TROISIÈME PARTIE
applications de la géologie dans les arts.
I. Agriculture. II n’y a point de cultivateur un peu intelligent qui , dans un pays forme de couches d’une nature minéralogique diverse, ne sache, jusqu’à un certain point, par sa propre expérience , que la fertilité du sol végétal dépend de la nature du terrain que ce sol recouvre. Le fait en lui-mômc est familier à tout agriculteur, quoique le plus souvent il ne sache point se rendre compte des raisons de ce fait. Or, c’est précisément la connaissance de ces raisons qui fait qu’un géologue, qui aura étudié la structure minéralogique du terrain d’un pays quelconque, pourra dire que le sol végétal de ce pays sera plus favorable, toutes choses égales 'd’ailleurs, à un genre de culture qu’à un autre. 11 est des cas où les lignes de séparation des diverses cultures correspondent précisément à la ligne de séparation des terrains ; l’expérience ayant prouvé aux agriculteurs que le sol végétal qui recouvre les divers terrains est plus ou moins adapté à une certaine culture déterminée. La division que l’on fait ordinairement, à la campagne, des terres en fortes, légères, froides, etc., lient à la nature des couches dont ces terres recouvrent la surface.
Le terreau végétal résulte des portions désagrégées du terrain qui le supporte , mêlées à quelques fragments décomposés des végétaux qui ont cru à sa surface, et à quelques substances animales provenant soit des animaux qui sont venus se nourrir des produits végétaux du sol , soit des restes des insectes et des vers qui y ont vécu , et de la décomposition des restes de grands animaux , qui peuvent avoir péri à la surface du sol , et dont les cadavres n’ont pas été dévorés en entier par les animaux de proie.
La stabilité du sol végétal dépend de la position relative qu’il occupe (si, par exemple, il est situé sur les pentes rapides d’une colline ou sur une plaine presque horizontale) ; du plus ou moins de porosité ou d’imperméabilité à l'eau du terrain qui le supporte ( d’où il suit que le terreau végétal peut ou non être entraîné par
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les eau* lors des grandes pluies); du climat general du pays, surtout en ce qui regarde la quantité de pluie qui peut y tomber dans un temps donné ; et de la nature et quantité de la végétation • . qui le recouvre, et qui, suivant les circonstances, le garantit plus ou moins contre les diverses causes qui tendent à le déplacer.
Il est des végétaux qui croissent sans que leurs racines pénètrent dans le sol ; mais tout le monde sait que ce n’est là qu'une exception qui ne s’applique nullement aux plantes cultivées par l'homme, soit pour sa propre nonrriturc, soit pour celle de scs animaux domestiques. Si nous considérons les feuilles comme les poumons des végétaux , les tiges comme leur corps , et les racines comme leur bouche , il est évident qu’une plante ne peut point trouver la même nourriture dans deux terreaux qui varient essentiellement dans leur composition. Ainsi que les animaux, les piaules prospèrent, traînent une existence misérable ou périssent, suivant la nourriture qu’on leur fournit; et si un agriculteur veut faire croître une espèce de plante donnée dans une localité où elle ne peut se procurer la nourriture pour laquelle ont été copstruits scs différents organes , il est impossible que cette plante prospère. Maintenant, de même qu’un aliment quelconque convient à certains animaux et non à certains autres, de meme le sol qui nourrira certains végétaux , pourra ne convenir nullement aux autres. 11 s’ensuit qu’il faut qu’un agriculteur connaisse la nature du sol qui convient le mieux à la plante qu’il veut cultiver ; et puisque la nature du sol dépend surtout de celle du terrain qui le supporte, et dont les fragments désagrégés constituent principalement ce sol , il faut de toute nécessité qu’un bon agriculteur soit à même de distinguer la structure minéralogique et la manière d’étre générale du terrain dont il cultive la surface.
Les substances minérales qui entrent dans la composition des roches ne sont pas très-nombreuses, et tandis que les unes se désagrègent facilement, les autres conservent presque indéfiniment leur structure originaire. Ces deux qualités sont également précieuses dans la formation du terreau végétal ; les fragments non désagrégés permettent la circulation libre de l’air et de l'eau à travers les molécules du terreau , tandis que les parties désagrégées des roches s’unissent de différentes manières aux plantes , ou bien elles en modifient la nourriture. Ainsi un mélange de silice sous forme de sable est souvent fort utile dans le sol , tandis qu’une proportion convenable de carbonate de chaux tend, d’un autre côté, à ncutrabser les acides acétique et autres, dont la présence pourrait nuire à la végétation. On a donné le nom d’humus à la matière
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