‹ L'art d'observer en geologieChapitre 22 sur 41 · CV · texte numérisé non relu

CV

en cniicr îc caroonate de chaux ues coquilles, 'V e qii’i> aurait

souvent dans la nature, et à le remplacer dans le , ainsi qu«

laissé, par de la silice ou d’autres substances. Cc * .^ S jels l° s gra " & tout ce qui tend à expliquer par des moyens « ,u

r>ES DÉBRIS ORCANIQüES.

• fCk'TlOÎ’ *

92 F ° S ' noparticnnent à ce qu’on pourrait:

. la nature, »1 r. , as cnC orc cté étudiée» Or,

So S i. «P^'S.’br.nchc .. ^ t

avec l'attention q«« minérales composant des rochca

o. Parmi les SUbSt .!. n originc chimique, le calcaire est c<

on peut assigner

Cf, a

celle qui co....*— - ar faitement, «. «»*“ — <| t - — o rga .

niques se conserve» * er partout où des eaux fortement J * Ô *S Ca |.

cairesque l’on voit se t cet ac jd c , de sorte que le 1 '''ignées

d’acide carbonique P j'jffiord tenir en solution, se °®o*e de

chaux qu’elles pouvaicn rencontrc Dcs substances o* ft M'" 0 sur les substances 9 „„„c/.rvées dans une matï a. 1 ques se

issigner une o»8^ 0I . gan j fl ucs. Les dépo v

contient 1° P parfaheine nt, en général, dans les ,

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eloiu»ées et conservées dans une mati£ I> J lH ï ,, es se trouvent ainsi env 1 | j dureté et de solidité, suivant j ficaire

"”c,V« l’on appelle ^ «.bManeoa q , 10

plonge sont simplement incrustées par un depAt de mat.er Cs terreu»/ ordinairement de carbonate de chaux; dépôt qui provient soit de h

** . . - , — soit de I a

a l’aide de laquelle l’eau tenait C cs matières

ordinairement

perle de la substance « — . — ... ancres

en solution, soit de l’évaporation de I eau elle -meme. On reconnaît facilement que ccs sources cimentent en une masse solide , q u ; s’accroît sans cesse, une quantité de plantes, de toqui es Ici rostres, d’ossements et de cailloux. L’observateur devra surtout porter son attention sur les étangs ou petits lacs formés par des eaux chargées d’acide carbonique, et contenant du carbonate de chaux en solution; et reconnaître la manière de laquelle les débris organiques s’y trouvent souvent enveloppés par un dépôt calcaire. Les eaux courantes laissent déposeraussi du carbonate de chaux sur le fond de leur lit, d ans

de.»

iermiso, un ummiuic uc ...,

^■Ltanccs favorables. Lorsqu’un observateur rencontre un de ccs calcaires qu'on appelle communément 7 rtivertm, il devra

xdiuiia-n qu oïl uppcaiv u uevPj

tacher de reconnaître sa valeur géologique, en notant les débris organiques qu'il renferme, ainsi qu e s011 étendue, son épaisseur, ses caractères généraux, et son importance relativement aux masses minérales qui composent le sol de la contrée

x-uiujiuscm IC SOI UC w vv.

p. Il est tics sources dites minérales, qui laissent déposer d’autres substances, telles que de la silice, du sulfate de chaux; on notera

“ — -*“*.*^, .eues que etc la silice, uu s.ii.aie ue enaux; on notera la manière dont ces substances enveloppent les restes d’animaux et de végétaux, l’importance relative des substances précipitées, et fo«

l’importance relative des substances précipitées, et les circonstances qui en accompagnent le dépôt.

r/. On admet qu'j| se forme aujourd’hui sur plusieurs points sous ! nicr dc grands dépôts calcaires qui enveloppent des débris organiques. Il est difficile d’en avoir des preuves directes, autrement qu^cn exaniumit si l’eau de la nier laisse déposer du carbonate de chaux

< r O®SlUSYnOI 1 DES DEBRIS ORGANIQUES. 93

" lf,s ddbri8 d’animaux et de végétaux qu’il pourrait

Wcl u b "* peU dc docU,ncnts 8«r ce sujet; mais on a

■ marines et des coraux cimentés par une matière

^’eloppcn

C ^ C> Parait un i >rodvi it de la période géologique a / • lrf)l, vé aussi au fond de la mer des pierres et du sable §• ^ !llt '*’ l'ai’ du carbonate dc chaux , qui s’y formerait actuellement, que c f >0nCl P 08 sa *' ns contenus dans la mer actuelle, sont les mêmes caler* UV mcrs dans lesquelles se sont déposées tant dc masses : ..- ,re . S Pairies de coquilles marines, etc. , on ne voit pas de raison

a priori pour que des dépôts analogues n’aient point lieu dc nos jours. On devra apprécier les diverses circonstances qui sont nécessaires pO air qu’un dépôt calcaire puisse se produire sous une mer contenue! t les mêmes principes salins que l’Océan actuel, et tenir compte <1° l’existence des animaux dont les parties solides pourraient l>ar la s ll *tc sc trouver enfouies dans un tel dépôt.

r. H est des personnes qui regardent les récifs dc corail comme ayant xmc très-grande étendue, c’est-à-dire comme recouvrant une surface sous-marine considérable d’une couche de matière calcaire forn\^. e dos parties solides des polypiers cimentant des coquilles et autres parties solides d’animaux marins. D’autres personnes croieut yi/’au lieu dc recouvrir sans interruption des surfaces étendues, ces uc forment que des lambeaux isolés, à la cime de montagnes s <Vy 3s . mar in&s , ou s’étendant parallèlement aux côtes. 11 u’est guère q > y^ ic les officiers de marine qui aient l’occasion d'étudier les diverses ‘Conditions sous lesquelles se forment les récifs et les bancs de corail, «~iu dc recueillir des données sur la profondeur à laquelle peuvent >vivrc certaines espèces de polypiers , sur l’étendue des récifs et sur les autres circonstances analogues. Il serait à désirer, si un observateur n’est pas en état dc distinguer lui-même les diverses espèces de corail, qu’il en recueillit des échantillons à diverses profondeurs sur le bord du récif, qu’il les enveloppât avec soin dans quelque substance capable d’en conserver dans leur entier les parties les plus délicates, qu’il y mit des étiquettes indiquant la localité et la profondeur auxquelles ils ont été pris ; en sorte qu’on pût les soumettre plus tard à l'examen de quelque naturaliste expérimenté.

