X INTRODUCTION
cherchant; nous pouvons prendre un bien apparent pour un bien réel, ou même un mal pour un bien'; mais même en choisissant le mal, nous l'envisageons comme une sorte de bien que nous voulons nous procurer, et par lequel nous voulons apaiser la faim de bonheur qui nous dévore. C'est le bonheur que l'avare demande à For et à l'argent, que le voluptueux réclame aux jouissances de la brute, que l'ambitieux poursuit dans la recherche des honneurs et des dignités; c'est la soif du bonheur qui arme le bras du vindicatif d'un poignard homicide, qui pousse les brigands de grand chemin à dévaliser les passants et la demeure paisible du laboureur. L'homine est fait pour être heureux, et sa volonté le porte nécessairement vers le bonheur, et pourtant sa courte vie est remplie d'amertumes ! Combien qui n'ont jamais connu le bonheur! Hélas! ils ne savent mêine pas où il se trouve, comment pourraient, ils l'atteindre? Nous pouvons les comparer à un tireur qui ne voit pas le but : comment y viserait-il juste?— à celui qui chercherait un trésor sans soupçonner où il est enfoui, il risquerait de fouiller inutilement la terre pendant toute sa vie. Ce serait donc rendre un service à tant de misérables que de leur apprendre l'art d'être heureux, et de leur indiquer du moins clairement où le bonheur 3e trouve, afin qu*ils ne consument pas sans profit leurs peines et leur temps à le chercher en vain.