I. — Nous SOMMES FAITS POUR LE BONHEUR
Saint Augustin, qui lirait parti de tout pour le salut des âmes, raconte que, de son temps, un charlatan, qui avait dressé son théâtre en pleine rue, promit à ses auditeurs que, jour suivant, il devinerait les pensées et les intentions de tout le monde. Le lendemain, qui était un jourdemarché, il leur dit : « Vous êtes venus sûrement avec l'intention de vendre au plus haut prix et d'acheter au meilleur marché qu'il vous sera possible. » Il disait vrai, remarque le saint Docteur; mais sa proposition eût été plus vraie et plus générale encore, s'il eût dit que le désir et l'intention, non seulement de ceux qui étaient là présents, mais de tous les hommes, est d'acquérir la félicité, le bonheur.
Le désir du bonheur est en nous, malgré nous; nous ne pouvons nous en défendre, car il fait partie de notre nature que nous sommes impuissants à changer à notre guise et qui nous porte nécessairement à chercher à être heureux. Nous sommes libres» il est vrai» de nous égarer en le