‹ L'art dans l'Afrique australeChapitre 27 sur 83 · HUTTE SUR PILOTIS · texte numérisé non relu

HUTTE SUR PILOTIS

Chacun mettait dans son œuvre un peu de son cœur.

(Émile Male, L'Art religieux au treizième siècle en France .)

I vous êtes allés au musée de Saint-Germain-en-Laye — sinon je vous conseille de vous y rendre à la première occasion — vous aurez vu dans une vitrine certains objets un peu informes et cependant des plus émouvants : une sorte de bâton de commandement, un harpon, un manche de couteau, etc., portant des graflites de figures humaines ou d’animaux, gravés à la pointe. Ces objets ont été trouvés dans des cavernes et remontent, paraît-il, avant les époques très reculées qu’on désigne sous les noms de pierre éclatée et de pierre polie, alors que nos ancêtres étaient de vrais sauvages vivant uniquement des produits de leur chasse et de leur pêche.

l’art DANS L’AFRIQUE AUSTRALE

C’est là tout ce qui nous reste de nos arrière-grands-parents;

mais ces fragments d’os ou de bois de renne nous disent dans leur simplicité que l’art, dont l’origine vient de Dieu (1), occupait leur esprit, leur cœur et dirigeait leurs mains. Aussi, il n’y a rien d’étonnant à ce que partout, sous tous les climats et chez les plus misérables représentants de l’espèce humaine, nous trouvions des essais artistiques plus ou moins accentués.

Par exemple, les Maoris de la Nouvelle- Zélande cherchent plutôt à s’orner euxmêmes, ils ne se trouvent pas assez beaux ! et se couvrent la figure de tatouages bizarres, mais très fins et très réguliers.

Les Indiens, eux, se parent de plumes, ce qui leur donne quelque chose d’intimidant et aussi de très décoratif.

Les Congolais, tout comme les Souahéli de Zanzibar, mettent leur gloire et leur art dans des coiffures ou des tatouages qui ne manquent pas d’un certain caractère.

Enfin, on trouve des efforts d’art jusque chez les Esquimaux du Labrador, qu’on traitait, il n’y a pas si longtemps, avec un dédain marqué et chez lesquels on reconnaît des dons musi-

(1) L’art de peindre et de tailler sont dons de Dieu, a dit Calvin dans Y Institution clirestienne. Livre I, chapitre xi. 1 56 1 .

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