi, dans ce monde, l'homme ne saurait être heureux, saint et parfait par la connaissance et par l'amour des créatures, quelles qu'elles puissent être, mais par la connaissance et l'amour de Dieu. Saint Thomas dit excellemment qu'il y a plusieurs fontaines où les hommes ont cherché à étancher la soif et le désir naturel qu'ils ont de savoir. Les éléments du monde et le ciel sont de ces fontaines; les corps, les plantes, les animaux, les hommes, les anges en forment d'autres; c'est à ces fontaines que les philosophes, les mathématiciens, les géomètres, les médecins, ont hu diversement, et avec une grande avidité; cependant ils n'ont point étanché leur soif, parce qu'il n'est pas possible, dit le saint Docteur, que la connaissance d'aucune créature puisse contenter l'esprit humain. L'un d'eux disait: J'ai couru avec une soif brûlante à ces fontaines; mais parce qu'elles ne contiennent pas le souverain

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