X. Volcans. Les phénomènes volcaniques sont tellement frappants, qu’il est bien peu de personnes qui se soient trouvées près d'un volcan dans un momentd’éruption , sans en observer jusqu’à un certain point les diverses phases. Mais, à l’exception des observations faites par un petit nombre de savants, tout ce qui a été rapporté sur les phénomènes volcaniques n’a que peu dc valeur, en ce qu’on a néglige eu général les faits les plus importants, qui seuls peuvent conduire

a Un Observateur doit, en premier du volcan ; il ne doit pas se borner perches »» omettront . meme, mais il doit comprendre i »" c ; lvC onstanc cs nnn volca-

étenduc du terrain environnant q« c oS é de ter'- - ncr avec

Si le volcan est situé dans un P^^i&és, il Réelles se relèvent niques, et que ces terrains soient . (lCS c i vérifier ssa j T c surtout le plus grand soin la position des en' cC11 trC. \l est n ^ can iqvic elle” de toute part vers le volcan comme montagne quelle cjnc

de ne point s’exagérer V 'importance ^

meme relativement aux accidents S ,‘éeUe du v°\ c ^ ’ r atart lks . puisse être d’ailleurs la grandeur caS ionncv l rC J ol» cr

laisser aller aux illusions que P c,lL c ourt dans c vo lcan \'' uS tions ou le danger personnel que ‘ falrC aitribucr ' ^ pensions

vations, illusions qui tendraient » 0 n ' c ra Pl'°' d’importance qu’il n’en a récllcnieu » l’imnortancc q" l ' n

du globe terrestre. , \ustc valent uC) ces' ‘ c

Le meilleur moyen de réduire a s. J v0 \can q« c cC volcan ,

observateur vient avoir attribuée a loque' su dimensions, c

tracer une coupe exacte du l ,a ) 9 ‘ ‘ j at is toutes et bori-

cn conservant une proportion ex» 1 aistai' cc 'S . ^ c0U pe d un

n’ayant qu’une même échelle P” 1 ’ rU 57, rC P rC

zontalcs. Supposons que dans a

Fig-

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ayant seize centi mètres

lUarantc mille mètres, £ v iJent q uC sl p, volcan P cn

ts mètres de hauteur, i de chaque c > ^ figure -'h cn

quarante mille métrés cn^ à dessein dan s voisine*.

te Importance qu’on 1* o g ccll e des de divers S.-U ^posant une hauteur 6 oll reiieon r y, fie la con,rtC

lorsqu’au lieu d’un volcan CT l'étendue a „ e tout le

ans , il faut toujours en r U . & roco unattre q ^produits

; l’on pourra arrner cxe mplc , ' ' s -UU ’ l ,1e s’cxagcr cr

- ,*cst composé, comme, par ^ fi u cra P- 1 ”

doues. UC celte manière

*2 a iv

VOLCANS

l’importance soit d’un volcan isole, soit d’un groupe de volcans; on ne risquera pas non plus de ne point donner à une région volcanique toute l'importance relative qu’elle peut mériter.

b. On a beaucoup discuté récemment si , avant qu’un volcan s'ouvre dans un terrain quelconque, les couches de ce terrain sont ou non relevées autour de l’orifice par lequel sc font plus tard les éruptions de matières volcaniques gazeuses, liquides et solides. On a donné le nom de cratère de soulèvement aux points que l’on suppose avoir été soulevés et disloqués par des forces agissant de bas en haut sur les couches .préexistantes , afin de les distinguer des cratères d'éruption, qui auraient été produits plus tard par les cendres, les lapillis et les laves rejetées par le volcan, qui sc dispersent en cène ayant au sommet une cavité en entonnoir, qui est maintenue ouverte par la force des vapeurs élastiques qui s'en échappent , en poussant devant elles les diverses matières volcaniques solides. D’autres géologues croient que l’on a pris pour des cratères de soulèvement do véritables cratères d'éruption ; ils expliquent les phénomènes qui s’observent , par le déplacement des orifices volcaniques , et en admettant que la force volcanique n’agit aujourd'hui que sur une petite échelle au centre d’un emplacement que le meme volcan a recouvert en entier, lorsqu’il était dans un état d’activité plus énergique, et que les matériaux qui formaient jadis le grand cène extérieur, dont on ne voit aujourd’hui qu’une partie, ont été dispersés dans une grande éruption volcanique.

l’our bien faire comprendre la théorie des cratères de soulèvement, supposons que a b, dans la figure 58, représente un terrain soulevé

VOLCANS

par une force, c, agissant do bas en haut avec une intensité capable de le fracturer. Dès que les vapeurs élastiques et les gaz auront une libre issue, ils accumuleront des cendres, des lapillis et des laves en forme conique, ainsi que le représentent les lignes pointillccs au-dessous du point v, et l’apparence générale du volcan à une époque donnée quelconque, dépendra de la quantité des matériaux volcaniques ainsi accumulés. I’our être mieux compris, nous avons supposé que les premières éruptions ont eu lieu sous la nier, de sorte qu’à une certaine époque donnée il a pu y avoir un volcan,/, formant une Ile , entourée par un amphithéâtre, gli, formant une seconde Ile circulaire. Il est évident que, par les accumulations successives de matériaux volcaniques, la cavité résultant de la fracture du terrain ab, pourra finir par être remplie, et le terrain ab lui-même recouvert par les substances dégagées par le volcan. La ligure 58 n’est qu’un cas particulier des diverses dislocations de couches avec lesquelles les cènes d'éruption peuvent se trouver en relation et auxquelles on peut donner

■ ) . en c par une crevasse qui n’a point soulevé les couches ab. Si de

représente le niveau de la iper, et qu’il se fasse des éruptions volcaniques par la crevasse c, les matériaux de ces éruptions s’accumuleront en forme- d’enveloppes coniques successives, jusqu’à atteindre une hauteur donnée quelconque, v. Si alors une grande explosion volcanique vient à enlever toute la masse représentée au-dessous de v par des lignes poiulillécs, et que le volcan continue au centre avec une activité moins énergique , on pourra avoir une lie volcanique

le nom de cratères Je soulèvement. I’our expliquer ce qu’est un simple cratère d'éruption , supposons que a b ( fig. 59 ) est un terrain percé

Fig. 59.

située au centre d’une autre lie circulaire , qui embrassera la première en forme d'amphithéâtre.

Volcans.

