‹ L'art d'observer en geologieChapitre 35 sur 41 · P " AF · texte numérisé non relu

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végétale et animale qui se trouve mêlée avec les parties minérales du sol. La nature des roches ne peut contribuer que d’une manière indirecte à la formation de Y humus; mais on concevra facilement que , plus une roche fournira de substances minérales désagrégées dont le mélange puisse contribuer à une végétation riche et vigoureuse, plus la formation d’un humus abondant à la surface de ces roches deviendra facile. Et ce ne sera pas seulement la partie végétale de l’humus qui s’accroîtra ainsi , mais ccttc riche végétation attirera une masse d’insectes, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères , qui trouveront nourriture et abri dans ccttc végétation , et qui, à leur tour, fourniront un humus animal tout aussi abondant que le. végétal. Ce raisonnement à priori est appuyé par les faits, car on trouve que sous un même climat, et toutes choses égales d’ailleurs, le mélange minéral le plus favorable à une végétation riche et vigoureuse, est celui qui se trouve associé, dans un terreau naturel, avec la plus grande quantité relative d’humus.

Nous renverrons aux traités d’agriculture quant aux rapports qui existent entre les différentes variétés du sol végétal et les plantes qui croissent sur chacune de ces variétés; nous nous contenterons ici d’indiquer la relation qui a lieu entre la nature du sol et celle de la roche qui le supporte. Personne ne s’attendra, certes, à ce que toutes les plantes cultivées par les agriculteurs prospèrent également sur la craie de l’est de l’Angleterre, sur les marnes et les grès bigarrés du centre et de l’ouest, et sur la grauwacke du Devonshire, du pays de Colles et du Cumberland. Nous ferons observer cependant que la fertilité ou la stérilité du sol tiennent à la nature minéralogique des roches et non à leur âge géologique. Cependant la structure minéralogique des roches d’une même formation est assez constante entre certaines limites, pour que, connaissant cette structure sur une étendue quelconque d’une formation , on ne doive point trouver de différences bien essentielles, sous ce rapport, sur le restant de la surface qu’elle recouvre. Ainsi, l’agriculteur qui examine une bonne carte géologique , dont l’étendue ne soit point trop considérable, peut compter qu’à la surface de chacune des roches indiquées sur cette carte , il trouvera , à circonstances égales d’ailleurs, un sol d’une même nature générale. Si l’on parvient, . ainsi qu’il faut l’espérer, à rendre les cartes géologiques plus détaillées , par l’adoption de certains signes qui indiquent la structure minéralogique des roches des différents terrains , 'agriculteur trouvera dans ces cartes perfectionnées des données bien plus importantes encore.

o. Un sol composé des mêmes substances minérales a une valeur

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toute différente en agriculture, suivant qu’il est humide ou sec; l’observateur devra donc examiner les diverses circonstances qui peuvent donner au sol plus ou moins d’humidité. En faisant abstraction , pour le moment, du régime général des eaux d’un pays quelconque, la sécheresse du sol dépend , si la quantité de pluie et l’évaporation sont d’ailleurs égales, de la facilité avec laquelle l’eau peut pénétrer entre les diverses molécules du sol, et celte facilité, ainsi que nous l’avons dit plus haut, tient à la nature minérale des roches. Les grès donnent lieu en général , ainsi que l'on doit s’y attendre , à un sol fort sec ; mais ce n’est pas là le cas pour toutes les roches arénacées. Le ciment qui lie entre elles les molécules de sable, est quelquefois si alumineux et si abondant que, lorsque la roche se désagrège, la matière argileuse l'emporte de beaucoup sur le sable, et il en résulte des terres tenaces et fortes. Lorsque l’observateur trouve qu’un terreau sec recouvre la surface d’une roebe poreuse et sableuse, il pourra, si on le désire, remédier à cette siccité en cherchant un moyen de conserver l’humidité naturelle du sol aussi longtemps qu’il peut être convenable; car, une fois que l’humidité aura pénétré jusqu’à la roche, elle eu sera promptement absorbée. Il faudrait donc ajouter au terreau végétal lui -même, soit une substance qui, absorbant facilement l’humidité de l’atmosphère, puisse la fournir ensuite aux végétaux ; soit une matière minérale qui , liant plus fortement entre elles les molécules du sol, permette à une beaucoup moins grande quantité d’eau d’arriver, en un temps donné, jusqu’à la roche poreuse qui l’absorbera. Le terreau qui se forme à la surface d’une telle roche , doit être considéré comme offrant à sa partie inférieure un libre écoulement aux eaux.

