DES NÈGRES DTJ SUD DE D’AFRIQUE
pointue et de petite dimension, et faite de branchages recourbés sur lesquels on attache le roseau ou une certaine herbe
VILLAGE DE BAROTSI, BORDS DU ZAMBEZE (
qui recouvre la hutte, puis on formera devant celle-ci, avec du roseau fixé en terre et fort habilement lié et dressé, un petit enclos; tandis que le Morolong fixera sur ces branchages des nattes très soigneusement préparées, et sa hutte, plus spacieuse et arrondie, ressemblera assez à une moitié de fromage de Hollande posée à terre.
Quant aux Zoulous, ils font des habitations un peu plus vastes, mais plus fermées aux regards des passants; tandis que les Maqosa, Magwamba, Tembouki, Bahlapis, Ba-
HUTTES DE BAROLONG, A THABA-NCHU
l’art DANS L’AFRIQUE AUSTRALE
puthi, etc., qui vivent plus en dehors, élèveront des huttes plus modestes et dont l’intérieur sera aisément accessible aux regards.
Les Barotsi des bords du Zambèze diffèrent encore de
ceux-ci et de ceux-là; leurs abris sont plus compliqués, avec des vérandas et de petits couloirs intérieurs, mais très appropriés au climat tropical de leur contrée.
La hutte sur pilotis (1) se trouve plus au nord, au delà du Zambèze; quant à la hutte carrée, elle est rare et semble une forme importée; on la rencontre surtout chez les Hottentots ou autres indigènes originaires de la colonie du Cap. Nous parlons ici des indigènes
CONFECTION d’üN TOIT, CHEZ LES MARONGA, PRES LOURENZO-MARQUÈS
vivant plus ou moins à l’écart de la civilisation et du contact des blancs.
(1) L. Jalla, Du cap de Bonne-Espérance au Victoria-Nyanza. igo5
DES NÈGRES DU SUD DE i/AFRIQUE
Ouant à ceux qui vivent près des stations missionnaires, leurs progrès sont souvent stupéfiants; beaucoup parmi les Bassouto que nous connaissons vivent dans de jolies maisonnettes carrées de trois ou quatre chambres, bâties en briques, quelquefois en pierres, et le plus souvent par le propriétaire et sa famille, parfois couvertes de zinc ondulé; telle la jolie habitation de Setha, chef de Morija; elles ont fréquemment aussi un banc à la porte et sont agrémentées d’une treille et d’un jardinet. Dans la maison, généralement bien tenue, outre la table couverte d’un tapis ou d’une couverture et qui occupe le centre de la chambre principale, on peut voir chez les « intellectuels » un petit harmonium non
loin d’une modeste bibliothèque, puis une machine à coudre et de loin en loin une bicyclette, etc., toutes choses prouvant, et de la meilleure façon, la perfectibilité du noir.
Ouant à la physionomie des indigènes, nous ne pouvons mieux faire que de citer ce que disait l’un de nos collègues, le
HUTTES DE HOTTENTOTS DANS l’ÉTAT LIBRE DE l’oRANGE
l’art dans l’afrioue australe
regretté missionnaire W. Audéoud (1) : « On trouve parmi eux, semble-t-il, plus de diversité que parmi les blancs; les types
sont variés à l’infini et constituent un ensemble du plus haut pittoresque sur lequel tranchent parfois de belles figures régulières et majestueuses.
« Tel paraît Chinois, un autre Espagnol, un autre Indien, un autre Papou, sous la couche de brun foncé pins ou moins uniforme, et encore celle-ci varie passablement; peu sont presque noirs, un certain nombre sont clairs presque comme des métis... les noirs ne sont donc pas beaucoup plus difficiles à distinguer les uns des autres que les blancs. »
Le costume, composé de peaux tannées et enduites d’ocre rouge, a disparu presque complètement ; cependant en plusieurs endroits nous avons rencontré des femmes vêtues à la vieille mode. Généralement, pour ceux qui essaient d’être rebelles à la civi-