DAV1DA MPITSO ALLANT AU CULTE LE DIMANCHE
A PROPOS D’UN PARASOL
Ditsuantso — des images — avec des médecines et des flèches ; c’est ainsi que certains nomment mes couleurs et mes brosses.
Dans un croquis de la station de Morija que je faisais il y a quelques mois, mon cercle d’amateurs reconnaissait chaque maison et donnait des
noms aux plus minuscules personnages qui figurent sur le dessin; parfois, d’autres admirateurs me suivaient et restaient près de moi, parlant à voix basse, sans bouger tout le temps de la séance.
Cependant, en général , les indigènes sont lents à comprendre une représentation graphique, mais une fois qu’ils ont saisi de quoi il s’agit, ils en deviennent tout heu- morija
reux et souvent répètent la phrase bien connue : « Les blancs font tout ce qu’ils veulent, il n’y a que la mort qui les arrête », ou, mieux encore, ils sifflent doucement de satisfaction, ce qui est chez eux le degré le plus élevé de l’étonnement admiratif.
Ici, ouvrons, si vous voulez bien, une petite parenthèse.
l’art dans l’afrique australe
Notre chapelle actuelle n’est pas très grande. Quatre cents auditeurs peuvent à grand’peine y trouver place, et comme l’école de la semaine s’y tient, nous n’avons de bancs de briques que dans une moitié du bâtiment, cela ne gêne aucunement les femmes qui se disent probablement que quand on est assis par terre on ne tombe pas !
Mais les hommes, ayant non pas plus de dignité mais moins de souplesse, tiennent à avoir une place sur lesdits bancs et il arrive qu’on discute un peu dans notre chapelle, le dimanche madn; car tous les jeunes gens se précipitent vers ces sièges aussi primitifs que peu moelleux.
C’est ce que me disait hier Davida Mpitso qui, tous les dimanches, arrive d’au moins une heure à pied avec sa chaise sur les épaules. Vous vous demandez où je veux en venir? Un peu de patience, cela va arriver.
Eh bien, c’est qu’hier, Mpitso, qui était venu m’apporter un don pour l’église que nous projetons de bâtir, a bien voulu consentir à poser quelques minutes pour que nos amis le voient allant au culte... Et maintenant, fermons soigneusement la parenthèse, par crainte de courants d’air!
Ce ne sont pas tous les indigènes qui consentent à poser; nombre d’entre eux refusent absolument et souvent par crainte superstitieuse : c’est regrettable, car ils sont parfois, comme apparence et comme expression, des plus pittoresques et des plus typiques.
TALÉTALÉ