Avant d’appeler l’attention de l’observateur sur des faits particuliers , nous ferons observer d’abord que la disposition que présentent les couches disloquées de la figure 58, est assez fréquente parmi des terrains non volcaniques, tant sur de grandes échelles que sur des petites, cl que la supposition de couches ainsi disposées n’est nullement une chose extraordinaire en géologie. 1

c. L’observateur devra vérifier si , dans une région volcanique qu’il voudrait étudier, il existe des preuves d’un plongemcnt général des couches vers la circonférence de cette régiou, quelle que soit d’ailleurs son étendue. S’il parvient à reconnaître un tel plongemcnt, il cherchera à suivre le prolongement des couches, en distinguant si ces couches sont ou non volcaniques. Si le terrain se compose d’assises de roches ignées, telles que des trachytes, des basaltes, des conglomérats trachytiqucs ou basaltiques, et autres roches analogues, il devra reconnaître toute l’étendue de ces couches autour de l'orifice ou des orifices volcaniques; car, si ces couches se suivent sans autres changements de structure que ceux qui se voient sur des points peu éloignés de couches horizontales ; si elles ne sont interrompues que par des ravins rayonnant autour de l’orifice ou des orifices volcaniques comme centre, toutes les probabilités seront en faveur de l'existence sur ce point d’un cratère de soulèvement. Si le terrain qui environne une région volcanique était composé de couches sédimentaires, et que ces couches se relevassent aussi vers l’orifice ou les orifices volcaniques comme vers un centre, tout tendrait encore à prouver l’existence d'un cratère de soulèvement.

Si au contraire les assises, plongeant vers l’extérieur d’un district volcanique, sont composées simplement de cendres, de lapillis et autres substances incohérentes, dans lesquelles on trouve cà et là quelques parties solides, telles que pourraient les présenter des courants de lave, on aura un cratère d’éruption ; quoiqu’il puisse y avoir au-dessous, comme dans la figure 58, un cratère de soulèvement caché par les matières incohérentes. Nous ne voyons pas de raison cependant pour qu’il ne puisse y avoir un grand nombre de cratères d’éruption qui ne reposeraient point sur des cratères de soulèvement ; taudis qu’il y aurait en môme temps une quantité de cônes volcaniques prodirts par des éruptions successives, qui seraient supportés par des cratères de soulèvement , dont plusieurs ne seraient point visibles aujourd’hui. Les accumulations de cendres , de lapillis , et de courants de lave, qui composent les cônes volcaniques, ne sont autre chose que des amas de substances rejetées au dehors par les vapeurs élas-

Voyez les Recherches sur la partie théorique de la géologie, page 149.

VOLCANS

tiques et les gaz, sur les points où ces vapeurs et ces gaz réussissent à se faire jour. Il est évident que.de tels orifices peuvent aussi Lieu se trouver sur les grandes lignes de fracture qui existent à la surface de la terre, que sur les points où «les couches préexistantes ont été fortement arguées, de manière à prendre une figure approchant de l’hémisphérique, dont la partie moins résistante, c’est-à-dire le point central et le plus élevé, aurait été fracturée. L'observateur devra porter son attention sur les dimensions «le la cavité cratériformc qu’il a sous l«îsyeux; si cette cavité est fort considérable, comme celle, par exemple, de l’ilc de la Déception, dans la Nouvelle-Shetland du Sud 1 , qui a huit mille mètres de diamètre, il ne sera point probable qu’un tel cratère soit dû simplement aux éruptions du volcan , tandis que des cratères d’un diamètre de beaucoup inférieur peuveut être considérés comme cratères d’éruption , faute de preuves directes, qui manquent souvent dans les lies.

On peut concevoir facilement l’existence simultanée, sur une même ligne de fracture, d’un cratère de soulèvement ayant un cratère d’éruption à son centre, et d’un autre cratère d’éruption sans aucun indice d’un cratère de soulèvement. Supposons que a b (lig. (iO)

Fig. GO.

représente une partie d’une grande dislocation ou fracture, telle qu’il en existe sur plusieurs points de la surface terrestre ; et que a est le point où cette fracture se termine en une courbe, qui, étant dénudée suivant un plan horizontal, donne à l'affleurement des couches une disposition circulaire, que l’on a appelée cirque de soulèvement , lors- «pi’il en résulte des cavités de grandes dimensions. Si les vapeurs et gaz volcaniques qui tendent à s’échapper, réussissent à se faire jour sur ce point, il s’y formera probablement une accumulation conique de cendres, de lapillis et de lave, entourée par un escarpement circulaire, due, de couches plongeant vers l'extérieur, et en conséquence ori aurait un cratère d’éruption au centre d’un cratère de soulèvement

■ Journal of llic geographical society.

VOLCANS

préexistant. Que si les vapeurs et gaz volcaniques ont réussi à se faire jour aussi sur les deux points e et f de la ligne de dislocation, et qu’ils y aient accumulé des cendres, des lapillis et des laves, on y aura deux cratères d’éruption , sans aucun cratère préexistant de soulèvement, quoiqu’il soit facile de concevoir que les couches préexistantes tendraient à se relever de chaque côté vers la ligne de fracture. On peut im;upner aisément plusieurs autres irrégularités et courbures de la grande ligne de dislocation, qui pourraient donner passage aux produits volcaniques, de manière à accumuler un ou plusieurs monticules au centre d’un soulèvement des couches disposé eu forme de cratère indépendamment de l’action volcanique. D’un autre côté, l’action intérieure, se dirigeant plus particulièrement sur un point que sur un autre, pourrait soulever las roches supcrincombanlcs et former un vaste orifice cratériforme, dans le centre duquel pourrait s’accumuler par la suite un mamelon conique de cendres, de lapillis et de lave.

Nous voudrions que l’observateur s’appliquât à vérifier ce qu’il y a de probable dans la tendance des volcans à se placer sur des lignes de dislocation droites ou courbes. On a souvent regardé la lignades volcans du Mexique, qui va de l’Est à l’Ouest et comprend le volcau de Jorullo , qui s’est formé brusquement dans le dernier siècle, comme une grande dislocation de la surface terrestre, sur les points de moindre résistance de laquelle il s’est établi des orifices volcaniques.

d. L’observateur devra s’occuper des dimensions du volcan comparées à la violence de scs éruptions. Les éruptions volcaniques ont évidemment des degrés différents d’intensité ; mais il est facile de concevoir qu’une intensité donnée, produite par des circonstances données, peut être modifiée et diminuée par des changements survenus dans ces circonstances; en sorte que le maximum de l’intensité des éruptions d’un volcan peut être plus grand dans les premières périodes de son existence que dans les périodes suivantes ; car une tension donnée des gaz et des vapeurs élastiques, aura moins de résistance à vaincre lorsqu’une issue vient d’étre ouverte pour la première fois à ces fluides gazeux, que lorsque cette issue est encombrée par une colonne de laves , de lapillis et autres produits analogues, et entourée d’un grand amas conique de lapillis et de cendres, liés en un seul tout par des lignes rayonnantes de courants de lave successivement accumulés. Il s’ensuit que l’on aura, toutes choses égales d'ailleurs, un plus grand nombre de cônes latéraux subordonnés dans un volcan qui est depuis longtemps en activité, que dans un volcan qui se trouverait dans les premières périodas de son existence. Il est évident qu'on ne peut pas juger de l’ancienneté

