XLIV INTRODUCTION
Bien, ni la première vérité, elles ne peuvent nous désaltérer. Élève-toi donc plus haut, homme créé à l'image de ton Dieu, et dis : Mon âme a soif de Dieu, abondante fontaine d'eau vive, source inépuisable de toute vérité. C'est à cette fontaine qu'il faut aller boire et noyer la soif que nous avons de savoir, parce que nous y trouverons tout ce que nos esprits et nos désirs les plus ardents pourraient souhaiter, et mille fois davantage. C'est ce qui a fait dire à saint Augustin : « Malheureux celui qui sait tout et qui ne vous connaît pas; heureux qui vous connaît et ignore tout le reste! Celui qui vous connaît, et avec vous les créatures, n'est pas plus heureux à cause de la connaissance des créatures, mais uniquement à cause de vous, si, en vous connaissant, il vous honore comme son Dieu. »
Quand vous seriez aussi grand poète que Virgile, aussi éloquent que Cicéron; quand vous pénétreriez aussi avant dans les sciences naturelles qu'Aristote, et que vous auriez seul autant de science que tous les hommes savants ensemble, si vous n'avez la science de Dieu, vous n'avez pas encore vu la face du roi, vous n'êtes encore qu'à la porte de son palais. C'est pourquoi cherchez cette face, demandez cette science.
■ Saint Paulin, écrivant à un savant nommé Aper, qui s'était fait religieux, lui dit avec raison que ceux qui s'éloignent de .lésus-Christ qui est là vérité, doivent nécessaii'ement demeurer dans