Lorsque la siccité résulte de la désagrégation d’une roche qui n’absorbe point facilement l’eau, il faut beaucoup de précautions dans le choix des substances à ajouter au sol , alin de le rendre plus humide. L’observateur trouvera en général que dans ces circonstances le terreau végétal est peu épais et sujet à être entraîné par les grandes pluies. L’eau s’y écoule facilement, lorsque les , traits physiques du pays s’y prêtent, et le sol est bientôt entièrement sec par suite de l’évaporation. C’est une chose intéressante à observer que l’excellent effet que» produisent en pareil cas les petits cailloux qui souvent sont épars à la surface, en conservant dans le sol l’humidité, qui sans cela se perdrait par évaporation.

Il arrive souvent qu’il y a une différence frappante entre les récoltes de grains de deux terres voisines, lorsqu’un des agriculteurs a enlevé les cailloux de la surface du sol et que l’autre les a laissés

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en place , et l’avantage est du côté de ce dernier. On peut meme ajouter qu’il y a des sols tellement poreux qu’ils ne conserveraient • point assez d’humidité pour rapporter au propriétaire les frais de labourage, s’ils n’étaient pas couverts d’une grande abondance de pierres éparses. Dans les pays élevés ces pierres peuvent en outre condenser les brouillards et les nuages, et ajouter ainsi à l'humidité du sol qu’elles recouvrent.

b. Les terres sont humides ou fortes, lorsque la roche qui les supporte leur fournit une grande quantité de matières argileuses. La roche est souvent, dans ce cas, ou de l’argile même, ou une roche argileuse passant facilement à l’état d’argile, lorsqu’elle s’imbibe d’une quantité d’eau suffisante. Dans un tel état de choses , le sol végétal est supporté par une assise imperméable à l’eau , et l’on peut prévoir facilement les effets qui s’ensuivront. Un tel pays est assez peu fertile de sa nature ; mais il arrive cependant quelquefois qu’une couche d’argile est recouverte par un sol fertile, dû à la désagrégation d’une couche d’une nature minéralogique favorable. La couche d'argile ou de toute autre substance imperméable à l’eau , pourra, si le sol n’est pa% très-épais, y entretenir une telle humidité , qu’il en soit tout à fait impropre au genre de culture auquel on voudrait le consacrer. L’observateur devra dans ce cas examiner l'épaisseur de la couche imperméable et la nature de celle qui la supporte. Si l’argile n’est point trop épaisse, et que la couche inférieure soit poreuse, il pourra juger, d’après le relief du pays, s’il vaut mieux percer l’argile sur plusieurs points et creuser des rigoles qui conduiraient l’eau surabondante jusqu’à ces percements, ou bien faire écouler les eaux à la manière ordinaire. Lorsque l’on a un plateau élevé fort étendu, coupé çà et là par des vallées profondes, le premier mode d’écoulement serait probablement le plus économique, quoiqu'on ne l'ait peut-être jamais mis en pratique, excepté par un effet du hasard. Nous avons vu des parties d’un plateau, dont le sol a (fig. 133) , fertile, quoique contenant

Fig. 133.

beaucoup de gravier, était supporté par une argile tenace, b, être délivrées de leur humidité surabondante par un procédé naturel , analogue à celui que nous venons de suggérer : des mamelons de craie cc, perçant l'argile sur différents points, pour se

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rendre daus le sol végétal , les portions du sol voisines de ces mamelons étaient desséchées par la propriété bien connue de la craie, d’absorber l’humidité, tandis que les parties de la surface trop éloignées de la craie pour en sentir l’influence , étaient humides et couvertes de terres fortes.

D’après le même principe , si un agriculteur trouvait trop dispendieux et trop (difficile de faire écouler par la voie ordinaire les eaux d’un sol supporté par de l’argile, et que le pays dont on voudrait * faire écouler les eaux fût situé comme en a (fig. 134), il est

Fig. 134.

évident que si l’on peut faire arriver l’eau jusqu’à la couche poreuse cc, en perçant l’argile b b sur plusieurs points, celte eau tendra à filtrer à travers la couche cc et à^ressortir en sources daus les vallées vv , si la couche cc est supportée par une couche im : perméable à l’eau , dd. Que si l’eau ne se trouvait point ainsi arrêtée, elle continuerait à filtrer vers l'intérieur de la terre. C’est d’après des observations géologiques bien faites que l’on pourra prévoir ce qui arrivera dans les différentes circonstances.