VOLCANS

relative de deux volcans tels que l’Etna et le Vésuve, parce que l’un des deux sera plus grand que l’autre, et qu’il existera des cônes latéraux sur l’un et non sur l’autre ; à moins que l’on ne puisse démontrer que l’énergie de l’action volcanique de l’un est toujours égale à celle de l’autre, et que celte action accumule dans un temps donné des quantités de matière égales, qui donnent lieu à une égale résistance à l’exercice de cette action.

e. Il est très-important de se procurer de bonnes observations sur la composition chimique des diverses vapeurs et substances gazeuses qui se développent dans une éruption volcanique, ainsi que de celles qui s’échappent des crevasses et des fissures du cratère et des flancs de ce même volcan dans scs phases de moindre activité, c’est-à-dire pendant ce qu’on appelle son état de repos; ces observations peuvent conduire, en effet, à quelques données sur les causes de l’action volcanique en clle-mémc. On parait pencher maintenant vers la théorie qui attribue les phénomènes volcaniques à l’infiltration de l’eau de la mer, ou d’une autre eau tenant en dissolution les memes sels , jusqu’aux bases métalliques de certaines terres et alcalis'. Il est évident que pour éprouver la valeur de cette théorie , ou de toute autre opinion qui serait également fondée sur l’infiltration de l’eau jusqu’aux foyers volcaniques , il importe d’examiner les vapeurs et les gaz qui se dégagent des volcans situés à differentes distances de la mer ou d’autres grandes masses d’eau. Si l’observateur est chimiste, il procédera à cet examen de la manière la plus convenable pourassurer le succès de scs expériences ; s’il n’est pas versé lui-méme dans la chimie, il pourra au moins, en se conformant aux instructions suivantes, recueillir des gaz et des vapeurs qui pourront être analysés plus tard.

Il aura des flacons de verre à bouchons fermant très-exactement , et qu’il pourra mieux ajuster lui-méme eu les usant au moyen d'émeri trés-fin humecté d’eau. 11 remplira ces flacons d’eau de source (ou d’eau distillée, s’il en a sous la main), les videra aussi près que possible de l’orifice par lequel s’échappe la matière gazeuse , et les fermera avant de les retirer. Il aura eu soin d’oindre le bouchon de verre d’une substance grasse quelconque ; et ensuite il couvrira la ligne de jonction du bouchon avec le goulot du flacon, d’un enduit de cire fondue avec la moitié de son poids de résine ; pour plus de

* Il faut rapporter à l’Angleterre ce que l’auteur dit ici du penchant que l’on aurait à expliquer l’action volcanique par la théorie chimique de sir 11. Davy. Les géologues du continent, tout en rendant justice aux recherches du grand chimiste anglais , ne négligent cependant point les grands phénomènes dynamiques qui paraissent jouer un si grand rôle dam les effets de la volcanicité. ( Note du traducteur.)

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précaution, il assujettira le bouchon avec une forte ficelle. Dans la plupart des cas on peut se contenter de flacons pouvant contenir de deux à quatre onces d’eau ; mais si l’on en avait de plus grands sous la main , ils seraient à préférer. Si l’on ne peut se procurer des flacons à bouchon de verre, on pourra se servir de bouteilles ordinaires, avec des bouchons de liège; dans ce cas il faudrait d’abord rendre le bouchon plus souple en le frappant fortement entre deux pierres plates; et quand on aurait bien fermé la bouteille, il faudrait couper la partie du bouchon qui dépasse le goulot, et recouvrir le tout d’un enduit de cire et de résine, ou de cire à cacheter.

f. Si l’on peut approcher, sans trop de danger, du cratère d’un volcan pendant ses éruptions, il faudra recueillir, à plusieurs reprises, les gar et les vapeurs qui s’eu exhalent , afin de vérifier s’il se fait quelque changement dans la nature et les proportions des substances qui entrent dans leur composition. On croit généralement que, s’il se dégage de l’acide carbonique dans un volcan , c’est vers la fin de quelque éruption considérable que ce dégagement a lieu.

g. On devra recueillir avec soin , lorsque la chose est possible, les diverses sublimations qui se rencontrent dans les fissures ou sur les parois des cheminées volcaniques, en renfermant dans des flacons à bouchon de verre bien cacheté , les produits sujets à tomber en déliquescence, ou à s’altérer par l’action de l’atmosphère ; en sorte que, lorsqu’on voudra les analyser plus tard , ccs substances soient , autant que possible, dans le même état que lorsqu’oiflcs a recueillies prés de l’orifice du volcan. La comparaison de tels produits recueillis dans, différents volcans diversement situés, donnerait des lumières qui pourraient mettre sur la voie d’une véritable théorie volcanique.

h. Quant aux roches à l’état de fusion liquide, c’ést-à-diro à la lave rejetée par un volcan, sa composition chimique et minéralogique dépendra nécessairement d’une foule de circonstances que l’on ne peut guère avoir l’occasion d’observer. Les caractères principaux de la lave seront ceux de la masse de laquelle elle tire sa source, soit que cette masse se compose des oxides de certaines terres et alcalis, qui viendraient de se former par le contact de l’eau qui aurait pénétré jusqu’à leurs bases métalliques, ou d*unc matière dont la liquidité ignée serait duc à une autre cause. La profondeur de laquelle la lave provient en général, est probablement de beaucoup inférieure à la surface des roches qui forment l’orifice par lequel elle s’épanche. On peut rechercher cependant s’il y a quelque analogie entre la composition chimique des laves sortant d’un volcan donné, quelconque; et celle des roches qui forment la surface générale du pays. Quelques volcans rejettent des fragments de roches qui sont évidemment ideu-

VOLCANS

tiques avec celles des terrains qui les environnent. Ainsi le Vésuve a rejeté des fragments calcaires de mcinc nature que les couches des montagnes calcaires voisines, de sorte que la cheminée volcanique doit probablement traverser la continuation souterraine de ces couches , dont quelques fragments sont arrachés accidentellement par le volcan. Si ces fragments n’étaient pas immédiatement rejetés, ils se fondraient probablement dans la masse générale de la lave, l’acide carbonique se dégageant ; et la chaux, qui se combinerait avec la silice, rendrait cette masse entière plus facilement fusible par la présence d’une plus grande quantité de silicate de chaux. Plusieurs schistes argileux et autres roches ayant les caractères minéralogiques de la gramvackc , peuvent, avec quelques précautions, être convertis en ponces dans nos fourneaux; de sorte qu’on peut présumer que les pouces des volcans éteints des bords du Rhin, ont fait partie jadis du terrain de grauwacke des contrées voisines, et que les roches en ont été converties en ponce par la chaleur, il ne faudrait pas croire cependant que toutes les pierres ponces aient une origine semblable.

