‹ L'art d'observer en geologieChapitre 23 sur 41 · ÉLÉVATION OU DÉPRESSION LENTE DU SOL · texte numérisé non relu

ÉLÉVATION OU DÉPRESSION LENTE DU SOL

sphère, et par les vents qui peuvent souffler dans les environs et même à d’assez grandes distances de la localité qu’il s’agit d’étudier. Apres qu’il a régné pendant quelque temps un fort vent soufflant du large, il arrive souvent que la haute mer se soutient dans les ports au delà du temps déterminé par les calculs astronomiques , et qu’elle atteint jusqu’à deux et meme trois pieds au-dessus de la hauteur à laquelle elle serait arrivée, s’il n’avait pas soufflé un aussi fort vent de mer. Le contraire a lieu lorsque le vent souffle avec force de terre peiftlant quelque temps ; et ce qui est vrai dans le premier cas pour la marée haute, l'est également pour la marée basse dans le second. Ces effets sont eux-memes modifiés par los positions du soleil et de la lune par rapport à la terre et au plan de l’équateur, au jour de l’observation.

Suivant le capitaine Denham, la moyenne entre la haute et la basse maréo qui se suivent, donne constamment un meme niveau dans la même localité. Il faudra donc que les observateurs prennent la hauteur moyenne entre les points extrêmes de la marée pendant un calme aussi pial que possible , et qu’ils notent cette hauteur moyenne dans les points les plus favorables des falaises. Si on parvenait à obtenir ainsi un niveau exact de la mer, on aurait une donnée positive pour vérifier, par la suite, les changements de niveau relatif qui pourront avoir lieu sur les cèles d'une mer sujette à la marée.

b. Dans les mers qui n’ont point de marée sensible, telles que la Baltique et la Méditerranée, il n’en faut pas moins prendre toutes les précautions relatives à l’état de la pression atmosphérique et à celui des vents , pendant l’observation ; car on pourrait, en négligeant ces précautions, tomber dans des erreurs trcs-scricuses. Il est bien reconnu qu’un fort vent de nord-ouest continué pendant quelque temps, soutient les eaux de la mer Baltique deux pieds au moins au-dessus de son niveau ordinaire ; la mer Caspienne est de plusieurs pieds plus élevée à l’une de ses extrémités qu’à l’autre, suivant que le vent souffle avec force du Nord ou du Sud ; et l’on sait également que la hauteur de la mer dans les ports de la Méditerranée, dépend en grande partie du vent qui souffle au moment de l’observation.

C. En signalant ainsi les sources d’erreur à éviter dans ces observations, nous ne voulons nullement jeter des doutes sur la probabilité des mouvements graduels d’élévatiou et de dépression qui ont lieu aujourd’hui sur différents points de la surface du globe. Nous croyons , au contraire, que ces mouvements sont beaucoup plus généraux qMpn ne l’a supposé jusqu’ici , et nous avons énoncé plusieurs fois l’opinion que ces mouvements graduels d’élévation ou de dépression de i’ccorcc ■ solide du globe, sont nécessaires à l'explication d’un grand nombre

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