‹ L'art d'observer en geologieChapitre 25 sur 41 · ÉMANATIONS GAZEUSES · texte numérisé non relu

ÉMANATIONS GAZEUSES

foutes les notions qu’il pourra se procurer sur ecs conditions. De cette manière on peut espérer d’avoir finalement diverses séries de faits bien reconnus, et être, par conséquent, à même de juger nonseulement de la valeur relative de chacune des séries, mais encore de celle de l’ensemble général des faits. Nous mettrons encore l’observateur en garde contre une circonstance que nous avons trouvée fort importante dans la pratique* Lorsqu'on veut prendre la température d’une source, il faut enlever les terrains meubles, pour approcher autant que possible du point où l’eau sort des roches en place. Sans cette précaution on peut facilement commettre des erreurs de deux ou trois degrés; et c’est surtout dans les sources thermales qu’elle est nécessaire, particulièrement lorsque le volume d’eau n’en est pas fort considérable. 11 faudra chercher à introduire le thermomètre dans la fissure même de laquelle sort l’eau ; et si l’observateur peut disposer d’un de ces thermomètres dont la boule et une partie du tube font saillie au-dessous de l’échelle graduée, son observation en sera plus exacte encore.

XIV. Emanations gazeuses. On trouve des émanations gazeuses dans diverses régions que l’on ne pourrait point à la rigueur appeler volcaniques ; il se produit même de ces émanations sur des points fort éloignés de toute trace d’action volcanique, ancienne ou moderne. tes émanations sont des preuves d’une action chimique . qui s’exerce au-dessous de la surface immédiate de la terre, et il en devient très-important d’observer avec exactitude la nature des émanations et les conditions apparentes de leur existence.

a. Lorsque des jets de gaz s’échappent dans l’atmosphère, l'observateur devra recueillir soigneusement une partie de ce gaz de la manière que nous avons indiquée pour les gaz et les vapeurs qui se dégagent dans les volcans. Si les circonstances le lui permettent, il devra reconnaître la structure générale du pays environnant, afin de voir si l’on peut y trouver quelque indice de la cause de l’émanation qu’il veut étudier. Si, par exemple, le gaz qui se dégage était de l’hydrogène carboné, et si le pays environnant contenait des couches de houille, on ne s’éloignerait probablement pas de la vérité en admettant que ce gaz provient des couches de ce combustible. On a remarqué que le gaz inflammable se dégage souvent à la proximité de sources salées, et l’observateur devra porter son attention aussi sur cette circonstance. Les taises ou volcans de boue , ainsi qu’on les appelle, paraissent résulter d’une action chimique pendant laquelle il se fait un grand dégagement de gaz. Il faudra examiner toutes les circonstances de ce phénomène, et en recueillir avec un soin tout particulier les produits gazeux.

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