/. 11 serait à désirer qu’un observateur recueillit des échantillons bien caractérisés des divers courants de lave vomis par un même volcan à des époques différentes, de manière à ce qu’on pût reconnaître s’il y a quelque différence chimique sensible dans leur composition , différence qui put conduire à montrer que les conditions sous lesquelles se produit la lave d’un volcan, ont subi quelque variation depuis que ce volcan a rejeté, pour la première fois, des roches à l’état de fusion ignée.

k. 11 serait à désirer aussi que l’on observât dans les conglomérats volcaniques anciens qui peuvent se trouver près d’un volcan qui rejette aujourd'hui des fragments de roches non volcaniques , si de semblables fragments ne seraient pas plus fréquents dans ces anciens conglomérats que dans ceux qui peuvent se former aujourd’hui autour du même volcan ; car, s’il en était ainsi, il devrait y avoir eu un changement dans les circonstances qui amènent un volcan à rejeter des fragments de roches non volcaniques. On conçoit facilement que, lorsque des substances volcaniques se font jour pour la première fois par une cheminée qui traverse un terrain non volcanique, elles auront plus de tendance à chasser devant elles des fragments de roches préexistantes, que lorsque le passage continué des matières volcaniques aura détruit toutes les aspérités de la cheminée. Que si , au contraire , on ne trouvait point de fragments de roches non volcaniques dans lus conglomérats anciens qui peuvent entourer un volcan qui en lancerait aujourd'hui par son cratère, il y aurait dû avoir aussi quelques variations dans le régime intérieur de ce volcan.

VOLCANS

variations qui seraient dues à d’autfes causes que celles qui auraient pu produire l’effet que nous avons indiqué plus haut comme probable.

/. On devra noter les distances auxquelles sont portés tout autour d’un volcan , lors de ses éruptions les plus violentes , les fragments de roches, la lave liquide, les lapillis et les cendres, afin qu’on puisse bien apprécier les caractères du dépôt qui en résultera, soit que ce dépôt se fasse sur un sol découvert, dans un lac d’eau douce, ou bien dans la mer. Il est bien reconnu que les cendres les plus légères peuvent être transportées par les courants aériens à des distances considérables. Il serait à désirer qu’on vérifiât la composition chimique de cette matière volcanique très-atténuée, afin de reconnaître les changements qu’elle pourrait subir ou occasionner plus tard, soit qu’elle tombe sur la terre ou dans les eaux.

m. On devrait examiner avec soin les vapeurs et les gaz qui se dégagent dans les solfatares (nom générique que l’on applique à tous les dégagements de substances volcaniques gazeuses , d’après la solfatara de Naples), et noter les effets chimiques qui résulteraient de leur action sur les laves, les lapillis cl les cendres voisines. Les solfatares peuvent, jusqu’à un certain point, être regardées comme des volcans à un état de faible activité ; la quantité relativement peu considérable de vapeurs et de gaz qui s’y développent, trouvant facilement à se dégager par une sorte de soupape de sûreté, il ne s’y fait point d’explosions de matières élastiques soumises à une haute pression, et par conséquent il ne s’y accumule point do substances solides chassées par ces explosions, qui, dans d’autres circonstances, formeraient autour de l’orifice un monticule conique ayant à sou sommet un entonnoir dont l’axe coïnciderait avec celui de la cheminée volcanique.

n. L’observateur qui étudie les parties intérieures d’un cône volcanique, mises à jour par une cause quelconque, y trouve fréquemment des portions de roches solides, coupant des assises de cendres, de lapillis et autres matériaux incohérents, ainsi que cela se voit dans la figure suivante (fig. 61) , dans laquelle a b représente une section

TREMBLEMENTS DE TERRE

horizontale des enveloppes eoifiqucs ou autres de cendres et de matières incohérentes diverses, traversées par des fdons de roches solides, edef. Ces filons de roches solides s’appellent des dykes volcaniques; ils résultent de fissures dans les assises ab (produites par les oscillations du sol du volcan pendant scs périodes d’activité), remplies par la lave liquide qui s’est élevée à travers ces fissures, ou y n été autrement injectée. L’observateur devra examiner la composition minéralogique de ces dykes de lave, et noter jusqu’à quel point les mêmes substances élémentaires ont pu se combiner ou se disposer différemment dans la matière des dykes et dans celle des courants de lave ordinaires du volcan , par suite des diverses conditions auxquelles ils ont été respectivement assujettis. Il devra observer aussi jusqu’à quel point les molécules des assises de cendres ou de lapillis voisines des dykes, et exposées à la chaleur de la lave qui a rempli les fissures de ces assises, ont pu être contraintes à prendre une position relative diverse de celle qu’elles occupaient antérieurement, et qu’elles conservent encore dans les parties de ces assises qui sont plus éloignées des dykes. Les modifications ainsi produites dans les assises incohérentes , sont quelquefois du plus grand intérêt.

XI. Tremblements de terre. L’importance géologique des tremblements de terre consiste principalement dans les élévations ou dépressions du sol qui peuvent en résulter, surtout si ces élévations ou dépressions ont lieu sur les bords d’un lac ou de la mer, ou bien en travers de la ligne de plus grande pente suivie par les eaux , et qu’il en résulte un changement dans la structure physique d’un pays. Il se produit quelquefois aussi des crevasses et des dislocations dans la surface solide de la terre.

a. L’étendue de la surface qui a été agitée par un tremblement de terre donné, est très-importante à connaître, car c’est là un des premiers éléments à prendre en considération lorsqu’on recherche la cause des tremblements de terre. 11 est évident que ce n’est point une seule personne qui peut reconnaître par scs propres observations l’étendue du sol agité par un tremblement de terre , mais les observations continuées de plusieurs peuvent amener à des données importantes. 11 est donc essentiel, pendant un tremblement de terre, que divers observateurs prennent sur différents points une série de notes semblables, toutes les fois que les circonstances se prêteront à ce genre de recherches.

b. On admet généralement que les secousses des tremblements de terre agissent suivant des ligues dirigées tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. 11 serait, en conséquence, à désirer de savoir si ces

