UN SORCIER
gènes (1), car sur leurs vices nous greffons les nôtres.
C’est ce qu’affirme aussi un écrivain célèbre des plus impartiaux dans cette question et qui, dans un livre bien connu, dit (2) en parlant de l’Algérie : « Un pays que nous civilisons en lui donnant nos vices. » Aussi peut-on s’expliquer cette parole du commandant Lemaire, l’un des meilleurs officiers de l’armée belge, disant,
en parlant du Congo (3): «La vraie civilisation, la seule, c’est celle à laquelle les missionnaires consacrent leur vie là-bas. » Parole qu’on peut rapprocher de celle que le
l’église, le bureau de poste et l’imprimerie a MO ru a
(1) Levaillant avait déjà dit, vers 1785, pendant ses explorations dans l’Afrique australe : « Le commerce avec les blancs est la ruine et le fléau des noirs. »
(2) Tartarin de Tarascon, par Alphonse Daudet.
(3) Essai sur les principes de la colonisation, par F. de Vera. Bruxelles. 190S.
l’art dans l’Afrique australe
gouverneur de la colonie portugaise de Mozambique, M. Freire d’Andrade, disait (1) aux missionnaires, lors d’une visite à des écoles de la mission protestante suisse : « Vous êtes mes collaborateurs. »
Nous nous souvenons aussi de la visite que Lord Selborne, l’éminent gouverneur général de l’Afrique du Sud, voulut bien nous faire à notre station d’Hermon en juin 1906 et où, après avoir vu et entendu les enfants de nos écoles, il nous disait : « Que Dieu bénisse votre œuvre ! »
Il va sans dire que nous n’entrons pas ici dans le domaine de la linguistique sur lequel les savants pourraient écrire de longs et compliqués chapitres, non plus que dans celui de l’ethnographie qui nous ferait sortir de notre cadre.
Nous terminerons ce chapitre en ajoutant que l’œuvre commencée en 1833 dans le pays des Bassouto par les premiers missionnaires français qui avaient découvert la contrée, compte aujourd’hui : 2 1 missionnaires et directeurs d’écoles supérieures, plus 5oo pasteurs, évangélistes et instituteurs indigènes; 24.458 membres d’églises et catéchumè-
UN MOROLONG. L’INSTITUTEUR DE L’ÉCOLE DE LA MISSION ALLEMANDE A BLOEMFONTEIN
(1) Bulletin de la Mission de la Suisse romande. Octobre 1908.
DES NÈGRES DU SUD DE u’AFRIQUE
nés, et enfin 12.707 enfants dans les écoles. Ces dernières sont soutenues par des allocations généreuses du gouvernement anglais, qui protège le pays, dans le vrai et complet sens du mot.
Il nous faut encore dire que la Bible, cette base de toute vraie civilisation, qui a été traduite en tout ou partie en plus de 520 langues, a été transcrite en sessouto par les premiers missionnaires. Elle forme un beau volume orné de cartes, accompagné de parallèles, doré sur tranches et a été publiée pour la première fois en 1882, par les soins de la Société biblique de Londres.
Nous pouvons cependant affirmer qu’il n’y a pas de colonies françaises où le nom français soit autant aimé et vénéré que dans ce petit pays des Bassouto, qui, grâce au travail des missionnaires, est devenu une colonie religieuse de notre protestantisme français et a étendu l’influence morale de notre patrie.