c. Lorsqu’un observateur trouve des terres fortes produites par la désagrégation de roches d’une grande dureté , telles que certains grès et schistes du groupe de la gramvacke , ou autres couches d’une structure minéralogique analogue, quel que soit d’ailleurs leur âge géologique, il devra examiner la stratification des couches qui fournissent les matières principales du sol ; car la possibilité d’améliorer les terres dépend en grande partie de la disposition de ces couches. Supposons que la figure 135 représente la

Fig. 135.

coupe d’une série de couches dont la désagrégation donne lieu à des terres fortes et argileuses , que les couches soient horizontales en a, contournées en b et fortement inclinées en c; supposons en

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outre que les roches soient imperméables à l’eau, comme le sont en général les couches qui fournissent un sol argileux , et qu'il s’agisse de rendre le sol plus léger sur toute la surface abc , on aura des chances toutes diverses de réussite en «et en e ; car en a les couches horizontales arrêteront l’infiltration de l’eau au-dessous du sol, tandis qu’en c les intervalles des couches faciliteront au contraire l’absorption de l’eau surabondante. Si donc on parvient artificiellement à alléger le sol de telle sorte que l’eau puisse filtrer jusqu’à la tranche des couches en c, et que l’on ouvre le long de la séparation do ces couches des rigoles que l’on aura soin de ne pas laisser combler par les particules d’argile, on pourra rendre le sol infiniment plus sec qu’auparavant. Si un observateur étudie la nature des terres sur deux points différents d’un pajs composé de couches de meme nature, et que sur l’un des points les couches soient horizontales, tandis qu’elles seront fortement inclinées sur l’autre, il trouvera souvent que le sol sera très-humide sur le premier des deux points, et beaucoup plus léger sur l’autre, par la raison toute simple que les eaux s’écoulent facilement à travers les séparations des couches redressées', et qu’elles sont arrêtées par l'imperméabilité des couches lorsque celles-ci ont conservé la position horizontale.

il. Lin géologue pourra être convaincu qu’il se trouve une roche poreuse à peu do distance au-dessous d’une couche imperméable , tandis que l’agriculteur ne connaîtra la nature du terrain que jusqu’à la profondeur des fossés qu’il a l’habitude de creuser dans scs travaux. Celui-ci pourra cependant se pracurei* des connaissances qui lui seront très-utiles dans la pratique , en consultant de bonnes caries géologiques construites sur une grande échelle ; il y verra d'abord l'étendue en surface qu’occupent les diverses roches ; puis les coupes, qui doivent toujours accompagner ces cartes, lui feront connaître la manière d’être relative de ces roches au-dessous du sol. Qu’il consulte ensuite les mémoires explicatifs de la carte et des coupes, et, en combinant les détails qu’il trouvera sur la structure et la composition des rocbcs , avec la position de ces roches , indiquée, soit par les coupes, soit par la carte, il aura, sans s’embarrasser des questions qui ont trait à la haute géologie, autant de connaissance sur les roches inférieures au sol végétal dans un district donné, qu’il pourra le désirer pour bien diriger ses travaux d’agriculture, quand même les auteurs ne se seraient nullement occupés, en construisant les cartes et les coupes ou en écrivant les mémoires , des applications à l’agriculture des diverses données géologiques qui y sont contenues.

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e. L'n agriculteur peut meme tirer parti, pour l’écoulement des eaux, de la connaissance des failles, qui souvent traversent toute une contrée. Quelques-unes de ces fissures ou dislocations sont perméables à l’eau , et servent de canaux d'écoulement pour des surfaces étendues , ainsi que les mineurs ont dû l’apprendre à leurs dépens dans les pays de mines. D'autres failles sont remplies d’argile ou de substances analogues , qui empêchent le passage de l’eau d’un côté à l’autre de la fente : celte circonstance a été surtout mise à profit dans quelques districts houillers; car les intersections de plusieurs de ces failles circonscrivent quelquefois un massif dont on peut facilement pomper l’eau qui , ne communiquant point avec celle des massifs voisins, ne peut s’y renouveler une fois épuisée. Ce n’est évidemment que les failles non remplies d’argile qui peuvent servir à l’écoulement des eaux de la surface. Dans le cas meme où de telles failles donnent lieu à des sources d'eau abondantes dans les vallées qu’elles traversent, elles peuvent être utilisées pour l'épuisement des eaux des plateaux qui sépareraient ces vallées , ainsi qu’on 'le comprendra par la coupe suivante (figure 130). Soit ab une ligne de niveau, à la hauteur de laquelle

Fig. 136.

une faille retient dc9 eaux qu’elle déverse en abondance dans les vallées vv, qui coupent la surface des plategux jusqu’au-dessous de la ligne a b. Si la faille traverse les plateaux cd, l’eau qui y arrivera , soit naturellement ou artificiellement, tendra à filtrer jusqu'au niveau ab, quelle que soit d’ailleurs la hauteur relative de cette ligne, au niveau de laquelle les eaux sont soutenues dans la faille.