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lignes font partie de grandes courbes, et ne paraissent droites qu’en raison de ce qu’on ne les observe à la fois que sur des distances relativement peu étendues, ou si ce sont réellement des lignes droites par rapport à une direction donnée à la surface de la terre, et qu’on puisse suivre sur de grandes distances. C’est encore là une observation qui ne peut se faire que par le concours de diverses personnes. M. Babbage a suggéré un moyen fort simple, et qui nous parait sûr, de reconnaître la direction que suit un tremblement de terre. Ce moyen consiste à mettre dans un vase de verre de grandeur convenable, un liquide visqueux , qui , lorsque le vase reçoit du sol un mouvement latéral , y marque sur deux côtés opposés du vase l’ondulation à laquelle la secousse a donné lieu. La - direction du tremblement de terre sera donnée alors par une ligne passant par les sommités des deux courbes opposées, marquées sur les parois du vase 1 . Si l’on construisait, sur ce principe, des instruments entièrement semblables entr’eux, on pourrait reconnaître non-seulement la direction des tremblements de terre, mais encore, jusqu’à un certain point du moins, leur intensité relative sur différents points. Supposons que ab (fig. 6?), soit un

vase hémisphérique d’une grandeur donnée, en terre vernissée, ou en verre, suivant qu’on le jugera plus convenable, rempli jusqu’à la hauteur i l d’une substance liquide visqueuse qu’on croira la plus propre à remplir le but qu’on se propose. Que l’on marque dans

, ' Economy of Manufacturer ! , 2.* édition, page 58.

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l'intérieur du vase, depuis la surface du liquide jusqu’au bord supérieur, des lignes horizontales équidistantes, et que l'on fixe ce vase d’une manière invariable sur un piédestal vertical, c, fortement enfoncé dans le sol de, dans une cour ou un jardin, loin de toutes les causes qui peuvent produire des vibrations accidentelles dans une maison habitée, et à l’abri de la chute des édifices voisins, qui pourrait avoir lieu pendant le tremblement de terre. Il faudrait couvrir exactement le vase d’un disque circulaire de verre, f, afin qu’il ne puisse s’y introduire aucun insecte ni autre corps etranger ; et l’on pourrait utiliser ce disque en y traçant très -correctement les différents points de l’horizon , de sorte que la ligne nord-sud du disque se trouvât dans la ligne du méridien vrài du lieu de l’observation. On pourrait alors reconnaître de suite la direction de l’ondulation produite par le tremblement de terre, sans avoir à déplacer le vase. Pour mettre l’instrument à l’abri des actions météorologiques, on peut le recouvrir d’un couvercle conique, comme celui figuré en g. Un tel instrument ne coûterait presque rien , et on pourrait en avoir un grand nombre dans les pays sujets aux tremblements de terre. On arriverait par là à reconnaître non - seulement la direction des secousses, mais on pourrait, jusqu’à un certain point, juger de leur intensité, ou du moins de l’ondulation plus ou moins forte de la surface du sol qui aurait élevé le liquide visqueux renfermé dans le vase à une hauteur plus ou moins grande au-dessus de son niveau ordinaire.

c. Supposons maintenant que l’on ait placé sur un grand nombre de points des instruments comme celui que nous venons de décrire, ou autres pouvant servir au même usage, on aura le moyen de reconnaître si les secousses d’un tremblement de terre paraissent, comme dans la figure 63, avoir rayonné autour d’un point central, n.

à partir duquel leur iuleusité aurait été toujours en diminuant, ou

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bien si elles ont suivi une direction constante, comme celle ab dans la figure 64. Dans le premier cas on aura un centre de perturbation ,

Fig. 64.

et la cause du tremblement de terre aurait produit des vibrations autour de ce centre. Dans le second, rien n’indique qu’il y ait eu sur un point quelconque de la surface du globe , une action centrale qui ait donné lieu à des vibrations qui auront rayonné autour de ce point. 11 se peut que la vibration n’ait fait que parcourir une ligne de fracture préexistante dans l’écorce terrestre, sur laquelle une force agissant de bas en haut et située à de grandes profondeurs au-dessous de la surface, aura plus de facilité à agir, car elle rencontrera moins de résistance dans ces lignes de fracture que dans les parties de l’écorce terrestre qui n’ont point été ainsi accidentées. Comme nous ne voulons nullement appeler l’attention du lecteur sur une théorie particulière quelconque, nous le renverrons aux divers traités de géologie, dans lesquels il trouvera les differentes explications qu’on a proposées jusqu'à ce jour pour les tremblements de terre; il pourra choisir lui-méme celle de ces explications qui lui paraîtra offrir le plus de probabilité. 11 arrivera peut-être à conclure que les vibrations de l’écorce terrestre auxquelles on donne communément le nom de tremblements de terre , peuvent provenir de plus d’une cause. S'il en est ainsi , on doit s’attendre à trouver des différences dans lest effets de ces causes diverses ; et dès lors il faut s’attacher à observer les faits dans le plus grand détail, et avec tous les moyens en notro pouvoir ; ces faits , une fois bien classés et dûment comparés entre eux , pourront servir à la fin à fonder une véritable théorie sur l’origino des tremblements de terre.

d. Mais quelle que soit la cause de ce phénomène, les vibrations qui en résultent doivent ctre perturbées et modifiées par la nature des substances qu’elles auront à traverser. On devra donc examiner la compacité et les autres caractères des roches des régions exposées . „ aux tremblements de terre. Une force quelconque agissant avec une intensité donnée, peut produire des vibrations très-variées dans des

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terrains différents ; et, dans certains cas, cette force peut suffire précisément à produire des vibrations dans un terrain et non dans un autre, en sorte qu’il y aura tremblement de terre sur la direction de ce terrain et non sur celle d’un terrain différent. les effets résultant de cette cause dépendront en grande partie de la position relative des couches d'un terrain ; aussi cette position est-elle très-importante à observer.* Des couches placées horizontalement les unes au-dessus des autres, transmettront les vibrations qu’elles recevront d’une force ayant une intensité donnée , avec plus de facilité que ne le feraient les mêmes couches si elles étaient dans une position verticale; car, dans ce dernier cas, la résistance serait probablement plus grande que dans le premier. Soient abcd (üg. 65) quatre couches placées

Fig. G5. Fig. 66.

horizontalement les unes au-dessus des autres , et exposées à l’action d’une force latérale, e, elles opposeront moins de résistance à la vibration occasionnée par cette force , que si ces memes couches étaient dans une position verticale et enclavées dans des masses de terrains, f g (fig. 66), et que la même force latérale vint à agir sur ces couches dans la direction de l’œil du lecteur.

On devra chercher à vérifier s’il y a quelque coïncidence entre la direction générale des chaînes de montagnes et celle des tremblements de terre ; ou si cette coïncidence a lieu entre la direction dominante des tremblements de terre et la direction générale des couches d’une contrée dans laquelle le redressement de ces couches n’aurait pas produit de chaîne de montagnes. Cependant il faut se rappeler que la direction générale des couches d’un terrain peut être masquée à la surface terrestre par des accumulations plus récentes, et par conséquent il faut voir s’il est probable que ce terrain plus ancien se prolonge au-dessous des dépôts modernes suivant une direction donnée. Car , si la direction des couches des terrains stratifiés avait une influence sur la direction des secousses d’un tremblement de terre , et si la cause de ces secousses était située à l’intérieur de la terre , ce serait la direction des couches inférieures qui tendrait d’abord à modifier les vibrations qui devraient se produire dans celles qui leur sont superposées. Soit a b ( fig. 67 ) un terrain

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Fig. 67.

stratifié quelconque, appartenant au groupe de la grauwacke, par exemple, et dirigé de l’Est à l’Ouest, qui contiendra dans .une cavité en forme de grand 'bassin , une série de couches, ci, dit, e g, et f, disposées ainsi qu’ou le voit dans la coupc de la figure 68, dans

Fig. 68. ' ,

a e d e f B Af t, b

laquelle les mêmes lettres marquent les mêmes terrains que ceux du plan horizontal de la figure 67. Supposons que l’affleurement et la direction de ces couches plus récentes ci, dh, eg, et f, aillent à peu près du nord-nord-est au sud-sud-ouest. Si, dans cet état de choses , on trouvait que les secousses d’un tremblement de terre sont dirigées, au-dessus des couches ci, d h, eg, et f, de l’est à l’ouest, il ne faudrait point se hâter de conclure que ces secousses ne sont point influencées par la direction des couches , parce que les couches superficielles sont dirigées du nord-nord-est au sud-sud-ouest; car, dans ce cas, les secousses dont il s’agit, influencées par la direction des couches inférieures , auraient dû prendre la direction de ces couches, qu’elles auront conservée , même en traversant les couches plus récentes qui ont une direction différente.

e. Si l’on a quelque raison de croire que les secousses d’un tremblement de terre aient produit un soulèvement ou une dépression quelconque dans le sol d’une contrée, il faudra vérifier avec exactitude le changement de niveau relatif qui peut s’être opéré sur différents points. Le plus souvent c’est au niveau général de la mer qu’il est le plus facile et le plus sûr de rapporter les diverses oscillations du sol ; car , pour produire un changement de niveau sensible dans la mer, il faut des mouvements du sol sous -marin bien plus énergiques que ceux que l’on peut attribuer à l’action souterraine qui produit les tremblements de terre ordinaires, quelle que soit d’ailleurs la cause de cette action.

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L’observateur devra donc mesurer avec soin toute élévation ou dépression du sol produite par un tremblement de terre, en comparant les points qui auraient été déplacés au niveau moyen de la surface de la mer, avant et après le phénomène ; la différence exacte entre les deux hauteurs sera la mesure du changement de niveau produit par le tremblement de terre. Il est probable qu’en procédant ainsi et en tenant compte de la différence qu’il peut y avoir dans la hauteur des marées, et de l’influence des vents, qui, au moment de l’observation, peuvent occasionner une altération locale dans le niveau de la surfacc.de la mer, on finirait par trouver que les mesures que l’on a données des soulèvements et des dépressions du sol par suite des tremblements de terre, ont été souvent exagérées dans un sens ou dans l’autre. ^

U est nécessairement fort difficile de reconnaître les élévations ou dépressions du sol qui peuvent avoir lieu dans l’intérieur d’un continent, à moins que la hauteur absolue de plusieurs points de ce pays n’fit été déterminée exactement ; auquel cas les changements survenus dans les hauteurs relatives de ces {Uf%cnls points, donneraient la mesure de l’élévation ou de la dépression occasionnée par le tremblement de terre. 11 n’y a presque point de pays dont les diverses hauteurs aient été mesurées avec assez de précision pour pouvoir servir de point de repère dans de telles observations , quoiqu’il y ait sans doute des points de la surface terrestre dont la hauteur absolue est bien connue. Mais on peut, dans quelques cas, partir de la vitesse des rivières, qui est généralement assez bien connue par suite des usines auxquelles cette vitesse sert de moteur, pour constater les changements de niveau du sol, qui, donnant plus ou moins de pente au cours général des rivières, augmenteraient ou diminueraient leur vitesse. Il serait fort à désirer qu’on s’occupât d’avoir des données précises à cet égard ; car jusqu’ffci les calculs par lesquels on a voulu arriver à connaître le volume des masses du sol élevées ou abaissées par un tremblement de terre , n’ont point été appuyés sur des bases assez certaines ; et les chiffres auxquels on est arrivé peuvent être fort loin de la réalité.

f. Il serait très- difficile, en général, d’estimer la profondeur à laquelle une étendue donnée quelconque de côtes peut avoir été abaissée au-dessous du niveau de la mer par une succession de tremblements de terre, à moins qu’on n’ait des documents historiques suffisants pour une telle détermination ; mais si une côte qu’on sait avoir été soulevée par des tremblements de terre , présente une série de plages élevébs en terrasses les unes au-dessus des autres, et si on a la preuve authentique que la plage inférieure a été portée

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à sa hauteur actuelle par un tremblement de terre, on en pourra conclure la hauteur totale du soulèvement, par celle de la plus élevée des terrasses ; bien entendu qu’il faut tenir un compte exact de l’influence de toutes les causes qui peuvent avoir contribué au phénomène général observé.

g. Dans les cas où l’on suppose que le fond de la mer a été élevé par un tremblement de terre, si un volcan voisin était en activité pendant, le même temps, il faudra chercher à vérifier s’il ne serait pas tombé une quantité de cendres et de lapillis sur le fond de la nier qu’on suppose avoir été soulevé. On examinera en même temps la ligne du niveau de la mer sur la côte voisine ; s’il n’y a eu sur cette côte aucun changement de niveau relatif entre la terre et la mer, et qu’il y ait eu une chute considérable de matières volcaniques incohérentes dans la localité que l’on suppose avoir été soulevée, il est probable quo le prétendu soulèvement du fond de la mer attribué à un tremblement de terre, aura une tout autre cause. Sur les côtes sur lesquelles il n’y a pas eu de dispersion de matières volcaniques , il faut tenir compte des matières qui peuvent avoir été jetées sur la plage, et l’avoir augmentée par l'action des brisants , qui en général agissent avec violence pendant les tremblements de terre , et accumulent de grands amas de détritus sur les côtes, d’après le meme principe qui fait que leur action est plus . énergique pendant les ouragans qui soufflent vers la terre que dans les temps de calme. Les accumulations de mollusques vivants, de coraux, etc., qu’on peut trouver sur une côte à la suite d’un trem. blcmcnt de terre, ne sont point un indice certain du soulèvement de cette côte; car elles peuvent résulter encore de l’action extraordinaire des brisants, dont les vagues ont pu enlever la vase et le sable du fond de la mer, ainsi que les mollusques et les coraux qui y vivaient, pour rejeter le tout sur la côte. Nous désirons mettre sur ses gardes un observateur qui aurait à examiner un phénomène de soulèvement dont les circonstances seraient équivoques, et lui bien rappeler que dans de telles circonstances une simple augmentation de hauteur d’une plage donnée , une terrasse de coquilles marines vivantes, alignées le long de la côte, ne suffisent point, faute d’autres preuves plus décisives , à prouver qu’il y ait eu là une élévation du sol sous-marin , par suite d’un tremblement de terre.