f. Puisque la nature des terres dépend surtout de la composition minéralogique et de la structure des roches qui les supportent, les agriculteurs pourront tirer de grands avantages du mélange de diverses roches , pour produire un sol plus fertile que celui qui se trouve naturellement à la surface de chacune des roches. C’est là ce qu’on appelle en agriculture marner des terres, opération que l’on regarde comme très-avantageuse , lorsque la marne est à portée du sol qu’il s’agit d’améliorer. Dans cette opération , l’agriculteur ne fait qu’ajouter à ses terres des substances minérales que ne leur aurait point fournies la désagrégation de la roche qui les supporte. Il est plusieurs autres mélanges de roches qui pourraient être très-utiles

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en agriculture , surtout lorsque les roches à combiner entre elles sont voisines , soit d’un point à l’autre de la surface du sol , soit à peu de profondeur l’une au-dessous de l’autre. Quelques-uns de ces mc'langes se produisent naturellement à la ligue de jonction de deux roches, et il nous est arrivé, en parcourant certains pays dans un but purement géologique , de nous étonner que les agriculteurs ne se donnassent point la peine de rechercher les causes de la fertilité extraordinaire d’une bande étroite du sol, fertilité qu’ils auraient pu communiquer aux parties voisines en imitant le procédé qui leur était ainsi indiqué par la nature.

Il ne peut exister naturellement de carbonate de chaux dans les terres qui proviennent de roches qui ne contiennent aucune partie calcaire, ou du moins le carbonate de chaux d’un tel sol ne pourrait provenir que des coquilles terrestres qui auraient vécu à la surface. Or, il existe des terrains étendus qui ne contiennent pas un atotnc de carbonate de chaux, surtout dans certaines parties des groupes inférieurs ; et comme le carbonate de chaux est une substance très -importante pour le rapport des terres, l’agriculteur se trouve nécessairement intéressé à en ajouter aux terres qui n’en contiennent point ou pas assez. Le cliaulnge, ou le mélange de la chaux dans les terres, est une opération si commune, que nous nous abstiendrions d’en parler , si ‘nous n’avions vu souvent des agriculteurs en surcharger leurs terres, sans aucun égard à la composition minéralogique de leur sol , ou à la proportion de substances minérales qui serait le mieux appropriée à la nature des plantes qu’ils veulent cultiver. On dirait que le plus grand nombre des agriculteurs croit que toutes les plantes doivent recevoir une même nourriture, et que ce qui convient à une espece végétale doit nécessairement convenir à toutes les autres . 1

1 Dans le nonl-ouest du Devonshirc on a un exemple curieux de la pratique générale d’ajouter aux terres certaines substances minérales, sans que ceux qui font ce mélange aient la moindre idée de la nature de ces substances. Le terrain de ce pays appartient au groupe de la grauvvacke, et se compose de couches arénacées compactes et de schistes , qui pour la plupart ne contiennent point de calcaire, tandis que la silice et l’alumine y abondept. Le pays*cn général est loin d’être fertile et il rapporte bien peu de chose au cultivateur. Or on a l’habitude d’y apporter du sable pris sur la côte de la mer, qui est souvent à plusieurs milles de distance , et le mélange de ce sable améliore de beaucoup le sol. On croit généralement dans le pays que le sable agit en rendant le sol plus léger, quoique les cultivateurs sachent parfaitement que tout autre sable ne produirait pas le même effet. Le fait est que le sable qu’ils vont chercher sur les cotes* de la mer est en grande partie et souvent presque en entier du carbonate de chaux provenant de la trituration des coquilles rejetées sur la pbgr.

AGHICULTORE.

g. Puisque des roches de même composition minéralogique débitent par la désagrégation de leur surface des sols équivalents, l’observateur dçvra porter son attention sur les diverses plantes qui prospèrent le plus sur chaque sol, eu égard d’ailleurs au climat du lieu de l’observation. Plusieurs recherches locales ont commencé , pour ainsi dire, à poser la base de cette nouvelle étude, que l'on pourrait appeler botanique géologique ; mais jusqu’à présent on n’a point déduit de conséquences générales de ces travaux particuliers. Cette étude doit avoir nécessairement le plus grand intérêt pour les agriculteurs. On a reconnu, pnr exemple, que certaines plantes ne réussissent que médiocrement lorsqu’elles sont cultivées; sur certains terrains. Ainsi le piment de la Jamaïque n’est cultivé avec profit que sur la formation de calcaire blanc, qui occupe une partie de celte lie. 11 est d’autres genres de culture qui, quoique réussissant jusqu’à un certain point sur toutes sortes de terrains, donnent pourtant un profit beaucoup plus grand lorsqu’on les met en pratique à la surface d’une certaine roche particulière. Les sols d’aliuvion eux-mêmes sont très-différents sous ce rapport, et il doit en être ainsi, puisqu’ils résultent, pour ainsi dire, du lavage de la surface de terrains qui peuvent différer essentiellement dans leur composition minéralogique. , • • .