h. On ne peut guère s’attendre à ce qu’un observateur conserve assez de calme , au milieu du danger qui l’entoure pendant un tremblement de terre qui produit des crevasses et des fentes dans le sol, pour songer à recueillir les gaz et les vapeurs qui peuvent s’échapper de ces crevasses. Mais il peut fort bien conserver le

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souvenir de l’odeur particulière qui s’exhalerait par ces fentes, ainsi que de toute apparence de flammes. On assure que l’on a vu quelquefois des flammes sortant de la terre pendant des tremblements de terre, et si l’on n’a point été, dans ce cas, trompé par de fausses apparences, il serait à désirer qu’on eût des données assez exactes sur ces flammes, pour tâcher d’arriver à en connaître la cause. On devra noter avec soin les diverses dislocations produites par un tremblement, de terre, et mesurer bien exactement le nombre de pieds dont un des côtés d’une fissure peut monter ou descendre par rapport à l’autre, tout en observant si un tel changement de niveau relatif dans les parois de la fissure, s’étend au sol environnant. On ne saurait assez recommander aux observateurs de mesurer exactement tous les accidents dus aux tremblements de terre, au lieu de se laisser aller aux termes généraux d 'énorme! de prodigieux! etc. , lorsqu’il ne s’agit peut-être entre les deux côtés d’une fente que d’un changement de niveau relatif de quelques pieds. Nous espérons qu’en général on voudra bien s’abstenir dans les descriptions géologiques, de toute épithète de ce genre , qui ne saurait donner aucune idée définie de hauteur, de profondeur, ou de distance, et qui ne conduit qu’à des notions vagues et le plus souvent fort exagérées de choses qui seraient très-faciles à mesurer. Nous avons mesuré une fois un abîme sans fond avec une ligne de sonde de quatre-vingt-dix pieds environ , et nous avons eu beaucoup de peine , ailleurs , à reconnaître la moindre trace de dislocations qu’on nous signalait comme énormes!

». On devra noter très-exactement la direction des fentes, ou des arêtes de soulèvement occasionnées par les tremblements de terre, et mesurer, s’il est possible, leur longueur et leur largeur. Il faudra vcriGer aussi si elles suivent des lignes parallèles les unes aux autres, ou bien si elles rayonnent autour d’un point central; et, dans le cas du parallélisme des fentes, si la dislocation du sol ne serait point analogue à ce qui se voit dans la coupe imaginaire ci-jointe (fig. Ci)),

Fig. 69.

dans laquelle la surface d’une plaine, a b, a été disloquée en lignes parallèles, c, d , e, f, de manière qu’il en est résulté trois cscaqicments et autant de dépressions du sol. On devra mentionner tous les changements qui résulteront des effets d’un tremblement de terre dans la structure physique d’un pays , qu’il s’y soit produit des

tàm

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collines, des vallons ou tout autre accident; et ne point oublier d’exprimer par des nombres, autant qu’il peut se faire, la grandeur de ccs divers accidents. Ainsi, au lieu d’apprendre que le cours d’une rivière a été arrêté par un tremblement de terre, qu’il en est résulté un lac, et que la rupture de ce lac pourra creuser des vallées, etc., nous pourrons savoir si cette rivière a été barrée par l’éboulement des parois d’un ravin dans lequel elle coulait, ou bien si cet effet a eu lieu par suite d’un soulèvement perpendiculaire au cours de cette rivière, et nous aurons dans les deux cas la hauteur, la largeur et la composition minérale de cette digue naturelle. Lorsqu’il se produit des accumulations d’eau par suite du barrage des rivières , si on a une description définie de leur longueur, largeur et profondeur, et par conséquent le volume de la masse d’eau accumulée, on sera à même de juger de la manière dont les eaux pourront s’ouvrir un passage au travers de la digue qui les retient ; et d’après la violence de ces eaux , déduite de chiffres positifs , on verra si l’on peut supposer que cette débâcle soit capable de creuser des vallées.

XII. Elévation ou dépression lente du sol sur de grandes étendues, non accompagnée de tremblements de terre ou de mouvements brusques de l'écorce terrestre. On a observé, depuis plus d’un siècle, qu’il s’opérait un changement de niveau relatif très-lent entre la surface de la mer Baltique et les eûtes de la Suède; et M. de Bûcha annoncé, depuis trente ans environ , que la surface de la Suède s’élevait lentement depuis Fréderickshall jusqu’à Abo , et que le meme mouvement s’étendait probablement jusqu’en Russie. Ce phénomène important a été suivi depuis quelque temps avec toute l’attention qu’il méritait, et on a annoncé que le soulèvement était plus considérable vers le nord que vers le sud de la presqu’île de Scandinavie.

a. Lorsqu’on a lieu de soupçonner une élévation lente du sol, il faut apporter le plus grand soin dans les observations qu’on fera pour vérifier ce fait, et surtout il faut tenir compte des circonstances locales qui peuvent influer sur les apparences du phénomène. 11 est évident qu’il faut d’abord commencer par établir et marquer convenablement sur des escarpements de rochers, ou sur d’autres surfaces également inaltérables , des points fixes qui indiquent la hauteur du niveau de la mer à une époque donnée quelconque. Ce n’est pas sans difficulté qu’on parvient à établir la ligne exacte de ce niveau, sur-

tout de ns les mers qui sont sujettes à la marée. En admettant même qqjW'elIet^des marées soit tel, qu’on puisse prendre sur une côte, quelconque une moyenne entre leurs hauteurs extrêmes, il arrive • bien rarement que ces hauteurs, extrêmes ne soient plus ou moins modifiées par une différence momentanée dans la pression de i’atmo-

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