Il est des terres que l*On déprécie souvent, parce qu’elles ne sont point propres à tous les genres de culture qu'on voudrait leur appliquer. Ainsi le granité de l'ouest de l’Angleterre fournit un sol dont on ne fait aucun cas, et sur lequel certainement un grand nombre de plantés ne sauraient prospérer ; cependant on trouve que les pommes de terre y réussissent fort bien. Ainsi le pays granitique voisin de Moreton Hùmpslead , dans le Devonshire, produit les meilleures pommes de terre qui viennent au marché A’Exeter, quoique plusieurs points de la contrée soient célèbres pour ce genre de produit ; mais nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet. L’observateur sera forcé à chaque instant de remarquer le rapport qui existe entre le sol végétal et la roche qui le supporte, et les notes qu’il prendra à ce sujet lui donneront plus de lumières qu’on ne pourrait*le faire jqj , en entrant dans tous les détails possibles.

H. Routes. Les frais nécessaires pour la construction d’une nouvelle route ou pour l’entretien d’une route déjà établie, dépendent surtout, on le sait bien, de la nature du terrain, de la facilité avec laquelle • V ■ <• -, -.Vw;

par les brisants. Ainsi les cultivateurs ajoutent, sans s’en douter, la substance minérale qui manque à leur sot, et dont le mélange peut seul donner à leur» terres une certaine fertilité. *

ROL'TLS.

on peut se procurer des pierres convenables, et de la stabilité des diverses tranchées que l’on peut être obligé de faire dans les roches. Mais on ne sait pas aussi généralement que ces diverses circonstances dépendent de la structure géologique d’une contrée, et que ce n’est qu’en connaissant cette structure, que l’on peut déterminer si une nouvelle ligne de route quelconque sera plus coûteuse qu’uuc autre ; si , lorsqu’il s’agit de remettre en état une ancienne route, il ne serait peut-être pas plus économique, en dernière analyse, d’en établir une entièrement nouvelle, et si, ayant à sa portée des pierres de diverse nature, il y en a que l’on doive employer de préférence à d’autres. L’argent que l’on dépense inutilement en Angleterre, faute de bien choisir les matériaux des routes , monte tous les ans à des sommes considérables. Nous avons vu des cas où l’on allait chercher des pierres pour une nouvelle route à plusieurs milles de distance, tandis que l’on avait sous la main des matériaux plus convenables, il se peut qu'il n’existât point encore de carrière où l’on exploitât ces matériaux ; mais toute personne qui aurait eu une teinte de géologie, aurait pu indiquer la place où il convenait d’en ouvrir une.

En général on n’a égard , en traçant les routes , qu'aux différences de niveau et aux distances, et le moindre avantage sous ce rapport fera préférer une certaine ligue, tandis que la connaissance géologique du pays indiquerait que les frais d’établissement et d’entretien d’une route un peu plus longue et plus inégale, seraient beaucoup moindres. On peut tirer grand parti, dans ces cas, de bonnes cartes géologiques, qui mcltcut à même de juger au premier abord quels sont les terrains que traverserait une nouvelle ligue de route, et qui indiquent en même temps les localités qui peuvent fournir des matériaux pour son établissement.

a. Lorsque l’on ouvre une tranchée dans un terrain stratifié, on doit se rappeler que l’on peut arriver à couper une ligne de sources qui causerait de grands dommages à lu nouvelle route ; ou bien encore, qu’après avoir traversé par mégardc une couche entière très-solide, on peut se trouver établir la route sur une assise d’argile ou d'autre roche incohérente, ce qui nécessitera de grandes dépenses pour affermir le sol. Toutes les fois que l’on fait de grandes excavations pour abaisser les sommités de certaines collines, l’observateur devra examiner la nature des roches, et construire les talus des escarpements de manière à ce qu’ils soient proportionnés à la facilité qu’auraient ces roches de se désagréger par suite des actions atmosphériques, cl de manière à ce que des cboulcments ne viennent jamais empêcher l’écoulement des eaux.

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